I. Œuvres, II, p
INTRODUCTION i;,„
je ne puis me dispenser de répondre, et au milieu de toutes ces besognes, qui m'inondent depuis quinze jours que je suis arrive de la campagne ', je pars demain et je le dois absolument '. »
Son voyage fut lent, contrarié par divers contre-temps, et désagréable 3. H dut arriver à Poitiers vers le lo novembre 1741 ; le 12 de ce mois, il mandait de cette ville à l'abbé Philippe :
« Enfin, mon cher ami, me voilà à Poitiers dans un emploi du dixième. Celte vie est bien éloignée de celle des Muses Figurez-vous que d'ici à trois mois je serai dans un bureau du matin jusqu'au soir. Après toutes clioses disposées il me faudra faire des tournées à cheval, peut-être quelquefois de la longueur de cent lieues... Mon adresse est : A M. Des Forces Maillard, contrôleur du dixième, chez M. Dubois, maUre tailleur, rue de la Grande-Boucherie, à Poitiers ». »
Malgré les ennuis prévus par lui, il n'engendrait point mélancolie, comme le prouve un petit conte en vers, intitulé Naïveté, qu'il envoyait dans cette lettre même à son correspondant et que voici :
On disoit devant une dame
- Une dame des champs - que, dans le paradis,
Le bon Adam, Eve sa femme, Etoient tout nus au temps jadis.
— Ils dévoient (répondit la rustique princesse)
Avoir grand'honte assurément D'aller en cet accoutrement A la grand'messe !
1 . Du château de la MaiUardière, en Vertou, à M. Darquistade, cousin de Des Forges Maillard.