Lettres de Des Forges, Supplément inédit, n» viii
3. Lettre au président Bouhier du i" jaavier 1744, dans les Lettres nouvelles de Des Forges Maillard (1882), p. i55-
CVI DES FORGES MAILLARD
Chevaye, auditeur à la Chambre des Comptes de Bretagne :
« M. Des Forges Maillard, votre ami et le mien, est ici (à Nantes) depuis quatre jours. Je ne le sais que d'hier soir, qu'il vint chez moi. Il est remercié, et il doit sa disgrâce à un homme des Sables qu'il regardoit comme le plus chaud de ses amis, avec qui il étoit dans la plus étroite liaison, et qui l'a trahi ou plutôt calomnié auprès de ses supérieurs, pour un intérêt fort modique. Notre ami n'eiît pas manqué de tirer raison de cette lâcheté, si les lois de la guerre lui eussent permis d'attaquer un homme qui n'a qu'un bras '. »
A défaut de l'épée, Des Forges voulait se venger par la plume ; il avait fait contre son traître une satire virulente, il cherchait un imprimeur. Bertrand lui remontra le péril d'un tel esclandre et parvint à l'y faire renoncer '. Il ajoute dans sa lettre :
« Notre ami part demain ou après-demain pour le Croisicoù, soit dit entre nous, il pourroit bien se marier. On lui offre, dans ce pays-là, un parti qui lui convient assez du côté de la fortune, mais il me paroît un peu dégoûté de la personne. »
Il refusa ce parti. Mais on voit par là du moins qu'il avait dès lors quelque idée de mariage. On pourrait donc douter de son exactitude, quand il dit plaisamment dans ses Mémoires (p. xxxv), en parodiant Régnier :