Œuvres édit. i/Sg, II, p
XCII DES FORGES MAILLARD
Ce même valet, décrivant en burlesque les effets d'une tempête sur un navire où il s'était trouvé, y met ce trait bizarre, mais d'un relief étonnant :
Notre chat, effrayé de ce sabbat terrible,
Saute, grimpe, miaule, et, roulant des yeux verts,
Se lance, furieux, dans les flots entr'ouverts.
Le meilleur portrait est celui du traitant enrichi, Harpinsel, qui croit à l'irrésistible puissance de son or et ne doute pas qu'il suffise de l'étaler pour fasciner la belle Angélique ; voyez comme il fait la roue :
Dans mon hôtel superbe un roi, sans déroger, Pourroit avec sa cour largement se loger... L'or moulu fait au loin reluire mes balcons. Le grand Servandoni décora mes plafonds; Je ne vous parle point de mon argenterie. De mes lits de velours, d'une tapisserie Dont j'ai fait le dessin
Mais, quand le printemps reviendra,
Six chevaux attelés, tirant mon char pompeux,
A mon château des champs nous conduiront tous deux.
Tantôt, dans mes jardins errant à l'aventure,
Nous irons folâtrer sur mes fleurs, ma verdure;
Tantôt, dans mes vallons, au bord de mes ruisseaux,
Nous irons écouter le chant de mes oiseaux,
De mes chardonnerets, mes pinçons, mes fauvettes.
Puis, vêtus en bergers, nous prendrons des houlettes
Pour redire une églogue et d'aimables chansons.
Dont mes échos charmés répéteront les sons.
Lisette.
Mes ruisseaux, mes oiseaux, mes échos... La fortune Vous donnera bientôt l'empire de la lune ' 1