Mercure de France de 1747, décembre, 2« vol., p
INTRODUCTION CXVII
indéfinie, amenant pour conséquence la misère ; il amusait ses amis par l'excès de ses doléances. L'un d'eux, Bertrand de Nantes, lettré délicat, écrivait le 20 novembre 1748 à RenéChevaye (dont on a déjà parlé) : <i Je ne sais « si je vous ai marqué que Mme Des Forges est grosse Cette " prodigieuse fécondité déplaît infiniment à notre ami, Cl qui s'en plaint amèrement à tout le monde '. « Pour se résigner il dut faire appel aux secours suprêmes, non seulement de la philosophie, mais de la religion, et crier bien haut avec Malherbe :
Vouloir ce que Dieu veut est la seule science Qui nous met en repos I
Il voulait aussi cacher le plus longtemps possible à Titon du Tillet la venue de ce quatrième... larron; il disait à un ami :
N'écris au cher Titon rien de ce supplément ;
L'inquiétude en ce momenl
Agiieroit son cœur irop tendre;
Troublé de cet e'vénement Je le vois consterné, je crois déjà l'entendre '.
Pourquoi Titon en cette affaire ? C'est que cet excellent homme jouait un peu dans le nouveau ménage le rôle de la Providence, et réparait de son mieux, par ses largesses, les torts de la « prodigieuse fécondité » de M""» Des Forges; le poète, naturellement délicat, n'eût pas voulu abuser de cette facilité. Car tout ce qu'il pouvait rendre à son « Mécène » — et il le lui rendait largement, — c'était