Ibid., I. 3i8-3i
Z. Voit Lettres nouvelles de V>t& FoTg&s, Maillard, p. 20-21, letlre à René Chevaye du 9 novembre 1736.
INTRODUCTION SCI
en charge les plus drôles de ses compagnons de route •. Il adressa ce récit au comte de Rivarol, maréchal de camp, qui habitait le château d'Ecotai, à la porte de Montbrison, et qui avait traité notre poète en ami pendant tout son séjour dans le Forez.
Des Forges rentré chez lui revint à ses livres et, en lettré passionné, se remit à l'étude. Le i5 février 1737, il écrivait du Croisic au président Bouhier, fin lettré luimême, grand érudit, connu et considéré de tous les savants de l'Europe : n J'ai secoué mes livres qui se gâtoient CI dans l'oisiveté, je relis actuellement Plaute et Térence ».»
Il faisait mieux que les relire, il s'essayait à les imiter; il composa alors deux comédies qu'on trouve dans la dernière édition de ses Œuvres, la Jalousie favorable à l'Amour, et la double Jalousie. La première n'est qu'une fantaisie pastorale assez drôle, avec de jolis couplets ; l'autre, quoique inachevée (deux actes sur trois), montre des qualités sérieuses de style et de peinture comique. Il y a, entre autres, un excellent portrait de goinfre, tracé par un valet :
Quoiqu'il eût jusqu'aux bords son assiette garnie, Ses grands yeux, qui montroient une faim infinie, Ecarquillés, au loin dévoroient tous les plats. Et son âme friande erroit sur le repas.
1. Œuvres de Des Forges Maillard, édit. lySg, II, p. 92 à 109.