I. Œuvres, édit. lySg, I, p. i83-i
de Malcrais, et qui avait de bonne heure encouragé sa vocation poétique, car — lui-même nous le dit — c'était dans ses jardins i< verdoyants et fleuris » qu'il avait cueilli ses premiers vers '?
Et M. de Pontneuf, qui fut pendant plus de dix ans, de par l'unanime suffrage de ses compatriotes, maire du Croisic et député aux Etats de Bretagne, Des Forges le proclame lui-même « un des hommes qui ont le plus d'esprit, de goût, de littérature ». Or, cet homme si distingué était son intime ; notre poète lui a dédié une comédie, dans l'épître dédicatoire il dit :
0 Vous savez, mon cher ami, que nous nous sommes quelquefois amusés à (aire Teprésenler publiquement, dans notre patrie, quelques-unes de nos petites comédies ; sWss faisoient rire nos concitoyens, qui ne s'embarrassoient pas que ce fût selon les règles de l'art, pourvu qu'ils eussent ri à gorge déployée, comme autrefois les bourgeois de Paris aux comédies de l'ancien Théâtre Italien '. »
Ainsi on composait, on jouait des comédies au Croisic, et le public croisicais savait les apprécier et les applaudir.
On y donnait également des fêtes, non moins joyeuses que celles du Forez, dont notre poète gardait si bon souvenir. Comme celles du Forez il les animait par ses chansons, dont une seule nous a été conservée ; elle est fort gaie, elle fut improvisée et *. chantée par lui à table, le jour de Il la S. Hubert i755, dans un dîner joyeux (c'est Des « Forges qui parle ainsi), où présidoit M. le chevalier de « Grossoles, brigadier des armées du Roi, commandant « au Croisic, Guérande, etc. » Ce dîner était la suite d'un