Ibid. p
2. Journal de Trévoux de 1760, janvier, vol. II, p. 363 à 366.
INTRODUCTION
tion de 1759) un article très développé •, avec nombreuses citations et analyse des principales pièces, terminé par une appréciation générale qui n'est point, on va le voir, un éloge sans réserve, mais un jugement plein de sens et de critique, formulé en ces termes :
Voici quel est sur ce poète le sentiment du public connois seur. Il auroit pu nous donner ses poésies avec plus de choix et d'ordre ; il a certainement du génie, du naturel, de la vérité, de la chaleur, desconnoissances, un caractère d'esprit et destyîequilui appartient. Il est digne d'occuper une place sur notre Hélicon; il l'auroit au sommet s'il eût plus corrigé, s'il eût moins cédé à la facilité, s'il eût en un mot plus consulté le goût, cet arbitre suprême de notre littérature. 11 est vrai qu'il est aisé de justifier M. Des Forges .Maillard. Sa mauvaise fortune l'a empêché de se fixer à Paris. Ce n'est que dans la capitale qu'on puise ce goût qui est la fleur des écrits. Il n'a donc eu de maître que lui-même, et l'on doit s'étonner que tant d'obstacles n'aient pas arrêté ses progrès. 11 a l'art de se faire des amis de ses lecteurs: partout éclate le bon citoyen, l'honnête homme. Cette qualité suffiroit pour faire lire ses écrits avec intérêt. Ces écrits d'ailleurs sont estimables par eux-mêmes, et tout le monde souscrira au jugement de Jean-Baptiste Rousseau, qui a honoré l'auteur de ces vers qu'on lit au bas de son portrait :
Si sous un nom d'emprunt autrefois si charmant
Maillard brilla sur le Parnasse, Aujourd'hui sous le sien encor plus dignement
Il sait y conserver sa place '.
Ces divers témoignages prouvent que Des Forges avait gardé en effet, dans le monde des lettres, une fort bonne
1. Il n'a pas moins de 25 pages, de p. iSg à 3i3, de V Année littéraire de 1759, tome VUI.