Ibid. p. iii-ii5 ci-dessous
3. Poésies de Mme la marquise d'Antremont, Amsterdam, 1770 (in-12 de 2 ff. limin et de 04 p. chiffrées), p. 44-45. On attribue ordinairement à cette lettre la date de 17Ô7 ; ici elle est sans date ; dans l'édition de Voltaire donnée par M. Moland (t. XLV, p. 5 16), elle est datée d'Aubenas, 4 février 1768.
Elle s'appelait Anne- Henriette Payan de l'Estang, née à Dresde en 1746 (quoique d'origine française, croyonsnous), venue en France jeune, et morte en 1801 après avoir usé trois maris, savoir : 10 M. de la Rivière, marquis d'Antremont, qu'elle épousa à treize ans et perdit à seize, et dont elle était la veuve très débridée quand elle s'intitulait Il femme dans toute la force du terme ; » — 2" le baron de Bourdic, major de la ville de Nîmes ; — 3° après 1789, M. Viot, administrateur des domaines et de l'enregistrement. On le voit, tout lui était bon. « Il règne dans M ses écrits une grande indépendance de raison '. » Parmi ces écrits on note en effet un Eloge de Ninon de Lenclos et « une grande quantité de poésies fugitives dans le genre « erotique ^, » entre autres, une romance, le Pinson et la Fauvette, dont voici le premier couplet :
Cœurs sensibles, cœurs fidèles.
Qui blâmez l'amour léger, Cessez vos plaintes cruelles :
Est-ce un crime de changer ?
Si l'Amour porte des ailes.
N'est-ce pas pour voltiger ?
et dont voici le dernier vers, qui résume toute la morale pratique de cette chaste Muse :
Aimons et changeons souven! !
Simple variante de l'axiome formulé par certaine héroïne de Mathurin Régnier :