‹ Œuvres nouvelles de Des Forges MaillardChapitre 33 sur 134 · Bio.^raphie générale de Didot au mot Bourdic- Viot · texte numérisé non relu

Bio.^raphie générale de Didot au mot Bourdic- Viot

2. Des Essarts, les Siècles littéraires de la France, au mot Viot.

INTRODUCTION LXXXHl

Sur tout, vive l'amour et bran pour les sergents !

Telle est « l'honneste dame » {comme Brantôme l'eût appelée volontiers), à qui Voltaire plus que septuagénaire se plut à répondre une lettre toute confite en galanterie et qui débutait par ces trois quatrains :

Vous n'êtes point la Des Forges Maillard ; De l'He'licon ce triste hermaphrodite Passa pour femme, et ce fut son seul art : Dès qu'il fut homme, il perdit son mérite.

Vous n'êtes point, et je m'y connois bien, Cette Corinne, et jalouse et bizarre, Qui par ses vers, où l'on n'entendoit rien. En déraison l'emportoit sur Pindare.

Sapho, plus sage, en vers doux et charmans Chanta l'amour ; elle est votre modèle ; Vous possédez son esprit, ses talens :

Chantez, aimez, Phaon sera fidèle '.

Et ce vieux pécheur impénitent ajoutait: « Voilà, € madame, ce que je dirois si j'avois l'âge de vingt-un < ans ; mais j'en ai soixante-quatorze passés... Vous me '• ressuscitez, mais ce n'est que pour un moment'. »

1. Œ"ttvie.! com;j/èto de Voltaire, édit.Moland, t.XLVCi88i), p. 535, lettre à Mme la marquise d'Antremont, sous la date du 20 février 1768. — La donzelle répondit à Voltaire : « Dussiez- « vous faire comme Phaon, j'en courrois volontiers les risques ! » {Poésies de Mme d'Antremont, p. 47.)

2. Il semble que les relations de Sapho-d'Antremont avec Voltaire-Phaon eurent quelque suite, car dans l'Histoire litté-

Pour comprendre la beauté morale du procédé de Voltaire et la générosité de la nouvelle injure jetée par lui à Des Forges, il est bon de savoir que, peu de temps auparavant, celui-ci avait publié une épîtrc en vers, où il disait à l'un de ses amis pour l'engager à le venir voir au Croisic :

Et, du grand et fameux Voltaire Ma fille amante — après son père, — De Zaïre et de rOrphelin Et de ses diverses merveilles Vous déclamera des morceaux, Qu'on peut égaler aux plus beaux Des Racines et des Corneilles '.

Des Forges exaltait Voltaire au-dessus de Racine et de Corneille, — et Voltaire l'en remerciait... comme on vient de voir. Notre poète eût pu lui répondre : — Quand vous contez à la d'Antremont qu'en reprenant mon sexe j'ai perdu tout mon mérite, vous vous donnez à vous-même un démenti effronté, car j'ai les mains pleines de lettres de vous écrites à cette époque, qui disent juste le contraire. — Mais il est douteux que Des Forges ait connu ces vers méchants. Ils furent imprimés seulement vers la fin de

raire de M. Voltaire, par Luchet (t. V, 3i3), on lit ce sixain peu connu, adressé par Voltaire à cette dame :

Ancien disciple d'Apollon, J'errois sur les bords du Cocite, Lorsque le dieu ds l'Hélicon Dit à sa Muse favorite :

« Ecrivez à ce vieux barbon, d Elle m'écrit, je ressuscite !

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