‹ Œuvres nouvelles de Des Forges MaillardChapitre 46 sur 134 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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une cuisine: et une chambre. Au-dessus, le grenier. Au-dessous, en guise de sous-sol, le pressoir et le cellier.

L'étable était plus loin, près de la ferme.

Rien de plus simple que le mobilier. La salle ou galerie avait pour décoration de la vaisselle d'étain, des plats de vieille faïence sur les dressoirs, des bottes d'oignons et des paquets d'cchalottes pendus au mur. Mais l'air, la lumière y entraient par de grandes fenêtres, que le feuillage d'un vieux pommier défendait des ardeurs du soleil, sans empêcher de voir tout près, devant la ferme, les paysans battre le grain sur l'aire. Spectacle décrit par Des Forges avec une précision pittoresque :

Je vois huit moissonneurs reculer, s'approcher, Leurs fléaux, en l'air levés, retomber pêle-mêle En cadence, en tournant, sans jamais se toucher, — Le blé, se dépouillant de sa tunique frêle. Jaillir hors de la paille et bondir comme grêle '.

On dirait une vue photographiée de nos vieilles batteries rustiques, aux cadences originales si bien rythmées, que remplace aujourd'hui, dans nos campagnes, le sourd et maussade grondement de la machine à battre.

Deux lits, six chaises, un pupitre à écrire, une armoire, un vieux bahut gothique, des rayons de bibliothèque et des livres, tel était l'ameublement de la chambre. Bien qu'il n'eût d'autre domestique qu'une servante, Des Forges dans sa cuisine avait deux lits ; quand le nombre de ses hôtes l'exigeait, ces deux lits étaient pour eux, et la servante couchait à la ferme.

Sur un des côtés de la cour, à vingt pas de la maison, le jardin, parfumé de thym, de menthe et de lavande,

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