‹ Œuvres ophtalmologiques de Thomas YoungChapitre 26 sur 35 · IX. Examen de la longueur de l'axe · texte numérisé non relu

IX. Examen de la longueur de l'axe

M' étant ainsi persuadé que la cornée ne joue aucun rôle pour L'accommodal'accommodation de l'œil, l'objet suivant de mes recherches était **^°"^*p^

' j due a mi

de savoir s'il était possible de découvrir un changement de la allongement de

l'a vxt QA l^fY^ÎI

longueur de l'axe de l'œil, ce qui paraissait la seule alternative possible. Puisque ce changement devrait atteindre un septième du diamètre de l'œil, je me flattais de l'espoir de pouvoir le soumettre à une mesure. Or, si l'axe s'allonge d'un septième, le diamètre transversal doit diminuer d'un quatorzième. Le demi -diamètre devrait donc diminuer de 0,8™™ ( Vso").

YouNG admet que pendant raccommodation la forme du globe passe de la sphère à Tellipsoïde de rotation, dont le grand axe, correspondant à la ligne visuelle, dépasse le diamètre de la sphère d'un septième. En désignant par r le rayon de la sphère, par a le grand axe et par h le petit axe de Tellipsoïde, il admet donc

2a = 2r + ^ d'où

Le volume de la sphère s'exprime par Vs t^ tt, celui de l'ellipsoïde par Va oh*^^ \ comme le volume doit rester le même, on a

Le diamètre transversal diminue donc d'un quatorzième.

Je plaçai un miroir près du nez et tournai l'œil fortement en dedans, de façon à ce qu'il pnt voir son image dans le miroir; les deux bougies étaient placées th manière à te que l'une formât son image au milieu de la coiihV, tandis que la lumière de l'autre, réfléchie par lu stlérotique, formait un ligne lumineuse distincte près de son bord extérieur. J'iip)iliquai ensuite la loupe fendue ainsi que l'échelle tracée sur le miroir de la manière déjà décrite. Aucune de ces méthodes n'indi({uait la moindre diminution de dislance entre les deux images pendant l'accommodation.

Voici encore une autre preuve, bien plus délicate. Après avoir tourné l'œil en dedans autant que possihlo, j'appliquai un fort anneau en fer vers l'angle interne. A l'angle externe j'appliquai l'anneau d'une clef, que j'enfonçai avec une pression modérée entre l'œil et l'os autant que la sensibilité des téguments voulait le permettre Le phoiphene produit pur cette pression s'étendait dans le cbunip de la vision distim te et se truuvuit très-nettement défini , il n'empèthait pas, tomme je me l'étais figuré, la perception de-) objets txtei leurs, vus dans cette direction, et une droite, qui tiaxisait le diain]) du ptiospbène oval (Fig. 50) semblait subir une inflexion vers le centre du phospliène, distorsion facile à œmprcndre, ai on se rend compte de l'effet de la pression sur la forme de la rétine. — Admettons maintenant qiu' la distance entre l'anneau et la clef fût invariable, ce qu'elle était en réalité ; un allongement du globe aurait été rendu ubsolument impossible ou au moins presque impossible ; et en cas d'aUongefib.56 ment la tucbe ovule, produite par la pres-

i^r'^^iuir;'nflei'ioi"d'eI'n'g.rM ^''"'' "uruit dil s' étendre sur un espace iiroiies r[iii traversoni le dîx fois plus large. Mais rien de pareil n'arrivait : l'amplitude de l'accommodation resta toujours la même, et il fût impossible de découvrir un

changement de la tache ovale, ni quant à sa grandeur, ni quant à sa forme.

Cette expérience va aussi à Tencontre de toute théorie d'accommodation, qui voudrait invoquer une augmentation de la pression intra-oculaire.

On peut considérer l'image rétinienne comme formée par les rayons qui passent par le milieu de la pupille ou plutôt par le sommet antérieur du cristallin. Et comme la divergence mutuelle de ces rayons n'est que très peu influencée par le cristalHn, on peut encore les considérer comme divergeant du centre de la pupille après la réfraction cristallinienne. L'image rétinienne d'un objet donné devrait donc grandir très considérablement, si la distance de la rétine à la pupille et au cristallin augmentait. (Cor. Prop. V).

Pour cette démonstration nous aurions employé les points nodaux, qui n'étaient pas encore découverts au temps de Young.

Il n'est pas aussi facile qu'on pourrait croire au premier coup d'oeil de déterminer exactement la grandeur réelle de l'image, mais il existe pourtant, outre la dernière expérience qui peut être employée dans ce but, deux autres méthodes pour juger de son étendue. La première est trop dangereuse pour pouvoir être beaucoup employée, mais on peut pourtant l'essayer en prenant les précautions nécessaires. Après avoir fixé pendant un peu de temps un cercle en cuivre, placé au soleil, je regardais le micromètre ; et je faisais ensuite un effort d'accommodation, tout en laissant le micromètre à sa place et en essayant d'apercevoir un changement de la grandeur de l'image secondaire, comparée avec l'échelle ; je n'en pus pas distinguer. Je n'ai pas insisté sur cette expérience, surtout parce que je n'arrivais pas à rendre l'image secondaire suffisamment distincte sans inconvénient ; il n'y a pas de lumière assez forte pour produire une impression durable sur une partie de la rétine distante de la ligne visuelle. — J'ai donc eu récours à une autre expérience. Je plaçai deux bougies de manière à correspondre exactement à l'étendue de la terminaison du nerf optique

et en observant exactement le point vers lequel mon œil était dirigé, je fis le plus grand effort d'accommodation possible ; je m'attendais à ce qu'un allongement de Taxe aurait fait apparaître la bougie externe dans l'espace visible (Fig.57 ). Mais cela ne se produisit pas,

Cette iigiire montre ragran<liH.s<>ini'iit <le l'iiiingi^ n*tiiii«>niic. qui .Hi>niit la c<>iiH4M|ticQ(Te d*uii alloiigeiiieiit de r<i>ii : aviuit i'iiUoiigeinciit Ioh iiiiiigi>H dfH lMiiigi«*H n«' f<»rineiit ttur riiisertiun du nerf, -- upn'H rallfUigenient elle.M ne forment eu delitira d'elle.

la place apparent(i de la tache aveugle restait exactement la même qu'avant. Je ne voudrais pas prétendre (jue j'aurais pu observer une différence très faible dans l'un ou dans l'autre sens, mais je suis persuadé que j'aurais pu découvrir un changement de moins d'un dixième de la grandeur totale.

On pourrait se demander si les autres hypothèses n'exigeraient pas un changement dans la grandeur dc! l'image pendant Taccommodation. Or, on peut démontrer que le changement de courbure [du cristallin] peut sc faire de manière à ce que la grandeur de l'image diffuse reste absolument la même. Mais avec les dimensions que nous avons admises, on devrait s'attendre à une diminution d'un quarantième pour l'augmentation maxima de convexité du cristallin. Tout dépend de la position des surfaces réfringentes et de l'augmentation respective de leurs courbures, qu'on ne peut guère déterminer avec une exactitude suflBsante. Si la pupille avsdt été placée en avant de la cornée, la grandeur de l'image aurait été très variable ; cet inconvénient est écarté par la situation de la

pupille. Nous avons donc ici encore un exemple de la perfection de cet admirable organe.

Grâce aux découvertes de Cramer et de v. Helmholtz nous savons maintenant que Taccommodation ne se fait pas exactement comme YouNG le supposait, la surface antérieure du cristallin se bombant relativement beaucoup plus que la surface postérieure, différence qui n'est pas seulement apparente. Dans ces circonstances les points nodaux avancent un peu pendant l'accommodation, et tant que la grandeur de l'image ne dépend que de la distance du point nodal (postérieur) à la rétine, ce changement doit avoir pour effet d'augmenter la grandeur de l'image rétinienne. Dans l'œil schématique de V. Helmholtz l'avancement du point nodal postérieur est d'environ Q 4mni g^ ig^ distance du point nodal postérieur à la rétine est de j^5 5mm L'augmentation de la grandeur linéaire de l'image serait donc environ V^o. Et Bahr ^, qui a refait l'expérience de Young ( la mensuration de la projection de l'image secondaire), a en effet trouvé un agrandissement de l'image d'environ ^Ao.

Le raisonnement n'est valable que tant qu'on suppose l'image nette. — Il faut encore remarquer la dernière phrase de Young sur l'avantage de la position de la pupille. — On sait que lorsque l'œil n'est pas accommodé pour l'objet, chaque point de ce dernier forme sur la rétine un petit cercle de diffusion de la forme de la pupille et dont le centre correspond au centre de cette dernière. Si la pupille n'est pas trop grande, on peut, en ce cas, considérer le point où le rayon passant par le milieu de la pupille frappe la rétine, comme l'endroit où se forme l'image. Soit AB (Fig. 58) un objet, 2> le milieu de la pupille et n le point nodal (réuni) ; tant que l'œil est accommodé pour l'objet, le rayon An et le rayon Ap viennent se réunir en ^ ^ sur la rétine. Mais lorsque l'œil fait un effort d'accommodation, le foyer conjugué de A s'avance jusqu'à A.^^ qui est le point de réunion des rayons, et le rayon Ap vient frapper la rétine en il 3 ; l'image diffuse ^3^3 est donc plus petite que l'image nette A^B^, On voit que cet effet est de nature à contre-balancer l'avancement du point nodal, dont nous venons de parler. L'effet serait nul si la pupille se trouvait dans le plan nodal, il serait au contraire trés-considérable si la pupille se trouvait en avant de la cornée. Ce dernier fait peut être démontré expérimentalement. Qu'on regarde une carte de visite, placée à environ 1 M. de distance, à travers un gros trou d'épingle, placé à une petite distance de l'œil. La carte parait diminuer lorsqu'on fait un effort d'accommodation.

^ De oculi accommodatione expérimenta nova. Berlin 1857. Voir Helmholtz. Physiol. Optik. Ile éd., p. 138.

An

Fijç. 58. T.

Diiniiiulloii de riiimg;c n'iliiiciiiie poiuluiit rticcoiniiiodation ;

(lue ù la Hiluatioii de lu pupille.

La position de la pupilles offres encore un autre avantage, dont YouNG ne fait pas mention. Qu'on demande à un fabricant d*ol)jectifs photographie] ues où il faut |)lacer le diaphragmer dans un système opti- (pie. Il 'réj)ondra (pie sa j)]ace est au phm nodal, car autrement Tohjectif ne serait pas rectiligne, c'est-A-dire (\\w Timage d'une ligne droite, située j)ériphéri(pi(rment dans le champ, ne serait pas une ligne droite, mais une courbe. — Si maintenant on se demande s*il y a des phénomènes analogues dans Topticpie de Tœil, on se rappelle une série d'illusions, découvertes par v. Helmuoltz, et (pii font qu*une droite vue indirectement paraît courlx;, tournant sa concavité en dedans. Helmholtz, en partisan déclaré des théories empiriques, a essayé d'expliquer ces j)hénoinènes en les attribuant à une fausse interprétation, mais je crois (pi'il a eu tort, car les images rétiniennes semblent montrer la même déformation. Pendant cpiehpie temps j'ai cru devoir attribuer ces illusions à la position de la pupille en avant du plan nodal, qui doit produire un effet de c(î genre. Mais les phénomènes sont trop prononcées pour pouvoir être attribués à cette cause seule, puisque la distance de la pupille au point nodal n'est que de quelques millimètres ; si elle avait été située en avant de la cornée, l'effet aurait été plus grand ; l'illusion est en effet bien plus prononcée, lorsqu'on regarde à travers un gros trou d'épingle. — Je reviendrai ailleurs sur ces illusions, qu'il faut sans doute attribuer pour une forte part à la courbure de la rétine.

D'après les expériences décrites ci-dessus, un changement tant soit peu important de la longueur d'axe semble très peu probable. ",' D'autre part, il est presque impossible de se figurer par quelle force un tel changement pourrait être effectué. Les muscles droits, combinés avec la substance adipeuse qu'ils entourent, tendraient certainement à aplatir l'œil : car puisque leur contraction doit nécessairement diminuer la circonférence ou la surface de la masse qu'ils contiennent et arrondir toutes ses proéminences, elle doit rapprocher les deux points d'insertion : l'entourage [de l'entrée] du nerf optique et la partie antérieure de l'œil (Fig. 59 et 60). Le docteur

Fig. 59 Fig. 60

Fig. se. Contours <le Tteil et de eea muscles droits en éUt de repoB. Fig. 6U. Le changement de forme qui serait la conséquence de rsctii

Olbebs compare les muscles et l'œil à un cône dont les côtés, convexes au repos, se changent en droites pendant la contraction. Mais cela exigerait une force qui maintiendrait la cornée à sa place, comme à un point fixe, à une distance donnée de l'origine des muscles, force qui n'existe certainement pas.

Il est vrai qu'en forçant l'œil en arrière dans l'orbite [par une forte rétraciion), on pourrait l'allonger un peu à cause de la forme conique de l'orbite, mais d'une manière irrégulière, et seulement tant que l'axe visuel garde sa direction naturelle [droit en avant].

Si le regard est dirigé à droite ou à gauche, la même action contribuerait plutôt à raccourcir Taxe. Il faut aussi remarquer qu'il n'y a rien dans l'entourage de l'œil humain, qui puisse occuper la place laissée vide par lui.

Chez les quadrupèdes, les muscles obliques sont plus larges que chez l'homme et ils doivent contribuer à cet effet [d'allonger rœil?] pour beaucoup de directions de l'axe visuel. Une portion du muscle orbiculaire du globe [M. rétracter bulbi] est en effet attachée si près du nerf, qu'elle doit coopérer à l'action : et je n'ai aucune raison de douter de l'exactitude de ce que dit le docteur Olbers, qui assure avoir obtenu un allongement considérable en attachant des fils aux muscles d'yeux de cochons et de veaux. Encore ne dit-il pas dans quelle direction l'axe était fixé et l'hypotonie de l'œil mort doit aussi contribuer à faciliter des changements, qui seraient impossibles chez le vivant. Le docteur Olbers cite une observation du professeur Wrisbp:rg, concernant l'œil d'un homme qu'il croyait dépourvu de pouvoir accomniodatif pendant son vivant et chez qui l'autopsie démontra l'absence d'un ou de plusieurs muscles oculaires, mais le défaut d'accommodation était loin d'être prouvé. — J'ai mesuré la distance de l'insertion du petit oblique jusqu'à l'insertion du nerf sur un œil humain ; elle était de 5,1™"» (0",2) tandis que sa distance jusqu'à la macula mesurait moins de 2,5'""^ (0",1). Quoique les nmscles obliques, pour certaines directions de l'axe visuel, formc^nt pn^sque un arc de grand cercle autour de l'œil, leur action serait plus apte à l'aplatir qu'à l'allonger. Nous admettrons donc, avec Winslow, qu'ils sont destinés à appuyer l'œil du côté, où les os sont plus faibles ; ils semblent aussi être disposés convenablement pour empêcher l'œil d'être trop retracté par l'action des muscles droits.

Même si l'on ne rencontrait pas de difficultés en essayant d'expHquer comment les muscles peuvent allonger l'œil, quelle que soit sa position, on devrait pourtant s'attendre à observer au moins de petites différences dans l'amplitude de l'accommodation pour les différentes directions du regard, directions qui peuvent

différer de plus d'un angle droit ; mais l'optomètre montre qu'il n'y en a pas.

Le Dr. Hosack^ prétend qu'il pouvait au moyen d'une pression accommoder son œil à des objets rapprochés ; il ne semble pas avoir employé des méthodes bien exactes pour constater ce fait. Si l'observation est juste, la raison doit être cherchée dans une inflexion de la cornée.

Il n'y a pas de raisons pour insister sur l'hypothèse qui admet une action combinée d'un changement de courbure de la cornée et de la longueur d'axe, en même temps. Cette hypothèse jouit d'une grande popularité à cause de la manière ingénieuse et élégante, dont M. Olbers l'a présentée et aussi parce qu'elle fut le dernier résultat des recherches de MM. Home et Ramsden. Mais l'une ou l'autre des deux séries d'expériences que je viens de décrire, semble suffire pour la réfuter.

Je n'ai pas besoin de faire remarquer combien les idées de Young sur raction des muscles sont loin d'être justes. On sait que la graisse de l'orbite forme comme un coussin incompressible et que l'homme ne peut par conséquent pas rétracter le globe comme certains animaux. Les idées de Young sur l'action des obliques ne sont pas très justes non plus, mais les raisons qu'il donne contre l'hypothèse qui attribue l'accommodation aux muscles externes sont néanmoins valables.

X. Examen des changements du cristallin Il nous reste maintenant à examiner l'hypothèse qui attribue observation»*

.,ll*l «1 1 1 t* 11>*1T J I&IlGS sur C16S

au cristallin le pouvoir de changer le loyer de 1 œil. La grande y^u^ aphaque^ objection contre cette hypothèse se base sur l'observation de personnes qui semblent avoir gardé le pouvoir accommodatif, quoique le cristallin ait été enlevé.

Bien que persuadé de l'exactitude des expériences décrites dans la Croonian lecture de 1795, mon ami M. Ware ne pouvait pourtant pas s'empêcher de croire que l'extraction du cris-

' Phil trans. 1794, p. 212.

tallin devait diminuer le pouvoir accommodatif, en voyant l'avantage évident que ses opérés de cataracte trouvaient à employer deux différentes paires de lunettes. C'est cette observation et les indications que le docteur Porterfield avait très bien données

pour trancher la question, qui m'ont donné Fenvie de répéter ces expériences avec différentes personnes, au moyen de l'instrument que j'ai décrit ci-dessus comme une modification de Toptomètre du Dr. Porterfield : et je dois ici exprimer ma reconnaissance envers M. Ware de la libéralité avec laquelle il a mis à ma disposition ceux de ses nombreux malades qu'il pensait les plus aptes à ces (expériences. Il n'est pas nécessaire de donner la liste de toutes ces expériences. Mais le résultat fut le contraire de ce à quoi je m'attendais (»n commcMicjant mes recherches : la distance focale (Viui a*il privé dn cristallin est absolument inrariahle.

Les observations suivantes, que j'ai choisies parmi les plus probantes, 1<» montrent avec évidence.

P M. R peut lin^ à uncî distance variant de

quatre à six pouc(»s avec It» même verre. Il voyait l'entre-croisement de la lijijne double à une distance de trois pouces et toujours au même point. Mais sa cornée était un peu irrégulière et la vision n'était pas très distincte, io n'avais pas non plus un appareil très convenable à ma disposition à l'époque où je l'ai observé. Plus tard je me servis d'un petit optomètre (Fig. 61 ), muni d'une lentille de moins de deux pouces Fig. 61 rf^ distance focale. Le long de la ligne j'avais ajouté L'échelle du petit ^^^ g^j.j^ j^ lettres, Qui ne suivaient pas l'ordre

optonietre. *■ *

alphabétique ; elles étaient dessinées [en anamorphose] de manière à être aussi visibles que possible sous une faible inclinaison. La forte lentille a l'avantage de rendre les lignes plus divergentes et l'entre-croisement plus distinct ; les lettres servaient

à faciliter Tindication de la distance de rentre-croisement ; elles permettaient en même temps de juger l'étendue en deçà et au delà de Tendroit de la vision distincte, où les malades pouvaient encore distinguer les objets.

2) L'œil de M. J. . . . n'était pas très favorable à l'expérience [avec la ligne], mais il semblait pouvoir distinguer des lettres à une distance de deux pouces et demi et aussi à moins d'un pouce. Je pensai donc d'abord qu'il possédait encore un reste d'accommodation. Mais plus tard je me souvins qu'il avait reculé son œil considérablement pour voir les lettres rapprochées. Il clignait aussi des paupières et la pupille se contractait sans doute en même temps, car, même dans un œil normal, une telle contraction accompagne toujours le changement du foyer. — Je n'employai pas le curseur de l'optomètre.

3) Miss H. . . ., une jeune fille d'environ vingt ans, avait une très petite pupille ; je n'eus pas l'occasion de l'examiner avec le petit optomètre ; mais quand elle avait vu un objet double à travers les fentes, il ne lui était pas possible, malgré tous ses efforts, de le voir simple, tant qu'il se trouvait à la même distance. Pour voir des objets éloignés, elle se servait d'une lentille de quatre pouces et demi, avec laquelle elle pouvait lire à une distance variant entre douze et cinq pouces. Pour voir des objets plus rapprochés, elle ajoutait une autre lentille de la même force. Avec cette combinaison elle pouvait lire à une distance variant entre sept pouces et deux pouces et demi.

4) Hanson, charpentier, âgé de 64 ans. On avait fait l'extraction de la cataracte à l'un de ses yeux, il y avait quelques années. La pupille était grande et noire, et il voyait bien pour son travail avec une lentille de deux pouces et trois huitièmes ; il pouvait lire à huit et à quinze pouces, mais le meilleur endroit était à une distance de onze pouces. — Avec le même verre, les lignes de l'optomètre semblaient toujours se rencontrer à onze pouces ; mais il ne pouvait pas remarquer qu'elles s'entre-croisaient, la ligne

étant trop forte, et l'intersection trop éloignée. Plus tard je répétai

rexpérience avec le petit optomètre : il lisait les lettres qui se trouvaient entre deux pouces et trois pouces, mais Fentre-croisement des lignes se trouvait toujours à deux pouces et demi.

Il comprenait maintenant parfaitement, de quoi il s'agissait et voyait Tentre-croisement avec une netteté parfaite. Une seule fois il indiqua Tentre-croisement des lignes à un dixième de pouce plus près, mais je remarquai qu'il avait reculé son œil du verre, de deux ou trois dixièmes de pouce, ce qui suffit pour expliquer la petite différence.

5) Malgré l'âge de Hanson, je le considère comme un sujet se prêtant très bien à ces expériences. Mais l'œil de Mrs. Maberly était encore plus irréprochable. Elle a environ 30 ans et a été opérée par extraction, il y a quelques années ; l'œil droit est le meilleur. Elle sort sans verres et lit et travaille facilement avec un verre d'environ quatre pouces. Dans le petit optomètre elle pouvait distinguer les lettres qui se trouvaient entre un pouce et deux pouces et demi, mais l'entre-croisement se trouvait toujours au même point, à environ un pouce et neuf dixièmes.

Une partie de la capsule traversait la pupille et lui faisait voir les objets éloignés dédoublés, lorsqu'elle les regardait sans lunettes. Aucun effort ne pouvait alors rapprocher les deux images, mais elle pouvait les rendre plus distinctes, sans doute par la contraction de la pupille. Les expériences avec l'optomètre furent faites en présence de M. Ware et exécutées avec beaucoup de patience et de persévérance ; elle n'était pas prévenue de ce qu'elle devait voir, pour ne pas influencer sa réponse.

En considérant combien il est difficile de trouver un œil qui

se prête bien à ces expériences, on doit trouver ces preuves assez

Critique satisfaisautes. Mais puisqu'un argument positif compte plus que

d'observation» , , , .« ,., . , . • 'o > -i •

antérieures bcaucoup de uegatiis, pourvu qu il soit bien vernie, il est nécessaire d'examiner les preuves d'après lesquelles on a cru devoir attribuer du pouvoir accommodatif à l'œil de Benjamin Clerk, dans la Croonian lecture de 1794 ; et il me semble que la distinction entre la vision distincte et la vision parfaite, établie depuis

longtemps par le docteur Jurin, suffit pour réduire toutes ces preuves à rien. Il est évident qu'on n'a pas besoin de changer le foyer de l'œil pour rendre la vision distincte à une distance quelconque, si l'on regarde à travers une ouverture sufiBsamment petite, pourvu qu'elle laisse passer une quantité sufiSsante de lumière. Or, il est à remarquer que, comparée à l'autre œil, l'ouverture [pupillaire] de l'œil opéré était considérablement réduite. Avec une ouverture [pupillaire] de 1,9*""» [Vio"] Benjamin Clerk pouvait lire à IVs" et à 1" avec le même verre. Moi, je jieux lire à un pouce et demi et à trente pouces avec la même ouverture, et en maintenant mon œil en état de repos complet, je peux lire à une distance de deux pouces et un quart, ce qui correspond à une différence aussi grande que celle qui fut observée pour l'œil de Benjamin Clerk. — Il n'est pas non plus sans importance de noter que Sir Henry Englefield, ainsi que les autres observateurs, étaient très étonnés de l'exactitude avec laquelle l'œil se montrait toujours adapté pour la même distance dans les différentes expériences auxquelles il fut soumis. Cette circonstance rend déjà très probable que la vision n'était parfaite qu'entre des limites très étroites.

Jusqu'à présent j'ai essayé de montrer les inconvénients des Preuves autres hypothèses et d'écarter les objections contre l'idée d'un i»lccommodachangement de forme du cristallin. Maintenant je décrirai deux . ^^**°

^ ^ ^ ^ ^ cristallinienne

expériences qui, d'une part ne sont pas loin de valoir des preuves

mathématiques de l'existence d'un tel changement, et qui, d'autre

part, expliquent en grande partie son origine et la manière dont

il s'effectue.

J'ai déjà décrit les formes sous lesquelles on voit un petit point

lumineux observé successivement à différentes distances de l'œil

non accommodé. Ici je rappelle seulement que lorsque le point se

trouve en dehors du foyer le plus éloigné [remotum], il prend la

forme qu'on désigne en général comme celle d'une étoile, la partie

centrale étant bien plus lumineuse que le reste (Fig. 43 — 46).

Lorsque l'œil diminue sa distance focale, l'image imparfaite

s'agrandit ; mais, outre cette conséquence nécessaire, on remarque,

que la manière dont la lumière est distribuée change considérablement : le bord est bien plus éclairé que le milieu, de manière à ce que le tout ressemble à un anneau ovale (Fig.62).

Si je regarde [le point lumi.

neuK éloigné) à travers les fentes de l'optomètre, les ombres me paraissentpar- ^•«■^ ^*^ faitementdroites, tant que

Fig. 15. Inmge d'un iwii'lt"*» Éloigna vu par mon ffil

droit I Œilresteenetatderepos;

'''«■'^^f™*'''""'";"'!"""^''''"'^'""''^''''' ellesdivisentrovalelumi-

SMOmmode (lour un point Irès-voisui.

neuxen bandes parallèles, dans n'importe quelle direction (Fig. 63, 65). Mais aussitôt que j'accommode, elles deviennent courbes, et cela d'autant plus qu'elles sont plus éloignées du centre (Fig. 64, 66). — Si au contraire le point lumineux se trouve bien en dedans du foyer, . ^ „ l'accommodation

F* 8* FigUt

augmente I éclat du centre et diminue celui du bord. On observe tes mêmes phénomènes après avoir neutralisé l'action de la cornée en plon- F*-»» ''*'* géant l'œil dans

Fig. «3. 66. Oinbres que furmeiil dei nis pnralliles dui» °

rimage du» poLnf éloigna. i™i éiuit ^n éiai de repos. I eau, et la seulc ma-

di.n™^nt*deuîo™"Tur«'l™i,r'^"*' ""'''" '""'"" "'^'■^ imaginable de

se rendre compte du

changement est d'admettre que les parties centrales du cristallin

deviennent plus convexes que les parties périphériques. Il est

absolument impossible qu'un changement de la distance de la rétine sans changement de la réfraction du cristallin puisse produire la courbure de ces ombres, qui en état de repos sont parfaitement droites ; l'application de l'eau montre que ni la forme ni la situation relative de la cornée ne jouent là aucun rôle.

L'optomètre confirme pleinement cette exphcation. En regardant à travers les quatre fentes, sans accommodation, je vois toujours les lignes se rencontrer en un point, mais lorsque je rapproche l'intersection par un effort d'accommodation, les deux lignes extérieures se rencontrent à une distance bien plus grande que les lignes internes, et les deux lignes du même côté s'entre-croisent à une distance encore plus grande (Fig. 67).

Cette expérience ne réussira pas pour tous les yeux : ou ne peut pas s'attendre à ce qu'un tel défaut soit général ; mais un seul cas suflBt pour établir l'argument, même si l'on n'en trouve pas un deuxième. Je ne doute pas, du reste, qu'on observerait très souvent l'aberration chez des personnes qui ont de grandes pupilles. L'œil du docteur Wollaston ne montrait pas ces phénomènes, mais M. Koenig décrivit sans être prévenu les intersections exactement comme je les vois. Il est plus facile de déterminer la réfraction latérale en couvrant les parties centrales de la pupille avec un bande pointue de carton et en déterminant le point d'entre-croisement Fig. 67

Il i ' j !• 1 i* Aspect des quatre

le plus rapproche des lignes, vues par les parties j J^^ ^^ ^^^.^^^ périphériques seulement. Lorsque l'intersection la vue par mon œu,

. f^^ . . I , lorsque son foyer

plus éloignée était à 38, je pouvais la rapprocher a est le plus court [en 22 avec deux fentes étroites ; tandis qu'avec la bande ^^^l d'accommoda.

^ tion maximaj.

de carton je ne pouvais la porter que jusqu'à 29. Ces faits nous permettent de déterminer assez exactement la forme que prend le cristallin, en admettant que les deux surfaces subissent des changements de courbure proportionnels, et en prenant

pour bases les dimensions que nous avons déjà admises : car avec les aberrations latérales ainsi données, la Prop. III nous permet de trouver les sous tangentes à environ [ Vio"] 2,5™™ de Taxe, et nous avons déjà trouvé que les rayons de courbure des s )mmets doivent être d'environ 5,33™™ et 3,81™™ [0",21 et 0'M5] (page 160). Il s'ensuit que la surface antérieure doit être une partie d'un hyperboloïde dont le grand axe est d'environ 127™™ [50"] ; la surface postérieure aurait une forme presque parabolique. Ainsi le changement peut s'effectuer sans aucune diminution du diamètre transversal, et l'allongement de l'axe du cristallin ne dépasse pas 0,5™™ [0",02]. Avec notre supposition, ce serait surtout la surface postérieure qui se bomberait, de manière à ce que la forme du cristallin accommodé fût à peu près celle de la fig. 69, l'état de repos étant représenté par la fig. 68. Pourtant, si l'on trouvait pré-

Fig. 68 Fig. 69

Fig. 68. Ckmtcmra du criataUin en état de repo8.

D'après des observations faites avec mon propre œil, coin|)arées avec les mesures de M. Petit, et en admettant cjne l'état du cristallin mort corresponde à l'état de re|H>s.

Fig. 69. Contours du cristàlUn ayant subi un changement qui suffit pour produire la distance focale mininia de l'œil [c'est*ù-dire en état d'accommodation maximaj.

férable d'admettre un changement plus grand de la surface antérieure, à cause de la rigidité des parties internes ou pour d'autres raisons, il n'est pas impossible que ce changement ne puisse avoir lieu sans que la surface vienne toucher à l'iris ; il est possible

aussi qu'elle pousse cette membrane un peu en avant sans aucun changement visible de Taspect extérieur de l'œil.

On sait que Hueck a plus tard réussi à observer la protrusion de riris pendant raccommodation, en faisant diriger le regard de Tobservé vers une surface lumineuse, le ciel par exemple, et en lui faisant faire un puissant effort d'accommodation. D'après Volkmann, le phénomène était très prononcé dans Tœil de Hueck lui-même.

Il est facile de comprendre pourquoi et dans quels cas ce défaut de la réfraction latérale doit exister, si l'on considère la manière dont le cristallin est attaché à sa capsule vers le bord. Car, si la courbure près de l'axe augmente considérablement, cette augmentation de courbure ne peut pas se continuer très loin vers le bord, sans que le diamètre du cristallin diminue et sans que les ramifications que le corps ciliaire envoie dans le cristallin (voir page 203) se déchirent."* I%ne semble pas non plus que la contraction pupillaire frappante, qui accompagne tout effort de voir de près, soit explicable autrement que par la nécessité d'exclure les rayons latéraux et de prévenir ainsi la confusion de l'image, qui résulterait de leur réfraction insuffisante.

Cette note, que Young a ajoutée à la deuxième édition, perd son importance du moment que les ramifications en question n'existent pas.

Ces dernières expériences de Young ne semblent jamais avoir été bien comprises ; en tout cas eUes n'ont attiré que très peu d'attention. V. Helmholtz est, à ce que je sache, le seul qui les ait répétées, et cela sans succès. Comme j'ai l'intention de traiter ces questions dans un travail spécial *, je me bornerai ici à faire les remarques nécessaires pour faire comprendre les expériences de Young, et à mentionner quelques observations personnelles qui confirment les siennes.

On sait que les surfaces sphériques ainsi que nos lentilles ordinaires sont plus réfi-ingentes vers le bord, ce qui constitue V aberration de sphéricité. Dans la figure 70 j'ai représenté la réfraction que subissent des rayons parallèles qui rencontrent une surface sphérique séparant deux milieux dont les indices sont dans le rapport 3 : 2 (verre et l'air). On voit que les rayons périphériques rencontrent l'axe plus près de la surface que ne font les rayons centraux.

Faisons maintenant l'expérience suivante. Plaçons une flamme à quelques mètres de distance, et après avoir formé l'image de la flamme

^ Etude sur le mécanisme de l'accommodation. Arch. de physiologie. Janv. 1894.

Fig. 70. T.

Héfraciioii d'un faisceau de rayoïu* parallèles par une suriace sphérique. Aberration de

Mphéricité. En ^ les rayons sont entassés vers le bord, en B vers l'axe du faisceau.

p. q. Deux aiguilles.

sur Técran au moyen d'une lentille de 15 ou 20 dioptries, éloignon.s un peu la lentille. L'image de la flamme se change alors en un cercle de diffusion, et on remarquera que la lumière n*est pas régulièrement distribuée sur toute la surface, le centre étant bien plus brillant que la périphérie. — Si, au contraire, on rapproche la lentille de l'écran, c'est le bord de la tache lumineuse qui est brillant, le milieu étant bien plus sombre. — La figure 70 nous en donne l'explication : on voit en effet qu'à A les rayons sont entassés vers le bord, à B vers le milieu.

Répétons ensuite l'expérience en plaçant devant la lentille une aiguille à tricoter ; on remarquera que l'ombre que forme l'aiguille dans le cercle de diffusion n'est droite que tant que la position de T'aiguille correspond à un diamètre de la lentiUe ; autrement l'ombre est courbe, tournant sa concavité vers le milieu, lorsque l'écran se trouve en dedans du foyer, tandis que le contraire a lieu lorsque l'écran est au delà du foyer. Sa déformation est plus prononcée dans le dernier cas. — On appelle la première déformation, déformation en barillet, et la deuxième, déformation en croissant, expressions, dont on comprend la justesse, surtout si, au lieu d'une seule aiguille on se sert de plusieurs, placées parallèlement.

C'est encore l'aberration de sphéricité qui est la cause de ces phénomènes. Figurons-nous en effet la surface de la lentille divisée en zones concentriques de largeur égale. Une section quelconque du faisceau réfracté montrerait alors des zones analogues, mais elles ne seraient pas de largeur égale. Dans une section faite en B (Fig. 70), au delà du foyer, les zones augmenteraient de largeur vers la périphérie, tandis que dans une section faite en A c'est le contraire qui

aurait lieu. — Dans la lig. 71, 1 montre une section du faisceau avant la réfraction, divisée en zones concentriques de largeur égale. Les deux droites représentent deux aiguilles. 11 représente une section du faisceau entre la surface et le foyer. On voit que les cercles périphéri-

Fig. 71. T, DéformatioH de» ombre», il en barUM, SecIJana

m.'tiaii U en A, et la

^t supposée faite en C { Fig. 70 ) :

lection lil eu B, les deux dernières gr uiile. n'6' el a'b" aea ombres.

(jues sont plus rétrécis que les cercles centraux, et l'on conçoit ijue le point a' soit relativement plus rapproché au centre que le point 6', ce (|ui donne à la ligne sa forme courbe. Enfin 111 représente une section au delà du foyer.

On comprend maintenant, sans autre explication, que si l'aberration était corrigée de manière h ce que tous les rayons vinssent se rencontrer en un foyer complet, les cercles de diffusion seraient uniforme* ment éclairés, les zones resteraient de largeur égale et les ombres garderaient leur direction droite. Si l'on surcorrige l'aberration, on aura tous les phénomènes décrits ci-dessus, mais en ordre inverse.

Je n'ai pas besoin d'insister sur l'analogie entre les observations de YouNG et ces expériences. En observent un point éloigné à travers ses fentes en laissant l'œil en repos; Young voyait les ombres parfaitement droites, d'où il tirait la conclusion que son œil était exempt d'aberration. Les tîgures 43—46 pourraient pourtant sembler indi- <|uer (|u'il en avait un léger degré. — J"ai répété cette expérience avec un certain nombre de personnes en me servant d'une petite grille, analogue aux fentes de Young ; rendu légèrement myope, le Hujet regardait une flamme éloignée. J'ai ainsi été k même de constater des différences assez grandes. Environ la moitié de mes observés, parmi lesquels les Drs. Parent et Chibret, voyaient les ombres droites, et n'avaient par conséquent pas d'aberration sensible, au moins tant (]ue la pupille n'était pas dilatée. La plupart des autres voyaient la

déformation en croissant plus ou moins prononcée. Les figures 73 1 et 73 I en montrent des exemptes. M. Trépied, le savant directeur de l'observatoire d' Alger, voyait les ombres droites, la grille étant placée

Fig. 1% L Déformaticn de» onibrtt en croittant dant unteilà forte aberration dt iphtriâti. — Heiwh

I Œil droit du dorlmir ANTi>ni:LLi. eiiiiiKlr.i|K. Av«c * 4A Flsninie A l'inHni.)

1 Kig. TA T, li

Fig. 7a Déformalion en croitaant (I), changeant en déformalioit en baritt^ (II) pendOHl l'accoHunodatioH.

i Œil droit dv Mme T MyD|>i« de U di»|itri».. Shiu verru, Flaiiiii») n l'îiilliii.)

verticalement, mais en la plaçant horizontalement, il remarquait une déformation en croissant assez prononcée. L'aberration éùtit donc corrigée dans le méridien horizontal, mais pas dans le méridien vertical.

Les cas de ce genre sont remarquables. Si l'on suppose l'espace pupillaire divisé en zones concentriques, il en résulte un astigmatisme différent dans les différentes zones, ce qui dans certains cas peut faire croire à un spasme astigmatique (Voir Tscherning, ij'tnfiuence de l'aberration de sphéricité sur la réfraction de l'ceil. Arch. d'ophthalm. 1890). — Quelques-uns, parmi lesquels mon maître M. Javal observaient au contraire une légère déformation en barillet (Fig. 74), ce qui indique une surcorrection de l'aberration — et j'ai même observé quelques cas très curieux où les ombres centrales

Fig, 7t. T. Fig.7S. T.

Fig. Tt. DêfortHatioH dea ombrtt en barOlet dam un œil à aberration lurcorrigie.

( Œil ilroit lie M, G Hyi>)»e de S dia|i(rie9 : svec -^ 3.5. Flaniine A l'inllni. |

Fig. 75. Défortuatio» miatte. en croissBot au milieu, en barillet vers In |iéripliérie. iiulE. quant une surcoirectiou dea parties périphériques,

I Œil droit de Mme S. einniéln>|w, avec . 3.5. Flii.iiiiie à l'iiiliiii. |

étaient déformées en croissant, les ombres périphériques en barillet (Fig. 75). Ceci est probablement dû à une forme spéciale de la cornée, où la partie centrale est presque sphérique. et où l'aplatissement vers la périphérie survient brusquement.

L'examen de la distribution de la limiière dans les cercles de diffusion confirmait en général le résultat de l'examen à la grille (Fig. 76).

L'optomètre de Young fournit une troisième méthode pour constater l'existence de l'aberration. La figure 77, I montre la forme que prend la ligne, vue à travers les quatre fentes, lorsque l'œil a une aberration prononcée. En comparant cette figure à la fig. 67 de YousG, on voit que ce dernier a réussi cette expérience beaucoup mieux que j'ai pu le faire. Dans sa figure, les quatre lignes restent distinctes partout, tandis que dans la mienne elles se confondent vers

Fig.T&T.

Iu»rcled«diiru I avei' • lA U ■>

Fig.T7. T.

lobnecliun ds( ligDM d» l'uiilonK'ln-.

0, L'œil.

i. (Kil A foj-tu aburriLtiiiii ( AnhiiieJH ). Len tigiwt

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le foyer. C'est probablement la faute de mon instrument : la ligne doit avoir été trop épaisse et les fentes trop larges '. Mais on voit très bien sur ma figure que l'intersection des deux lignes centrales 66' est située plus loin que celle des deux lignes périphériques, aa'. Les parties périphériques de l'espace pupillaire étaient donc plus myopes que les parties centrales. Pour avoir une idée de la manière dont un œil à aberration surcorrigée verrait la ligne, ou n'a qu'à retourner la figure. — La Fig. 77 II représente un autre cas plus irrégulier, où la cornée était probablement le siège d'une asymétrie prononcée.

Il est évident qu'on peut mesurer le degré d'aberration par cette méthode ; il s'exprime simplement par la différence entre la réfi-action centrale et la réfraction périphérique. Pour avoir une bonne mesure il faudrait, pourtant, que l'expérience réussît mieux qu'il ne m'est arrivé jusqu'à présent. — On pourrait aussi en mesurer le degré au moyen de la déformation des ombres, si l'on avait une série de lentilles à aberration différente ; le degré de l'aberration s'exprimerait alors par la lentille correctrice, comme cela se fait pour les autres anomalies de réfraction. A cet effet on peut employer ou des ménisques, ou une combinaison de deux lentiUes, l'une plan-convexe et l'autre plan-concave (Fig. 78). C'est aussi à ces moyens qu'il faudrait avoir recours, si l'on voulait essayer de corriger l'aberration, et c'est à mon avis le seul moyen rationnel pour corriger le kératocône, exemple le plus prononcé que nous ayons d'aberration surcorrigée. Dans beaucoup de cas de kératocône, la courbure de la cornée n'est malheureusement pas assez régulière pour qu'on puisse s'attendre à une grande amélioration. Je possède des lentilles de cette sorte, mais je n'ai pas encore eu l'occasion de les essayer. — J'ajoute que l'existence de l'aberration de sphéricité peut encore être démontrée par la skiascopie. Le phénomène que M. Bitzos a décrit dans son traité de skiascopie sous le nom d'ombre paracentrale est un effet dû à l'aberration.

J'arrive maintenant à l'observation qui me semble la plus remarquable de toutes, celle qui concerne le changement de l'aberration pendant l'accommodation. Young en cite trois preuves : 1® la déformation des ombres en barillet (Fig. 63 — 66) ; 2® le changement de la distribution de la lumière dans le cercle de diffusion qui prend la forme d'anneau (Fig. 62) et 3^ les mesures optométriques (Fig. 67) auxquelles je reviendrai tout à l'heure.

Il faut remarquer maintenant que l'expérience ne réussissait ni à WoLLASTON ni à V. Helmholtz et qu'elle ne me réussit qu'imparfaitement à moi-même. Or, à juger d'après son amplitude d'accommodation

^ Je Tavais construit moi-même. L'instrument avec lequel Young fit tant de merveilleuses découvertes semble maintenant complètement oublié. Un des premiers opticiens de Londres a répondu à ma demande qu'il ne l'avait pas et qu'il n'en avait jamais entendu parler !

(6 Dioptries, v. p&ge 159), Wollaston était déjà un peu â^ quand il a entrepris l'expérience, et je De suis pas non plus de la première jeunesse (38 ans) ; je ne crois donc pas me tromper en admettant, que ai v. Helhholtz ne l'a pas réussie, c'était à cause de son Age déjà un peu avancé, car j'ai vu réussir l'expérience avec tous les jeunes gens avec lesquels je l'ai essayée. Le phénomène semble même très frappant et le changement va toujours dans le même sens. Cens qui, en état de repos, voient les ombres fortement déformées en croissant, indiquent que la courbure s'efTace à peu près ou complètement | Fig. 72 ) ;

H ceii à forte aberration rr'itfve peiHlnjil rai'c-oniintHlnliu

ceux qui n'ont qu'une légère déformation encroissant voient les courbes changer subitement de sens (Fig. 73), et ceux <|ui voient les ombres

Fig. 73. Déformation et mdunt J'oceommoitoMoB.

(Œil dn,lt rl« Miiir- T. . . . , My.>|iw di

droites ou légèrement déformées en barillet pendant le repos, observent une forte déformation en barillet (Fig. 63 à 66, Young). Le changement indique donc dans tous les cas une forte tendance à corriger ou à surcorriger Vaberration. — L'entre-croisement des lignes de Toptomètre montre un changement analogue (Fig. 67, 79).

J*ai déjà dit que je n'ai pas encore pu faire des mensurations de l'aberration, faute d'instruments, et je n'ai par conséquent pas pu contrôler les mesures de Young. D'un côté son résultat est si surprenant, qu'on pourrait être tenté de croire à une exagération, mais de l'autre si l'on pense à l'exactitude vraiment merveilleuse de ses autres mensurations, il y a tout lieu de croire qu'il ne s'est pas trompé.

Les expressions de Young sont à cet endroit encore plus obscures qu'ailleurs, et j'ai même dû résoudre des équations à plusieurs inconnues, pour arriver à me faire une idée de la manière dont il a exécuté ses mesures. Il semble que l'instrument dont il s'est servi ait été autrement divisé que celui décrit page 112. 11 est probable que Young regardait à travers une lentille de 4" et que l'instrument était divisé en treizièmes de pouce, ou, si l'on admet que les mesures ne concordaient pas tout à fait avec celles citées avant, en douzièmes (lignes). Mais ce qui n'est pas douteux, c'est le rapport qu'il a trouvé entre l'accommodation centrale et l'accommodation périphérique.

Soient j^ ses divisions, quelles qu'elles soient; d'après ses mesures,raccommodation cen-

traie pouvait alors s'exprimer par ~ ^^

et l'accommodation périphérique par

-„ ZTTT- ; le rapport entre elles serait donc

29^ SHp ' '

Fig. 79. T.

Intersection des lignes de l'opto-

mètre ; Partie la plus éloignée

Demi'schématique.

(Œil droit de Mme T....)

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