I.Ps. xvr
•1. Bo^suct prend dans le brouillun -]a fin dn second point, comme il y avait déjà pris le commencement.
Ainsi s'est trouvée conservée une première rédaction du développement qu'où vient de lire. C'était l'ancienne page 15 (f»79,To).«;Hal souffrez qu'on vienne ouvrir ces yeux assoupis, et qu'on les applique (*■«/•.: toui-ne, — adresse) à ce qu'il faut voir. Souffrez que les prédicateurs de l'Evang-ile vous parlent des desseins de Dieu pour votre salut {var.:
des choses de Dieu), afin que la rencontre V)ienheureuse de vos pensées et des leurs excite en votre âme la réflexion, comme une étincelle de lumières qui rallumera ces flambeaux éteints, et les mettra devant vos yeux pour vous éclairer.
Cai-, bien loin de vous accorder f\ne votre science vous doive suffire, je crains même qu'elle ne vous nuise.
Je connais le naturel de l'esprit humain, et je sais que l'une de ses maladies, c'est d'acquérir avec plus de soin qu'il ne conserve. Il se dégoûte facilement de ce qu'il sait, aussi bien que de ce qu'il possède ; et c'est ce qui fait dire à saint Augustin que (( les hommes malheiueux, qui dédaignent ce qu'ils entendent, appi'enneut plus volon-
tiers qu'ils ne savent : Mifcrl liominc guibus coqnita rilescuvf. Uhenthis disant qitam nornnt. » Et ne le voiion pas tous les jours par expérience'^ Souvent ce que nous avons appris avec ardeur n'est pas plus tôt dans notre esprit que nous le laissons égarer, nous le laissons perdre dans ces vastes replis de notre mémoire.
Combien plus tôt se perdent les vérités saintes du christianisme, que nous n'avons jamais pris à cœur de pénétrer comme il faut : qui tiennent si peu à notre esprit, parce qu'elles sont détachées des sens ; et enfin que nous sommes bien aises d'éloigner de nous par une malice affectée ! <( Ils ont résolu, dit le saint Prophète, de détourner leurs yeux sur la terre : Oculos suos staiverurit decUnare in terrnm ») (Ps. xvi, 11).
Remarquez : cf ils ont résolu... » — La suite, comme dans le texte.
— Seconde rédaction (en marge) :
{( Il n'est rien, pour notre malheur, qui se perde si tôt dans nos esprits que les saintes vérités du christianisme ; car, outre qu'étant détachées des sens, elles tiennent peu à notre âme, nous n'avons jamais pris à cœur de les pénétrer comme il faut; et, au contraire, nous sommes bien aises de les éloigner par une malice affectée... n
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hui(l(tbit cl nd fn' adjiciet '. \oici un avis d'un ha})ile honuTic : « Le sage qui entend, dit-il, quelcjne parole sensée, la loue et se l'applique à lui-même. )> II" ne se contente jias de la louer, il ne va j:)as regarder autour de lui à (jui elle e^t j)roi)re. Il ne s'ainuse pas à <ieviner la jieii^ée de celui qui parle, ni à lui faire dire des choses qu'il ne sonj2;e pas : il croit que c'est à hii seul qu'on en veut ' ; et en ctfet, Chrétien.^, quiconque sent en lui-même que c'est son vice qu'on attaque, doit croire que c'est à lui personnellement (pie s'adresse tout le discours. Si doMc quelquefois nous y remarquons je ne sais quoi de trancjiant, qui, à travers nos voies tortueuses et nos passions compliquées, aille mettre, non point par hasard, mais par une secrète conduite de la grâce, la main sur notre blessure, et aille trouver, à point nommé, dans le fond du cœur ce péché que nous dérobons ; c'est alors. Messieurs, qu'il faut écouter attentivement Jésus-Christ, qui vient troubler notre fausse paix, et qui met la main tout droit sur notre blessure* ; c'est alors qu'il faut croire le conseil du Sa^e et appli- (]uer tout à nous-niême[s] . Si le coup ne porte pas encore assez loin, prenons nous-mêmefs] le glaive, et enfonçons-le plus avant. Plût à Dieu qu'il entre ^ si profondément que la blessure aille jusqu'au vif, que le coeur soit serré par la componction, que le sang- de la plaie coule par les yeux, je veux dire les larmes, que saint Auq-ustin appelle si élégamment le sang de l'âme''!