‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 15 sur 552 · En marge : « Idoles, n — Encore · texte numérisé non relu

En marge : « Idoles, n — Encore

2U L VUÉ.Mt DES CARMÉLITES.

si grand jioin ' par de grands bienfaits. Les grands de la terre, s'ils sont les images de Dieu, s'ils portent dans leurs mains et sur leur visage le caractère de sa puissance, surgant et opitulentur^. Saint Grégoire [de] Nazianze : Soyez leurs dieux en les assistant. — Mais où en trouverons- [nous] sur la terre.'' Nous voyons assez d'ostentation, assez de dais, assez de balustres, assez de marques de grandeur; mais ceux qui se parent de tant de splendeur, ce ne sont pas des dieux, ce ne sont pas des images vivantes de la puissance divine : ce sont des idoles muettes, qui ne parlent point pour le bien des hommes. La terre est désolée, les pauvres gémissent, les innocents sont opprimés : l'idole est là qui hume l'encens, qui reçoit les adorations, qui voit tomber les victimes à ses pieds et n'étend pas son bras pour faire le bien. O pastor et idoliim"l (car non seulement les supérieurs ecclésiastiques, mais encore les grands de la terre sont appelés dans l'Ecriture les pasteurs des peuples,) est-ce pour recevoir des hommages que vous êtes élevés si haut? Dieu vous demandera compte [p. x] du dépôt qu'il vous confie de sa puissance souveraine. Car écoutez ce qu'on dit à la reine Esther : Ne putes quod animam tuam tantum libères, quia in domo régis es, prse cunctis Jtidseis. Ne croyez pas que Dieu vous ait élevée à ce haut degré de puissance pour votre propre agrandissement. Si... siliieris,per aliam occasionem liherabuntur Judœi, et tu et domus patris tui peribitis*. Si peu que nous ayons de puissance, nous en rendrons compte à sa justice. C'est le talent précieux, lequel si Ton manque seulement de faire valoir pour le service de Dieu et le bien de sa famille, on est relégué par sa sentence aux ténèbres extérieures, où est l'horreur et le grincement de dents ■".

Considérez donc. Chrétiens, tout ce que Dieu a mis en nous de pouvoir ; et le regardant en nos mains comme le talent dont nous devons compte, prenons une sainte résolution de le faire profiter pour sa gloire, c'est-à-dire

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