‹ Œuvres nouvelles de Des Forges MaillardChapitre 75 sur 134 · Mercure dt l'jb'i, octobre, p. ii5 à · texte numérisé non relu

Mercure dt l'jb'i, octobre, p. ii5 à

alerte, fin et gai, cœur excellent, il eut au plus haut degré le culte de l'honneur, le sentiment de la famille. Très porté à l'amitié, mais éprouvé par des déceptions cruelles, il était devenu sur ce point défiant, soupçonneux, presque sceptique. « Aussi s, dit-il en parlant des amitiés banales auxquelles il ne croyait plus,

Aussi j'ai fait une liasse Des lettres, des billets de tout ce monde-là. Et pour inscription .sur cette paperasse, Dans ma maus'aise humeur j'ai mis : A qui lira : Lettres de /aux amis, trompeurs et ccetera '.

Ame fière et sérieuse, il refusait ses hommages aux idoles du rang, du sang et de l'argent, et les réservait pour le courage, le talent et la vertu. Malgré la modestie de sa fortune, il était souverainement jaloux de son indépendance, c'est là une vertu bretonne ; il la professe avec une rare énergie. Qui s'attendrait, par exemple, dans une pièce adressée à une duchesse, amie du duc d'Aiguillon, à lire ce qui suit ?

Bien qu'à ma liberté, dans l'e'tat où je suis,

La fortune ait rogné les ailes.

J'en conserve autant que je puis;

Et si notre grand roi Louis, Payant de trop d'égards quelques jeux de ma rime, A Versailles daignoit m'offrir un logement, Bien couché, bien nourri, vêtu superbement, Pour peu qu'il y fallût de contrainte et de gfine,

Je dirois à Sa Majesté :

Invincible héros en courage, en clémence, J'adore vos vertus, voi.re magnificence,

Et votre générosité ;

I Œuvres, 1759, I, p. 142.

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