‹ Œuvres ophthalmologiques de Thomas YoungChapitre 13 sur 34 · V. Description d'un optomètre · texte numérisé non relu

V. Description d'un optomètre

Le docteur Porterfield s'est servi d'une expérience, que Scheiner avait tentée le premier, pour mesurer la distance focale de l'œil, et a décrit, sous le nom d' optomètre, un excellent instrument dont la construction est basée sur le principe de cette expérience '. Mais cet appareil est susceptible d'être considérablement amélioré, et je demanderai la permission de décrire un optomètre simple dans sa construction et, tout à la fois, commode et précis dans son emploi.

Supposons un écran interposé entre un point lumineux B (Fig. 22) et une surface réfringente, ou une lentille, CD. Cet écran

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Fig 22.

sera perforé en deux points, A et B. Recevons les rayons réfractés sur un deuxième écran, de sorte que l'image s'y forme. Il est bien évident que si ce deuxième écran EF se trouve à l'endroit du foyer des rayons réfractés, l'image formera un simple point. Mais si cet écran est porté en avant — en GH par exemple — ou en 1 Edinb. Med. Essays. vol. IV p. 185.

arrière — comme en IK — les petits faisceaux passant par les trous du premier écran ne se rencontreront plus en un point unique ; ils viendront aboutir en deux endroits distincts de l'écran (soit G et H, soit Jet K). Dans l'un et l'autre cas on aura donc une double image de l'objet.

Et maintenant, ajoutons encore deux autres points lumineux S et T (fig. 23), l'un plus rapproché et l'autre plus éloigné de la

Fis. 23

lentille que le premier point, R. Si l'écran qui reçoit les images se trouve à l'endroit du foyer des rayons provenant du premier point, R, les images du second et du troisième point devront toutes deux être doubles (s et s, tett), puisque l'écran EF se trouve en arrière de la distance focale des rayons provenant du point lumineux le plus éloigné, et en avant du foyer des rayons réfractés, provenant du point le plus rapproché. C'est sur ce principe que se base l'instrument du Dr. Porterfield.

Mais si l'on suppose les trois points, T, R et S, joints par une ligne quelque peu inclinée vers l'axe de la lentille, chaque point de cette ligne, sauf le premier, R, (Fig. 24), aura une double image ;

Fig. 24

et chaque paire d'images étant en contact avec celles du point lumineux voisin, elles formeront deux lignes continues. En outre, les images étant d'autant plus éloignées l'une de l'autre que les points qu'elles représentent, sont éloignés du premier point lumineux R, les lignes (st et st) viendront converger vers l'image (r) de ce point, où elles s'entrecoupent l'une l'autre.

On obtiendra le même résultat si l'on regarde un objet à travers

deux trous d'épingle [percés dans une mince feuille de carton et] placés

devant la pupille. Si l'objet se trouve à l'endroit de la vision distincte, l'image rétinienne sera simple ; en tout autre cas, l'image étant double, il semblera qu'on voie deux objets. Et si l'on regarde une ligne venant aboutir près de l'œil, on verra apparaître deux lignes, qui s'entre-croiseront à l'endroit de la vision distincte. On peut remplacer les trous par des fentes, qui rendront les images presque aussi distinctes et, en même temps, laisseront passer plus de lumière. On peut en augmenter le nombre de deux à quatre, ou plus encore, toutes les fois que des recherches spéciales le nécessiteront.

Cet instrument offre l'avantage de donner la distance focale exacte, par un simple coup d'œil dans l'instrument. On évite de déplacer l'objet en avant ou en arrière, ce qui amène toujours une incertitude considérable, surtout parce que l'œil peut changer de foyer pendant ce temps.

Fig. 25

La forme des bouts de l'optomètre, fait en carton. Les ouvertures pratiquées

dans les vantaux de côté servent à tenir une lentille.

Les parties carrées doivent être fixées ensemble au-dessous de la bande.

Fig. 26.

L'échelle de l'optomètre.

La ligne du milieu est divisée en pouces à partir de l'extrémité inférience. La colonne de droite contient les numéros des lentilles concaves, exigées par les yeux myopes : le patient regarde à travers les fentes et on note le numéro, qui se trouve vis-à-vis de l'entre-croisement le plus éloigné des lignes. A partir de l'autre extrémité la ligne au milieu est divisée de manière à pouvoir allonger l'échelle de pouces au moyen d'une lentille de quatre pouces de distance focale [placée à l'extrémité supérieure]. Les chiffres négatifs indiquent que les rayons lumineux provenant d'eux, convergent après la réfraction vers un point situé derrière la lentille. L'autre colonne [à gauche] contient les distances focales des verres convexes requis pour les yeux qui voient l'entrecroisement le plus rapproché en regard de ces chiffres.

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