I. Œuvres de Des Forges Maillard, édit. !75g, I, préface, p
FontencUe, âgé alors de soixante-seize ans et en possession d'une sorte de principal littéraire, avait été, lui aussi, nous l'avons dit, au nombre des adorateurs de M"= de Malcrais. Des Forges, conduit par Titon du Tillet, alla lui rendre v.site et lui montrer la véritable figure de la Muse du Croisic. Le vieillard le reçut fort bien et voulut, malgré ses protestations, descendre pour le reconduire : — « Car, dit-il plaisamment, que penseroit-on de moi si « l'on savoit qu'ayant été honoré de la visite d'une aussi « illustre demoiselle, je l'ai laisséedescendre sans lui don- « ner la main jusqu'à la porte ' ? »
Quant à Voltaire, nous avons vu plus haut avec quelle cordialité et quels témoignages d'estime il avait accueilli notre poète, lorsqu'il lui fut présenté sous son vrai nom et sous sa vraie forme, par Titon du Tillet (voir plus haut, p. xlh).
Dira-t-on que Voltaire fut surprispar l'imprévu de cette visite et que, ne voulant pas manquer à la politesse, il paya Des Forges de compliments banaux, masquant un vi et réel ressentiment ? — Mais deux ans plus tard, quand il avait eu tout le temps de la réflexion et tous les moyens de revenir sur une surprise (s'il y en avait eu une), nous le voyons persister dans les mêmes sentiments et même les exprimer en termes plus vifs, plus cordiaux, plus explicites. A Des Forges, qui résidait alors dans le Forez et qui lui avait écrit de Montbrison, Voltaire, le 23 juillet 1735, répond de Vassi en ces termes ;
(I Votre changement de sexe, Monsieur, n'a rien altéré de
LH-Liii. — Cette lettre doit être de la fin de 1742 ou des premiers jouis de 1743, quand Des Forges était contrôleur du dixième dans le Poitou.