‹ Œuvres nouvelles de Des Forges MaillardChapitre 18 sur 134 · I. Œuvres de Des F., édit. lySg, I, préface, p. xxi-xxii · texte numérisé non relu

I. Œuvres de Des F., édit. lySg, I, préface, p. xxi-xxii

en gardant toutefois son pseudonyme. Titon répliqua, montrant plus à plein encore sa droiture, sa franchise et sa générosité. Des Forges se fit scrupule de mystifier un si galant homme : « Son esprit, sa candeur, son amabilité, « dit-il dans ses Mémoires m'engagèrent à lui révéler " mon secret. 11 m'en aima davantage *. >■

La correspondance se prolongea. Titon, désireux de connaître Des Forges, le pressait de venir à Paris.

C'était là de tout temps le rêve de notre poète ; en ce moment il était de plus vivement séduit par l'idée d'aller dans la capitale déposer son masque pour y jouir, sous son vrai nom, de la gloire acquise à celui de Malcrais.

Cependant il résistait ; Titon insista. Entre eux s'engagea par lettres le dialogue suivant ;

— Pourquoi donc ne voulez-vous pas venir à Paris, « le séjour des Muses et des talens ? »

— Faute d'argent pour y vivre, répondit Des Forges.

— Si ce n'est que cela, « ne vous embarrassez de rien : >i je vous hébergerai, nourrirai, défrayerai tant qu'il vous plaira. Venez vite, je vous attends -.

Une invitation aussi pressante, aussi amicale, eut raison de la résistance de Des Forges ; il arriva à Paris, chez Titon du Tillet, vers la fin d'octobre lySS.

Cette date est importante à fixer. On sait, par notre poète lui-même, qu'il resta chez le bon Titon quatorze à quinze mois ' ; qu'ensuite, en raison de circonstances dont on parlera plus loin, il passa dix-sept à dix-huit mois dans la province de Forez, d'où il partit aux premiers

Page 1