‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 173 sur 552 · Var. : de douter de la sévérité d'expressions · texte numérisé non relu

Var. : de douter de la sévérité d'expressions

de son jugement. 4. Ce membre de phrase venait

3. Bûssuet reprend ici ce qu'il d'abord un peu plus haut, après : avait sacrifié plus haut dans sa pre- « ne peut pas durer toujours. > Adluière ré.Vt^'tion ; mais il modifie dition, aux deux endroits.

Second Point.

[P. inj Quiconque est persuadé qu'une saç^esse divine le gouverne et qu'un conseil immuable le conduit à une fin éternelle, rien ne lui paraît ni grand ni terrible que ce qui a relation à l'éternité : c'est pourquoi les deux sentiments que lui inspire la foi de la Providence, c'est premièrement de n'admirer rien, et ensuite de ne rien craindre de tout ce qui se termine en la vie présente.

Il ne doit rien admirer, et en voici la raison. Cette sage et éternelle Providence qui a fait, comme nous avons dit, deux sortes de biens, qui dispense des biens mêlés dans la vie présente, qui réserve les biens tout purs à la vie future, a établi cette loi, qu'aucun n'aurait de part aux biens suprêmes, qui aurait trop admiré les biens médiocres. Car la sage ' et véritable libéralité veut qu'on sache distinguer ses dons : Dieu veut, dit saint Augustin, que nous sachions distinguer entre les biens qu'il répand dans la vie présente, pour servir de consolation aux captifs, et ceux qu'il réserve au siècle à venir, pour faire la félicité de ses enfants^ ; ou, pour dire quelque chose de plus fort. Dieu veut que nous sachions distinguer entre les biens vraiment méprisables (ju'il donne si souvent à ses ennemis, et ceux qu'il garde précieusement pour ne les communif(uer qu'à ses serviteurs : Ilœc ownia trihuit etiaw walis, ne magni pcn- (inntur a bonis, dit saint Augustin'^.

[P. 17] Et certainement, Chrétiens, quand, raj)pelant en mon esprit la mémoire de tous les siècles, je vois si souvent les grandeurs du monde entre les mains fies impies; quand je vois les enfants d'Abraham et le seul peuple r|ui adore Dieu relégué en la Palestine *, en un petit coin de l'Asie, environné des superbes monarchies des Orientaux infidèles; et, pour dire quelque chose qui nous touche de plus près, quand je vois cet

l.AHdition mavfjinale, rcjetcc 2. Yjnm^rpG : Aliud [est] solndum

dans Ips nntps ]ia.ï Jjachat et par captivoriim. alind çniirifvm lihcro-

(ianrlar. M. Ga7.ipr lui donne jilace rum. [/n f'f. cxxxvi, n. .').] dans 1p texte, mais plus bas, apiei .S, fn Ps. r,xxii, n. 1 i.

la citariou latine. -1. Var. : en Pal«stin«.

230 c'MjfcMi: Dr i.oi vue.

oiruemi déclaré du nom chrélioii ' souleiiir avec lanl (rarnices les l)lasphèmc.s de Mahomet contre rKvangile, abattre sous son croissant la croix de Jé>vis-('lnist, notre Sauveur, diminuer tous les jours la clirétienté l)ar des armes si fortunées; et c[ue je considère d'ailleurs (|ue, tout déclaré" qu'il est contre Jésus-Ciirist , ce sage distributeur des couronnes le voit du jilus iiaut des cieux assis sur le trône du grand Constant in, et ne craint pas de lui abandonner un si grand empire comme un ])résent de peu d'im|)ortance, lia ! qu'il m'est aisé de comprendre qu'il fait peu d'état (\o telles faveurs ■'' et de tous les biens qu'il donne pour la vie présente! Et toi, ô vanité et grandeur liiunaiiie, triomphe d'un jour, superbe néant, que tu parais peu à ma vue, quand je te regarde par cet endroit !

[P. 18] Mais peut-être que je m'oublie, et (jue je ne songe pas où je parle, quand j'appelle les emjiir<'> et les monarchies un présent de peu d'importance. Non, non, Messieurs, je ne m'oublie pas; non, non, je n'ignore pas' combien grand et combien auguste est le monarque qui nous honore de son audience ; et je sais assez remarquer combien Dieu est bienfaisant en son endroit, de confier à sa conduite" une si grande et si noble partie du genre humain, pour la protéger par sa puissance. Mais je sais aussi. Chrétiens, cjue les souverains ^ pieux, quoique, dans l'ordre des choses humaines, ils ne voient rien de plus grand que leur sceptre, rien de plus sacré que leur personne, rien de plus inviolable que leur majesté, doivent néanmoins mépriser le royaume qu'ils j)ossèdent seuls, au prix d'un autre royaume dans lequel ils ne craignent point d'avoir des égaux, et qu'ils désirent même, s'ils sont chrétiens, de partager un jour avec leurs sujets, cjue la grtâce de Jésus- Christ et la vision bienheureuse aura rendus leurs compagnons : Plus amant illud regninn in qiio 7wn timent haherc consortcs ^ .

Page 1