‹ Œuvres nouvelles de Des Forges MaillardChapitre 67 sur 134 · Voir ci-dessous p. i5i à · texte numérisé non relu

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CXXX DES FORGES MAILLARD

pour la première fois le recueil de ses œuvres en 1735 sous le nom de Poésies de M"'' de Malcrais ; il en publia deux autres éditions, très différentes de celle-là : une secondeen lySo sous le titre de Poésies diversesde M. Des Forges Maillard (un vol. in-12); la troisième neuf ans après, en deux volumes, et intitulée : Œuvres en vers et en prose de M. Des Forges Maillard '. Ce recueil de 1759 est de beaucoup le plus complet des trois c'est donc à cette édition et à cette date qu'il convient de s'arrêter pour examiner dans son ensemble l'œuvre poétique de Des Forges et pour caractériser sentaient.

Ce qui frappe d'abord dans cet œuvre, c'est son extrême variété ; odes et fables, idylles et épigrammes, élégies et contes, cantates et chansons, épîtres et épitaphes, poésies anacréontiques et poésies chrétiennes, réflexions morales et comédies, poème historique, fantaisie burlesque, etc., Des Forges a abordé tous les genres.

Allant au fond des choses, en dépit de cette grande diversité, tous ces genres se peuvent ramener à deux : la poésie artificielle, guindée sur les échasses du style noble, fardée de mythologie et de galanterie musquée, — et la poésie naturelle, qui dit et qui peint les choses comme elle les voit, d'un style simple, vif, souvent mordant et railleur.

Dans la première catégorie mettez les poèmes, les odes, les cantates, les idylles, les élégies, poésies anacréontiques, etc. ; — dans l'autre les contes, les fables, les épigrammes et épitaphes (qui ne sont que des épigrammes), les voyages humoristiques et les fantaisies burlesques; entre les deux, les épîtres, qui tiennent de l'une et de l'autre.

I. On trouvera ci-dessous (p. i33 à 141) la description et !a bibliographie détaillée de ces trois éditions.

INTRODUCTION

CXZXI

Les contemporains de Des Forges n'avaient de considération que pour les genres de la première catégorie; ils se sont pâmés devant ses idylles des Hirondelles, des Tourterelles, des Coquillages et des Arbres ; cette dernière a été traduite en vers latins, italiens, anglais, allemands. Le Journal des Savants de 1761 (p. 23), quoique hostile à notre poète, respecte et loue ses idylles. En 1735, ce même journal, rendant compte des Poésies de A/'ie de Materais, cite presque en entier, avec grand éloge, ses odes sur la Beauté, la Vertu, et sur l'Astrologie judiciaire.

A nos yeux, au contraire, odes, idylles, cantates, etc., tout ce que nous avons placé dans la première catégorie, — en y joignant les poésies chrétiennes, qui ne sont guère que des traductions de psaumes, — tout cela, c'est le caput mortuum, la partie morte de l'œuvre de Des Forges, dont il y a peu à se préoccuper. Ce n'est pas qu'on n'y puisse trouver de beaux vers, des pièces agréables, dignes du talent de l'auteur. Il a même, çà et là, dans ses odes, de belles strophes, sonores et vibrantes, celle-ci, entre autres, qui forme le début de l'ode sur la Mort :

Ténébreuse reine du monde, O Mort, dont le vol furieux.

Enveloppant la terre et l'onde.

Epouvante l'homme en tous lieux ; Implacable et sourde ennemie.

Ton souffle de sa faible vie Use sans cesse le flambeau ; Et, soit qu'il fuie ou qu'il s'arrête, Ta faulx sanglante est toujours prête A le plonger dans le tombeau ».

Il y a mieux; deux des plus beaux et des plus lyriques

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