‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 104 sur 552 · Matth.. xvr. 23. Bossuet ?e réservait d'y ajouter en · texte numérisé non relu

Matth.. xvr. 23. Bossuet ?e réservait d'y ajouter en

?. Joan, xviii. 11. chaire. Nous ne croyons pas qu'il

3. CeH-à-dlre dans ce sermon niè- fasse allusion à d'autres discour?

me, tant dans ce qu'on vient de lire prononcés devant le même audi-

que dans les développements que toire.

DE SAINT l'IF.RUE. 1 il

tre, et il se jette dan^ les eau\ pour venir à lui ; mais, un iiionient après, il a peur, et mérite que Jésuà lui • lise : « iVoJ/ccT fidci, (juarv duhilasti ' r Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté r )> Quand le Sauveur lui prédit sa chute, il se laisse si fort transporter par la chaleur de son amour indiscret, qu'il donne le démenti à &on maître; mais, attaqué par une servante, il le renie avec jurement. Qui est cause de cette chute, sinon sa témérité r Et qui l'a rendu téméraire, sinon cet amour naturel qu'il sentait pour le Fils de Dieu ? Il s'imaç^inait qu'il était ferme, parce qu'il expérimentait qu'il était ardent ; et il ne considérait })as que la fermeté vient de la grâce, et non pas des efforts de la nature : tellement qu'étant tout ensemble et faible et présomptueux, déçu ])ar son propre amour, il promet beaucoup, et, surpris par sa faiblesse, il n'accomplit rien ; au contraire, il renie son maître ; et pendant que la lâcheté des autres fait qu'ils évitent la honte de le renier par celle de leur fuite, le couraoe faible de saint Pierre fait qu'il le suit, pour le lui faire quitter plus honteusement : de sorte qu'il semble que son amour ne l'enfçage à un plus grand combat' que pour le faire tomber d'une manière plus ignominieuse.

Ainsi se séduisent eux-mêmes ceux qui n'aiment pas Jésus-Christ selon les sentiments qu'il demande, c'està-dire qui n'aiment pas sa croix, Cjui attendent de lui des jH-ospéiités temporelles, qui le louent quand ils sont contents, qui l'abandonnent sur la croix et dans les douleurs. Leur amour ne vient pas de la charité, (jui ne cherche que Dieu, mais d'une complaisance qu'ils ont pour eux-mêmes : c'est pourquoi ils sont téméraires, parce que la nature est toujours orgueilleuse, connue la charité est toujours modeste. Voilà les causes de la langueur et ensuite de la chute de notre apôtre ; mais voyons son amour épuré et fortifié nar les larmes de la pénitence.

Second Point.

Saint Augustin nous apprend " qu'il est utile aux superbes de tomber, parce que leur chute leur ouvre les

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