‹ Œuvres nouvelles de Des Forges MaillardChapitre 37 sur 134 · INTRODUCTION LXXXIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION LXXXIX

sa belle humeur. Dès qu'il avait quelque loisir, il courait la campagne :

a Le Lignon arrose cette belle contrée de son onde transparente et poissonneuse, dit-il dans ses Mémoires (p. xixi) ; les arbres, entrelacés d'une rive à l'autre, y forment un riant berceau qui s'élève sur la croupe des montagnes et qui, se précipitant du haut des collines, serpente à travers l'émail des prairies. Le roman de VAstrée étoit la carte du pays qui m'accompagnoit dans mes courses. Je vis la maison du druide Adamas, la montagne où fut jadis la grande ville de Marsilly, le château de la Bastie, principale demeure des seigneurs d'Urfé, la fontaine enchantée, l'endroit où Céladon parut aux yeux d'Astrée... On me fit remarquer sur le faîte du bâtiment la statue en bronze de Céladon. »

Dans « ce pays natal des grâces et des amours », ajoutet-il un peu plus loin, c les bergères n'ont rien perdu des « agrémens et de la légère vivacité qu'elles avoient sous f le règne d'Astrée... La société des plus aimables femmes « qui soient au monde, le caractère honnête, le commerce ( facile des citoyens de Montbrison, y corrigeoient le < dégoût de mes occupations tumultueuses. » (Ibid., xxxii, XXXIII.) C'était alors, en effet, une terre de franche gaieté, de larges dîners, de belles fêtes, d'aventures dont on eût pu, dit notre poète, « faire un supplément aux Contes de « la reine de Navarre '. » Il prenait sa part de toutes ces joies, il les animait de ses chansons vives et gracieuses, qui paraissaient ensuite dans le Mercure de France sous cette signature : Par une Nymphe de la mer, métamorphosée en Berger du pays d'Astrée. Le verre en main, il narguait jusqu'au dixième :

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