‹ Œuvres nouvelles de Des Forges MaillardChapitre 47 sur 134 · I. Œuvres, édit. 1769, II, p · texte numérisé non relu

I. Œuvres, édit. 1769, II, p

INTRODUCTION

d'arbres fruitiers étalant en plein vent leurs branchages, regorgeait car le maître, partisan de la liberté pour tous, refusait de les asservir à la tyrannie de l'espalier. Un peu plus loin, le bouquet de bois :

Cinquante gros ormeaux, couronnant une haye, Sont mes bois de haute fulaye.

C'était aussi la salle de concert :

Là, le chardonneret richement e'maillé

Redit son court refrain, perche' dans les feuillages.

Ici, le rossignol, simplement habillé,

Par ses doux roulements et ses tendres passages

Pendant toute la nuit tient l'écho réveillé...

Une jeune fauvette aux accens de sa voix

Arrive, et se posant sur un rosier sauvage,

De l'Amphion ailé, la merveille des bois,

S'efforce d'égaler l'agréable ramage '.

Après le concert, le spectacle.

Ce spectacle sans pareil, tous les jours offert aux yeux du seigneur de Brederac, c'était la raer. En tout temps, le bord de la mer était sa promenade favorite ; il restait là errant jusqu'au soir, contemplant toutes les merveilles des cieux, de la terre et des fiots.

L'ombre croissante et l'humidité de la nuit le ramenaient au manoir. Dès son entrée, il sentait le souper qui rôtissait au feu de la cuisine sous la direction de sa servante Agathe, " ministre universelle du pourpris de Brederac. » C'était un gras chapon, dont le fumet eût mis un mort en appétit. Parfois, avant qu'il fût cuit, deux ou

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