SUR I/AMBITION
f|ii'ii (Init reconnaître que tout ce que feint la flatterie, tout ce qu'inspire lo devoir, tout ce qu'exécute la fidélité, tout ce qu'il exige lui-même de l'amour, de l'obéissance, de la gratitude de ses sujets, c'est ime leçon perpétuelle de ce qu'il doit à son Dieu, à son souverain. C'est pourquoi samt Grégoire de Nazianze, prè- <haiit à (,'onstantinople en présence des empereurs, leur adresse ces belles paroles : O princes, respectez voire pourpre, rérérez votre propic puissance, et ne l'employez jamais contre Dieu qui volts l'a donnée. Connaissez le grand mystère de Dieu en vos personnes : les choses hautes sont à lui seid, il partage avec vous les inférieures. Soyez donc les sujets de Dieu, et soyez les dieux de vos pe'ijdes. >> (Orat., xxvii).
Ce sont les paroles de ce grand saint que j'adresse encore aujourd'hui au plus grand monarque du monde. Sire, soyez le dieu de vos peuples, c'est-à-dire faites-nous voir Dieu en votre personne sacrée. F"aites-nous voir sa puissance, faites-nous voir sa justice (far. : sa bonté), faites-nous %oir sa miséricorde. Ce grand Dieu est au-dessus de tous les maux, et néanmoins il y compatit et les soulage. Ce grand Dieu n'a besoin de personne, et néanmoins il veut gagner tout le monde, et il ménage ses créatures avec une condescendance infinie. (]e grand Dieu sait tout, il voit tout ; et néanmoins il veut que tout le monde lui parle (rar. : il écoute fout), et il a toujours l'oreille attentive aux plaintes qu'on lui présente, toujours prêt à faire justice. Voilà le modèle des rois : tous les autres sont défectueux, et on y voit toujours quelque tache; Dieu seul doit être imité en tout, autant que le porte la faiblesse humaine. Xous bénissons ce grand Dieu de ce que \'otre Majesté porte déjà sur elle-même une si noble emprpinte de lui même (tar. : de sa justice), et nous le prions humblement d'accroître ses dons sans mesure dans le temps et dans l'éternité, irlmen.