‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 185 sur 552 · Var. : cela arrive · texte numérisé non relu

Var. : cela arrive

SUR l'ambition. 247

tant, iiiisorable ^ en voulant, le mal, elle le flevient encore plus en l'exocutant ? Ne disions-nous pas dimanche dernier' que le crand crédit fies pécheurs est un fléau f|ue Dieu leur envoie? Pourquoi? sinon, Chrétiens, r(u'en joii^nant l'exécution au mauvais désir', c'est jeter ' du poison sur une plaie diéjà mortelle, c'est ajouter le comble. N'est-ce pas mettre le feu à l'humeur maligne dont le venin nous dévore déjà les entrailles? Le Fils de Dieu reconnaît que Pilate a reçu d'en haut une grande puissance sur sa divine personne ; si la volonté de cet homme" eut été réglée, il eût pu s'estimer heureux en faisant servir ce pouvoir, sinon à punir l'injustice et la calomnie, du moins à délivrer l'innocence. Mais, parce que sa volonté était corrompue par une lâcheté honteuse à son rang, cette puissance ne lui a servi qu'à l'engager contre sa pensée dans le crime du fléicide. ("est donc le dernier des aveuglements, avant que notre volonté soit bien ordonnée, de désirer une puissance (|ui se tournera contre nous-mêmes, et sera fatale à notre bonheur, parce qu'[elle] sera" funeste à notre vertu.

Notre grand Dieu, Messieurs, nous rlonne une autre conduite ; il veut nous mener par des voies imies, et non pas par des j)récij>ices. C'est pourquoi il enseigne à ses serviteurs, non à désirer de pouvoir beaucou}», mais à s'exercer [p. G] à vouloir le bien ; à régler leurs désirs avant que de songer à les '^ satisfaire; à com-

I.Bnssnet avait écrit d'abord: peu heiirsusc ; le passapre ne semble

« en étHnt malheureuse ; J> il efface pas définitivement oorripré. )

r.f mot pour lui substituer <L misera- 4. Gandar : c'est donner le morpn

ble. » k un malade de jeter... — M. Ga/.ipi'

'1. << Ce discours; du troi.= iéine di- a bien vu la tante,

nuinche, anqiiel Ros?net renvfiie (en 5. Var. : fi sa volonté.

ItiHn, n'existe pins...» (Gandar"). (i. Ms. : il sera. — An Hpu de =iip-

— N'aj-ant pa.= davantage celui du iio«er que cet il soit an neutre, il est,

Ijonvre pour le tioisiéme dimanche, pins naturel d'admettre une inaH-

nons ignorons si la phrase pouvait vertance, et de la corriger h vec t.on?

!-e ledire testnellement. les éditenrs. — Ces huit derniers

;'.. Var. : ((u'en lenr accordant la iT)ot.>- sont une addition de 1i)62.

facilité de Contenter leurs mauvais 7. Bossnet avait d'abord écrit:

dfsirs, donner à un malade, — c'est « ii leur satisfaire.» 11 a corrigi-,

Ifnr donner, — le moyen de mettre ]ient-rt,re en partie h cause dn /cjm.v

If venin dans la plaie, et d'ai-croitre ((ni pri'cédp. Un peu plus liant, il

par nne nourriture contraire la ma- di-ait (Ifiiil) : <j satisfaire àtousnos

ligniré qui le dévore, — qui nou.s dé.sirs. > dévore. — (Il reste une construction

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iiicncer leur félicité par une volonté bien ordonné?, avant que de la co)isoninier par une puissance absolue '.

.Mais il est temps, Chrétiens, que nous fassions une aj)plication plus particulière de cette belle doctrine de saint Au2:u>tin. Que fleniande/.-vous, ô mortels? |p. 7] Quoi? {|ue Dieu vous doiuie beaucoup de puissance? Et moi, je réponds avec le Sauveur" : Vous ne savez ce que :ous denuindcz'' . Considérez bien où vous êtes; voyez la mortalité qui vous accable, reç^ardez cette figure du monde qui passe *. Parmi tant de fragilité, sur quoi pensez-vous soutenir cette grande idée de puissance? Certainement un si grand nom doit être appuyé sur (|uel(iue chose: et que trouverez-vous sur la terre qui ait assez de force et de dignité pour soutenir le nom de puissance? Ouvrez les yeux, pénétrez Técorce : la }ilus grande puissance du monde ne peut s'étendre plus loin (|ue d'ôter la vie à un homme ; est-ce donc un si grand effort que de faire mourir un mortel, que de hâter de quelques moments le cours d'une vie qui se précipite d'elle-même? Ne croyez donc pas, Chrétiens, qu'on jîuisse jamais trouver du pouvoir où règne la mortalité : Xarn " quanta potentia potest esse mortalium? VA ainsi, dit saint Augustin '% c'est une saye providence : le j)artage des hommes mortels, c'est d'observer la justice; la puissance leur sera donnée au séjour d'immortalité '^ : Teneant innrtales jusfitiani, potentia irnniortaJihus dahitur.

Que demandons-nous davantage *"? Si nous voulons ce qu'il faut dans la vie présente, nous pourrons tout ce que nous voudrons dans la vie future. Kéulons notre volonté par l'amour do la justice: Dieu nous couron-

t . Anciennes éditions : «j Où jr iv >catons d'une foi vive ipic nous

puis assez arlmirer... » — Vov.plus sommes étrangers snr la terre, nous

haut. p. 10. t^upprimé en 1662. ne désirerons pas avec ambition de

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