Var. : ce grand nom. « Pourquoi veulent-ils avoir beau
2. Deut., XXXII, .38. coup de puissance,? » Et encore: :;. Zach.^ XI, 17. « Notez style de TEcriture : que les 4. Esth.. IV, 13, 14. supplices passent la vie.,» — Gan- 6. Matth . viu, 12 En marge: dar: k roy«/ff*i<i7ede l'Écriture. ..»
SUR l'ambition. 21
pour le bien de ses enfants. Mais, en formant en nous un si saint désir, prenons ^arde à l'illusion que [p. xi] l'ambition nous propose. Elle nous propose de grands ouvrages ; mais, pour les accomplir, nous dit-elle, il faudrait avoir du crédit et être dans les grandes places. C'est l'api)ât ordinaire des ambitieux. Dum ad dignitates inhiant, operaturos se magna pertractant ^ Ils plaignent ^ le public, ils se font les réformateurs des abus, deviennent sévères censeurs de tous ceux qu'ils voient dans les dignités. Pour eux, qu'ils...! que de beaux desseins pour l'État! Que de grandes pensées pour l'Église! Au milieu de ces beaux desseins et de ces pensées chrétiennes, on s'engage dans l'amour du monde, on prend l'esprit de ce siècle, on devient mondain et ambitieux ; et quand [on est^] arrivé au but, il faut attendre les occasions, et ces occasions ont des pieds de plomb, elles n'arrivent jamais : [Cumque officio] perfrui seculariter cœperit, [libenter ohliviscitur qiiidquid religiose cogitavit] * ; et peu à peu tous ces beaux desseins se perdent et s'évanouissent tout ainsi qu'un songe.
Que le désir de faire du bien n'emporte pas notre ambition jusqu'à désirer une condition plus relevée, [p. xii] Faisons le bien qui se présente, celui que Dieu a mis en notre pouvoir. Ne craignez pas de demeurer sans occupations et d'être inutile au monde si vous ne sortez de vos bornes et ne remplissez quelque grande place. Un fleuve, pour faire du bien, n'a que faire de passer ses bords, ni d'inonder la campagne. En coulant paisiblement dans son lit, il ne laisse pas d'arroser et d'engraisser son rivage, de présenter ses eaux aux peuples, de leur faciliter le commerce. Ainsi demeurons dans nos bornes"' : Intra fines proprios et legitimos ^, prout quis'
1. C'est une pensée de saint Gré- dans des poursuites ambitieuses; et goire le Grand {Régula l'astorum, I, quand ils sont arrivés...
9). Seul le dernier membre de phrase 3. Ms. : ils sont.
est textuel. Le premier est une ana- 4. S. Greg., Reç. Past., T, 9.
lyse. , 5. Avant la citation, addition in-
2. .Var. : Ils réforment déjà l'État terlinéaire inachevée : « A un prélat, etrÉglise. Que de sages règlements qui voulait... )>
pour un diocèse! que de pen-ées G. 'Ms.: Unusquisque intra propriut
charitables ! que de desseins salu- limites in l.ajjt>y]'ne se charitatif extaires I Ils s'engagent bien avant erceai.
que valuerit, in latitudine se charitatis exerceat^. Nos emplois sont bornés, mais l'étendue de la charité est infinie. La charité toujours agissante sait bien trouver des emplois. Elle se fait tout à tous ; elle se donne autant d'affaires qu'il y a de nécessités et de besoins, etc.; elle ne craint pas de manquer d'ouvra"-es ; et au lieu d'aspirer à une plus grande puissance, elle sonp,e à rendre bon compte^ de l'emploi de celle que Dieu lui confie.
[P. xiii] Que les puissants songent au Vjien. L'un des biens, c'est l'exemple: un bien pour eux et un bien pour nous. C'est un don qui les enrichit; c'est un présent qui retourne à eux. Il ne faut pas pour cela un grand travail. Ils n'ont qu'à se remplir de lumière, elle viendra à nous d'elle-même. Tls rendront co'^pte des péchés des autres. Combien le vice est plus hardi quand il est soutenu par leur exemple ! etc.
Exemple en sa mai.-on : chacun est grand dans sa maison ; chacun est prince dans sa famille.