‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 189 sur 552 · Var. : ses passions irrémédia- primitif · texte numérisé non relu

Var. : ses passions irrémédia- primitif

blés. 4. Gandar : Celui-là seul e.«t m.iN

3. Ici s'arrête IVmprunt fait à la tve ... — Faute corrigrée par .M. GarfVlaction de liitn. Les mots qui 7,ier. Cf. la réHactiou de 1661 (pim univpnt et qui aclicvent la phrase, haut, p. 14).

€a 1662, sont une addition margi-

désabusé ^ des clioses humaines pour ne point mr-siirer sa félicité à rélévatiiui de sa fortune.

Mais écoutons, C'iirétiens, ce que nous opposent les ambitieux. Il faut, disent-ils, se distiniçuer ; c'est une mar(jue de faililesse de demeurer dans lu comnuui ; les génies extraordinaires se démêlent toujours de la troupe ', et forcent les destinées '. Les exemples de ceux qui s'avancent semblent reprocher aux autres leur peu de mérite; et c'est sans doute ce dessein de se distinajuer (jui pousse l'ambition aux derniers excès. Je pourrais combattre par plusieurs raisons cette pensée de se discerner. Je pourrais vous représenter que c'est ici un siècle de confusion, où toutes choses sont mêlées ; qu'il y a un jour arrêté à la fin des siècles pour séparer les lions d'avec les mauvais, et que c'est à ce grand et éternel discernement que doit aspirer de toute sa force une ambition chrétienne. Je pourrais ajouter encore que c'est en vain qu'on s'efforce de se distinguer sur la terre, où la mort nous vient bientôt arracher de ces places émincntes, pour nous abîmer avec tous les [autres] [p. 14| dans le néant commun de la nature; de sorte que les plus faibles, se riant de votre pompe d'un jour et de votre discernement imaginaire, vous diront avec le Prophète : O homme puissant et superbe, qui pensiez par votre grandeur vous être tiré du pair, « vous voilà blessé comme nous, et vous êtes fait semblable à nous : Et lu vuliicratu^ es siciil cl nos, iinstri !^'vniH< cffcctus es ■* »,

Mais, sans m'arrêter à ces raisons, je denianderai seulement à ces âmes ambitieuses par quelles xoies' elle> prétendent de ^ se distinguer. Celle du vice est honteuse; celle de la vertu est bien longue. La \erlu ordinairement n'est pas assez souple pour ménager la

1. Cc^ nio!? (lipcndent encore de 'ô. C(. l'Oraison funi'bre de Condc, ^ qui saura. > 2« p.

2. Troupe, comme le latin turba: 4. Is , xiv, 10 — Ms : Ecce tu... la feule. — Trente ans plus tard, le 5. Mi*. : voient (uo veat). — Di.s- P. Bouhours condamnera ce ternie traction. L'esprit italt déjà sans pris ainsi absolument, et prononcera doute arrivé à préffiiilenl. qmnd \a, fin'il ne peut sifrnitier que « des gens main ic trouvait en retard de deux de îTiierre. » Cela ne nous autorise mots.

pa* à le condamner dès lfit'>2 ; nous 6. Mot omis dans les ('liitions an-

pnuvons seulement dire qu'il vieil- ttrieurei> à celle de -M. Gazier. lissait.

si'K i/amiu nos. 253

faveur des hommes ; et le vice, (ini ' met tout en œuvre, est plus actif, jjIus pi-essaut, plus prompt ^ que la vertu, (jui ne sort point de ses règles, qui ne marclie qu'à pas comptés, qui ne s'avance (jue par mesure. Ainsi vous vous ennuierez d'une si grande lenteur ; peu à peu votre vertu se relâchera, et après elle abandonnera tout à fait sa première régularité, pour s'accommoder à l'humeur du monde. Ha! que vous feriez bien plus sagement de i-enoncer tout à coup à l'ambition! Peut-être qu'elle' vous donnera de temps [en temps] quelques légères inquiétudes ; mais toujours en aurez-vous bien meilleur marché, et il vous sera bien plus aisé de la retenir que lorsque vous lui aurez laissé prendre goût aux honneurs et aux dignités. Vivez donc content [p. 15] de ce que vous êtes, et surtout que le désir de faire du bien ne vous fasse pas désirer une condition plus relevée. C'est Tapjjfit ordinaire des ambitieux : ils plaignent toujours le public, ils s'érigent en réformateurs des abus, ils deviennent sévères censeurs de tous ceux qu'ils voient dans

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