‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 119 sur 552 · PI RIFICATION DR LA SAINTE VIERGE · texte numérisé non relu

PI RIFICATION DR LA SAINTE VIERGE

verrons que lui. parce qu'il y sera tout à touf>, illuuiiiiant tous les esprits i>ar les rayons de sa face et pénétrant tous les cœurs par les traits de sa bonté ' infinie ".

Songez quelle douceur, quel ravissement sentent ceux qui s'aiment d'une amitié forte, quand ils se trouvent ensemble. On ne peut écouter sans larmes ces tendres paroles de Ruth à Noémi, sa belle-mère, qui lui persuadait de se retirer : « Où vous irez, je veux vous y suivre partout. Non, non, ne croyez pas que je vous quitte • partout où vous demeurerez, j'ai résolu de m'y établir '. \ otre peuple sera mon peuple, votre Dieu sera mon Dieu. Ha ! je le prends à témoin que la seule mort est capable de Jious séparer : encore veux-je mourir dans la même terre où vos restes seront déposés, et c'est là que je choisis le lieu de ma sépulture : Quœ te terra marier) tem suseeperit, in ea mnrinr, ihique locum accipiam scpulfurx "^ . » Quoi! la force d'une amitié naturelle produit une liaison si parfaite, et fait même que les amis étant unis dans la sépulture, leurs os semblent reposer plus doucement et les cendres même être plus tranquilles ; quel sera donc ce repos d'aller immortels à Jésus-Christ immortel ; d'être avec ce divin Sauveur, non dans les ombres de la mort, ni dans la terre des morts, mais dans la terre des vivants et dans la lumière de vie !

Après cela. Chrétiens, serons-nous toujours enchantés de l'amour de cette vie périssable? C'est en vain "^ que

l. Var. : beauté. objets, combien devons-nous désirer 'J. Première rédaction, passée dans le royaume de Jésus-Christ, oiinous le texte des anciennes éditions: le verrons dans sa gloire, où nous le « ... des lieux saints. Que tardons- verrons A découvert, où nous ne nous, Chrétiens, à immoler notre vie verrons que lui, parce qu"il sera tout avec Siméon ? Il pouvait, ce semble, à tous, comme dit l'Apôtre ! désirer de vivre, puisque Jésus- 3. En marge, le latin : Qnocumque Christ était sur la terre; mais il ptrrexeris.pergam:etuh'icommorata s'estime si heureux d'avoir vu Jésus fucris, tt ego parlter comvwrabor qu'il ne veut plus voir autre chose : (Ruth, i, IG). — A la fin de la citaet il aime mieux l'aller attendre tion. le latin est dans le texte même, avec espérance que de demeurer en La première fois,il eût arrêté le mouce monde, où il l'aurait vu véritable- vement de ces « teudres paroles ment, mais où il aurait vu avec lui qu'on ne peut écouter sans larmes; » ([uelque autre spectacle, que ses plus loin, on s'y repose plus heureuyeux ne pouvaient plus souffrir scincnt. désormais. \. Ruth, i, 17. — Ms. : acceperit...

Nous donc, qui ne voyons que les inreniam.

vanités, dont les yeux sont profanés ô. Édit. : mortels abusés. — Bos-

tous les jours par tant d'iadigues suet a effacé ces deux mots.

inO CARf:MF, DU LOrVRP.

Mtiis paraissez passionné-s pour cette maîtresse infidèle. « F-lle vous crie tous les jours : Je suis laide et désagréable ; et vous la chérissez avec ardeur. Elle vous crie : Je vous suis cruelle et rude' ; et vous l'embrassez avec tendresse. Elle vous crie : Je suis changeante et volage ; et vous Taimez avec une attache opiniâtre'. Elle est sincère en ce point, qu'elle vou* avoue franchement (|u"elle ne sera ]îas lonirtemps avec von- ; Kcce respnndet tibi awnla iiia : A'on ieciim t>tnho'\ » et qu'elle vous manquera comme un faux [p. 11] ami au milieu de vos entreprises; et vous faites fondement sur elle, comme si elle était bien sûre et fidèle à ceux qui s'y fient ! » Mortels, désabusez-vous; vous qui ne cessez de vous tourmenter, et « qui faites tant de choses pour mourir plus tard, songez plutôt, dit saint Augustin, à entreprendre quelque chose de considérable pour ne mourir jamais : Qui tantn agis ut jiaulo serins moriariK, agt ali- (jtiid ut nxinquam moriaris*. »

Cessons donc de nous laisser tromper plus longtemps à cette amie inconstante, qui ne nous peut cacher ellemême ses faiblesses insupportables. Mais, comme les voluptés s'opposent à cette rupture, et que, pour empêcher ce dégoût, elles nous promettent de tempérer les amertumes de cette vie par leurs flatteuses douceurs, faisons un second sacrifice, et immolons à Dieu l'amour des plaisirs avec Anne la prophétesse.

Second Point.

[P. i] C'est un précepte du Sage de i- 'abstenir des eaux étrangères. « Buvez, dit-il, de votre puits et prenez l'eau dans votre fontaine : Bihe aqnnm de cistenui lua et fucnta puiei tui^ ». Ces paroles simples, mais ïnystérieuses '^ s'adressent, si je ne me trompe, à l'âme

1. Var. : rude et cruene (broui!- tu .«eçui canaris ! Il y joint eu oulre Ion, f. 109, yo). Ja^uite: ftVre re.ypoudel . .. et leu-

2. En marge, le latin : Clamât tibi: voie le tout après la traduction coiii- F(tda fum. et tu amas ; dura sum, H plète.

tu amplecteris ; volatica sum, et se^ni -i. S. Aug.. Serm. cci II. n.C. —

vonaris. Texte que Deforis rectifie Ms. : Senn. III de Dir.

ainsi : Clamât tibi : Fada stm, et tu A. Serm. CCCU. n. 4.

amas ! Clamai : Dura sum. ei tu am- f). Prov., v. 15.

plecterit ! Ciamat: Volatica $um. et 6, Var.: Cette parole mystérieuse...

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