Lettres de Des Forges Maillard, Supplément inédit, no
INTRODUCTION
dans son existence, si ce n'est un goût assez vif — plutôt ce semble, qu'une passion réelle — pour une gracieuse Croisicaise, M"<! Julie du Vivier, sur laquelle deux pièces des Poésies nouvelles publiées ci-dessous fournissent de curieux renseignements. Des Forges en trace un portrait fort agréable ; il la trouvait charmante, adorable, mais avec trop peu de fortune pour que lui-même, qui n'en avait guère, pût songer à l'épouser «.
Par ailleurs, pour remplir ses loisirs pendant ces trois années, il se livre ardemment à l'étude ; il entretient avec ses amis célèbres une correspondance littéraire des plus actives. Bien qu'il n'en ait publié que quelques lambeaux, nous trouvons parmi ses correspondants RoUin, Réaumur, Bouhier, Goujet ', etc. Tous lui témoignent une vive amitié, en même temps qu'une grande estime pour son caractère et son talent. Bouhier, entre autres, avait placé dans son cabinet le portrait de Des Forges, et celui-ci l'ayant remercié de cet honneur, le président répond :
Il J'ai sçu, Monsieur, un grand gré à M. Titon da Tillet de m'avoir re'galé de votre portrait, qui m'a paru fort joliment gravé, et de plus orné des beaux vers de l'illustre Rousseau, qui, seiils, pourroient vous immortaliser, si vous n'étiez déjà immortalisé par les vôtres. Il n'y a aucunes estampes qui me plaisent davantage que celles qui représentent les personnes de mérite^ et surtout mes amis '. »
Le portrait original de Des Forges, d'où l'on tira cette gravure, avait été peint par Largillière, comme le prouvent quelques vers assez médiocres publiés, à la mort de ce