Mercure de 1730, décembre, i" vol. p. 2577-2581 ; et dans
INTRODUCTION XDt
Vos petits becs, hirondelles badines, Donnent à ma fenêtre en vain cent petits coups ; Vous croyez m'éveiller, moi qui dors moins que vous. Mais vous allez partir, aimables pèlerines : He'las ! votre départ annonce à nos climats Le retour des glaçons, des vents et des frimats...
Cherchez un autre ciel, aimables hirondelles, Oii le Soleil, chassant les paresseux hivers. Entretienne en vos coeurs des ardeurs éternelles. Hélas ! que n'ai-je aussi des ailes Pour vous suivre au milieu des airs !
Malcrais, entrant ici tout à fait dans son rôle féminin, nous parle de ses amours et de son amant, « le beau Clidamis, »
Le plus charmant mortel qui jamais fui au monde.
11 navigue, « il est sur l'onde. >) Malcrais attend son retour avec anxiété, elle dit à ses hirondelles :
Si sur ces plaines inconstantes Vous voyez le vaisseau qui porte mon amant, Allez sur ses voiles flottantes Prendre haleine au moins un moment I
Ces Hirondelles firent plus de bruit que le Printemps. Un poète du Mercure, Carrelet d'Hautefeuille, félicita l'auteur dans une épître où il apprend au monde qu'Apollon
les Poésies de Malcrais, p. 53-58. — Les deux épigrammes sont, au Mercure, dans le 2* vol. de décembre, p. 2834-35; l'une d'elle a été recueillie dans les Poésies de Malcrais, p. i53. épigr.
vient de proclamer Malcrais pour dixième Muse, au grand dépit des neuf autres '. Naturellement, la dixième Muse répondit, le public prit goût â ce dialogue ; Malcrais en profita habilement pour lancer une troisième idylle, les Tourterelles =>, dédiée à Mme Des Houlières, et qui parut dans le Mercure de mai lySi.
Celle-ci leva la paille. La Roque jusque-là ne s'était pas fort ému, du moins en apparence, des œuvres de la dixième Muse. Mais l'idylle des Tourterelles étant venue avec une lettre d'envoi adressée au commis du Mercure — nous dirions aujourd'hui au » secrétaire de la rédaction, » — le directeur répondit lui-même comme suit, le 6 mai ijSi :
» Je n'ai garde, Mademoiselle, de laisser à mon commis <c le soin de répondre à la lettre dont vous l'avez honoré I' le 29 du mois dernier. J'avois trop d'impatience de troun ver l'occasion de vous marquer le cas que je fais de vos !■ heureux talens, combien je vous honore, et combien les Il gens du meilleur goût, les plus délicats et les plus diffi- « ciles, admirent vos ouvrages. Tours ingénieux, pensées « brillantes, belle simplicité, etc., tout s'y trouve. C'est « là, Mademoiselle, une partie des choses que j'avois sur Il le cœur, et qu'il me tardoit d'avoir l'honneur de vous Il dire : me voilà bien soulagé... On doit vous regarder Il comme la Des Houlières de notre siècle ; puissions-nous Il vous voir, comme nous l'avons vue, faire l'ornement de