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CIV DES FORGES MAILLARD
Des Forges resta moins longtemps qu'il ne pensait dans les bureaux du directeur du dixième à Poitiers. Le 26 décembre 1741, il était déjà à Fontenai le Comte pour y commencer ses courses :
« Ah, mon cher ami (écrivait-il à l'abbé Philippe), que je mène une vie qui ne s'accorde guère avec mon caractère et mon goût! Je suis dans un pays où l'on ignore la littérature; il n'est personne qui y ait entendu parler ni de mon nom femelle ni de mon nom véritable. Il ne vient ici ni Mercure ni Journal des Sçavans, ni comédies, etc. Je vais être presque toujours à cheval, ce que je n'aimerois que de temps en temps *. »
A défaut d'attraits intellectuels, Des Forges en rencontra d'un autre genre en ce pays, comme il résulte d'une lettre du même au même, écrite du même lieu le 28 juin 1742, et où notre poète dit à l'abbé Philippe :
« Voudriez-vous me faire un plaisir dont je vous serois éternellement obligé ?11 est un bourgeois de Fontenay, nommé M. Boisdon, qui a un procès au Parlement à la troisième chambre des Enquêtes. Son rapporteur se nomme M. de Lossendière. J'estime au delà de ce que je puis \ous dire une très jolie parente de celui pour qui je vous parle, et vous m'obligeriez aussi au delà de ce que je puis dire si vous vouliez solliciter cette affaire. M. le président d'Alègre ' ne vous refusera pas une lettre pour M. de Lossendière, et il n'est pas que vous ne connoissiez les autres juges ou n'ayez des connoissances auprès d'eux : je vous serai plus redevable que d'une montagne d'or si vous voulez les solliciter ou les faire solliciter '. »
La belle parente de M. Boisdon, tant « estimée » de notre poète, n'était autre qu'une demoiselle C***, pour qui il
t. Ibid., n"> XLiii.