I. Œuvres édit. lySg, II, p
INTRODUCTION XCllI
En même temps, Des Forges étudiait à fond le génie et les finesses de la langue française, il consignait le fruit de ses études dans des Réflexions, qu'il ne fit pas imprimer.
Malgré ses studieuses occupations, il fut pris de la nostalgie de Paris.
Le souvenir des beaux esprits, des bonnes compagnies qu'il y avait hantés et qui l'avaient si bien accueilli, ce souvenir, venant le relancer dans sa « solitude natale, n lui causait des regrets et des ennuis. Titon du Tillet, en correspondance réglée avec lui, s'en aperçut à ses lettres. Aussitôt cet excellent homme le pressa de revenir prendre gîte chez lui {Mémoires historiques, xxx, xxxvi). Des Forges ne se fit pas beaucoup prier et retourna à Paris, très probablement vers la fin d'août; le 4 septembre 1737, il y était depuis peu de temps et écrivait, ce jour même, au président Bouhier '.
Au bout de quelques mois, Titon fut obligé de s'absenter ; Des Forges alla se loger à l'hôtel de Brie et de là entreprit des courses sans fin à la recherche d'une position lucrative, dont l'aisance lui permît, dans un avenir plus ou moins prochain, de s'établir à Paris. « Tout ce que j'y « gagnai, dit-il, fut une pleurésie qui me porta sur le bord «du tombeau et me coûta à guérir plus de cent pistoles. » (^Mémoires historiques, xxxvi.) A peine malade, le Breton reparut en lui tout entier ; il s'enquit s'il n'y avait point à Paris quelque médecin breton, et quand on lui eut nommé Hunauld, professeur au Jardin Royal (Jardin des plantes), médecin du duc de Richelieu et originaire de Saint-Malo ', il ne voulut plus être traité que par lui.