S. L^r^n. Magni Epist. CVI, ad 2. Gandar : ^oa compte
Anatol. Episc, n. 4.
CARÊiME DES CARMELITES, DIMANCHE DE LA PASvS" ON
3 Avril 166L
On sait que, jusqu'en 1867, toutes les éditions, y compris celles de Versailles et de Lâchât, formaient de ce sermon' et de celui de 1666 pour le même dimanche une combinaison bizarre, où la rédaction destinée à la chapelle des Carmélites se continuait, au deuxième et au troisième point, par celle de la Cour, et réciproquement. Gandar ,i signalé et corrigé ces interpolations systématiques.
La composition du discours de 1661, simplement esquissé par endroits, comme la plupart de ceux de cette station, présente une; intéressante particularité. Dans l'exécution même de son plan, l'auteur est amené à le modifier. Il tend à le rendre de plus en plus logique : les idées jetées à la fin du premier point sont reprises et développées dans le second. Aussi le sommaire accordet-il une grande importance à celui-ci, tandis qu'il passe rapidement sur l'autre. Voici ce sommaire, déjà donné, mais avec quelques erreurs de lecture, par Lâchât et par GaKdar.
SoMMAiiii; -. Carm[élites,] 5« dim[anchej : Haïr la oéritc.
Exordc. Haïr la vérité en trois manières. S. Thomas. — Péciieurs veulent la nuit entière.
[*■■ point. Pécheurs haïssent la vérité en Dieu et la veulent détruire (p. 5, 6). — Qui odit, homicida est (p. 6).
Second point. Les lois de Dieu sur toutes les créatures : les Iiommes les ^ connaissent en eux. Les autres créatures sont guidées par elles sans les connaître.
Comment les pécheurs falsifient la vérité en eux-mêmes.
Deux choses : avoir les règles dans leur pureté; se regarder dedans. — Nous altérons la règle ; nous déguisons nos mœurs à nous-mêmes : Comparaison ; femme qui cherche une glace trompeuse, et ensuite qui se farde (p. -i, 5, 6, 7) *.
Incidents et doutes sur la règle des mcinirs. — Fausses excuses de la rapine (p. 7, 8, 9, 10).
» Amour-propre. Conversions que fait l'ainour-propre (p. 11, 12, 13, 14, 15, etc.). Fausses conversions (Ihid.). Moyens de connaître les tromperies de l 'amour-propre; deux (p. li, 15, etc.). — Amour-propre fait le zélé (p. l.^, 16, etc.). — Mesure petite
1. M«. fr. 1282.5, f 014-24 ;27;42-57. 4. Dans le second point, le»
2. Ti"" 14. pag'es l'u sermon sont indiquées 8. M». : 1b. «n chiffres romains.
24 CAKÎ.MK DKS CARMÉLITES.
et trompeuse i. Grande cl juste : la charité (p. 17, 18). Notez.
Troisième point, l tiiitc de In correction et [<le la] répréhension. Fnire sentir que c'est p-ir notre faute. S. Aucrustin (p. n, h).
Correction, ferme et inflexible : elle tire - de la tendresse de la charité, compatissante ; de la dureté, de la vérité, inflexible (p. /.;.
Pécheurs cherchent toujours de? excuses. Hérissons. S. Gré- ;,'oire (p. />, C, li).
Nous aimons la vérité quand elle se découvre ; nous la haïssons quand elle nous découvre. S. Augustin (p. e, f). (Juj^ement der nier, p. e).
Faut souffrir d'être repris. Contre ceux qui ne le veulent pas ; nécessité ie la répréhension dans le sacrement de la Pénitence (p. '■, '., /).
Quelle doit être la condescendance chrétienna: dans la charité, et uc;n dans la vérité. S. C>p(rio(i|, A'o/e: (p. h^ i, k).
JusrPTiient dernier (p. k, /, tn). .
Horrible punition sur ceux qui connaissent H vérité et la mépri.st ht (n. l'i) : Desceuderuitt in ii'Jemum vivcntes (p. m). Eu fer des chrétiens.
Si veritate^n dico vobif, quaic non c.iedilis mihi?
Si je vous dis la vérité, pourquoi ne liic croyez-vous pas?
(Joan., VIII, i6.)
On ^ a dit, il y a longtemijs, qu'il n'y a rien de plus fort que la vérité ; et cela se doit entendre principalement de [la] vérité de l'Évangile. Cette vérité, Chrétiens, C}ue la foi nous propose en énigme, comme parle l'apôtre saint Paul, paraît dans le ciel à découvert, révérée de tous les esprits bienheureux ; elle étend son empire jusqu'aux enfers, et quoiqu'elle n'y trouve que ses ennemis, elle les force néanmoins de la reconnaître : Lc>" dénions la croient, dit saint Jacques * : non seulement ils croient, mais ils tremblent. Ainsi la vérité est respectée dans le ciel et dans les enfers ; la terre est au milieu, et c'est là seulement qu'elle est méprisée. Les anges la voient, et ils l'adorent; les démons la haïssent, mais ils ne la méprisent pas, puisqu'ils treml)lent sous sa puissance : c'est nous seuls, ô mortels, qui la mépri-
1. Lâchât, Gandar : honteuse. précédente, à pareil jour. Toutefois,