Correction inachevée : Je suis le divin
prêt [à m'écrier]... — Appareni- 11. Première rédaction (ratures) :
ment Bossuet s'est décidé à main- de cette sorte. Messieurs, on voit
tenir sa première rédaction. que tout se brouille et tout se dé-
;">. Thren., il, 15. mêle : tout se dément et tout s'éta-
t;. Var. : son temple, la joie de \A\\, (lapsus : tout se dément tout) ;
toute la terre V tout ^e choque et tout s'accorde ; et
7. Katiu-cs : Est-ce là ce petit c'c»< la liuniére de la foi (pii nous
monde, — cette créature iiumortcllc, tiredccelabyrintlK'. (Lesdeu^ mot-,
faite à l'image de Dieu ? Est-ce là en italiques déjà clfacés avant le
ce petit monde, est-ce là ce chef- reste.)
d'auvrc de la main de Dieu ? C'est Après qu'elle nous a si bien éclai-
lui-même, n'en doutez pas. Et pour- rés, et qu'elle nous a rendus à nous-
quoi... ■? mêmes, gardons-nous bien de nous
s. Raturé : Pourquoi donc toutes méconnaître, et que nos faiblcs.ses
ces piè[ces], — parties si mal rap- honteuses ne nous cachent )x»s notre
]ii)rtéps':' dignité naturelle, ifiis liéla= ! que
'.). /irsfi». )>lai>. On écrivait alors nous profite cette di^rnité Z quel
indiflércmmcut dessin et dessein avantage ';' — Mais hélas I que nous
à nous-mêmes, et nos faiblesses honteuses ne peuvent plus nous cacher notre dignité naturelle.
Mais, hélas ! que nous profite cette dignité ? Quoique nos ruines respirent encore quelque air de grandeur, nous n'en sommes pas moins accablés dessous ; notre ancienne immortalité ne sert qu'à nous rendre ])lus insupportable la tyrannie [p. x] de la mort, et quoique nos âmes lui échappent, si cependant le péché les rend misérables, elles n'ont pas de quoi se vanter d'une éternité si onéreuse. Que dirons-nous, Chrétiens ? que répondrons-nous à une plainte si pressante ? Jésus- Christ y ré[)ondra dans notre évangile. Il vient voir le Lazare décédé, il vient visiter la nature humaine qui gémit sous l'empire de la mort. Ha! cette visite n'est [)as sans cause : c'est l'ouvrier même qui vient en personne pour reconnaître ce qui manque à son édifice ; c'est qu'il a dessein de le reformer suivant son premier modèle ^ : Sccunduiu imagineni cjus qui crcavit illuni ~.
O âme remplie de crimes"^, tu crains avec raison Tinimortalité qui rendrait ta ^ mort éternelle ! Mais voici en la personne de Jésus-Christ la résurrection et la vie "* : qui croit en lui, ne meurt pas ; qui croit en lui, est déjà vivant d'une vie spirituelle et intérieure, vivant par la vie de la grâce qui attire après elle la vie de la gloire. — Mais le corps est cependant sujet à la mort *■ ! — O âme, console-toi : si ce divin arciiitecte, qui a entrepris de te réparer, laisse tomber pièce à pièce ce vieux bâtiment de ton corps, c'est cju'il veut te le rendre en meilleur état, c'est ([u'il veut le rebâtir dans
profile celle d'iKtiitc y et que nous cicruiiù, — cette éternitc leur est
f^ert de comprendre que nos ruines trop onéreuse, — trop à charge. —
respirent encore quelque air de ^rau- l'ar.: son éiernité lui est trop oné-
deur, puisque nous n'en sommes pas reusc, — trop à char.ire, et elle n'a
moins accablés sous leur pesanteur ? pas de quoi s'en glorifier. — (Apro.^
^- Ilpfait aiii.ii : Quoique nos ruine.5 ces laborieuses ratures, Bossuet re-
respirent encoicquel(|ue air de, !:;ran- fond lout le passage : comme dans
deur, nous n'en sommes pas moins le texte.")
accablés dessous. Pour avoir clé I . Var. : le jiremier modèle de...
immortels, en sommes-non^ moins "J. Coloss., m. 10.
la proie de la mort y — HeJ'aHeHcort:: o. Rature.- : O àme ch\ rctiennel,
Notre ancienne immortalité passée, — accablée... remplie de péché.
— notre immortalité ne nous garan- 4. Raturé : la.
tit plus de la mort ; et quoi(pie nos 5. Joan., xi, iô, 2t;.
âmes lui échappent. ,si le péché les li. Var. : est t.oujours sujet à la
rend misérables, (mallicurcnscs. — corrupliou — ((,'c dernier mot cf-
les exclut i.e la vie heureuse), kur face)
un meilleur ordre ; il entrera pour ini peu de temps dans l'tMiipirc de la mort, mais il ne laissera rien entre ses mains, si ce n'est la mortalité.
[P. xi] Ne ^ vous persuadez pas que nous devions reiJiarder la corruption, selon les raisonnements de la médecine, comme une suite naturelle de la composition " et du mélange. Il faut élever plus haut nos esprits et croire, selon les principes du christianisme, que ce qui cngajn'e la chair à la nécessité d'être corrompue, c'est (ju'elle est un attrait au mal, une source de mauvais désirs, enfin une chair de péclié^, comme parle le saint Apôtre. Une telle chair doit être détruite, je dis même dans les élus, parce qu'en cet état de chair de péché, elle ne mérite pas d'être réunie à une âme bienheiu-euse, ni d'entrer dans le royaume de Dieu : Caro et s(tn<fuis rcgiium Dci possidere non posstint *. Il faut donc qu'elle change sa première forme afin d'être renouvelée, et qu'elle perde tout son premier être, pour en recevoir un second de la main de Dieu. Comme un vieux bâtiment irrégulier qu'on néglige^, afin de le dresser de nouveau dans un plus bel ordi-e d'architecture ; ainsi cette chair toute déréglée par le péché et la convoitise. Dieu la laisse tomber en ruine, afin de la refaire à sa ujode, et selon le premier plan de sa création : elle doit être réduite en poudre, parce qu'elle a servi au péclié *'
[P. XII J Ne vois-tu pas le divin Jésus qui fait ouvrir le tondicau? C'est le Prince qui fait ouvrir la prison aux misérables captifs. Les corps morts qui sont enfermés dedans entendront un jour sa parole, et ils l'essusciteront comme le Lazare; ils ressusciteront mieux que le Lazare, parce iju'ils ressusciteront ))our ne mourir plus, et tjue la mort, dit le Saint-Esprit, sera noyée ^
1 . Ici ce phtyait d'abord la page x I me peut suffire à cspli((uer la diffcct dernière de ce second point : u Ne rencc d'aspect de récriture, vois-tu pas le divin Jésus..., » com- 2. Correction à la sanguine, remine ci-dessous. IJossuet retourne plaçant corruption cti'acc. cette feuille, pour ajouter, au dernier S. rioni., vin, 3. moment, sur le verso resté en blanc 4. I Cor., xv, 50. — Ms. : non posle développement qu'où va lire. Ainsi .^idebiml.
la page xi devient la page xil, tout 5. Addition plus récente : * de rc-
en demeurant la dernière du dis- parer (vers 1666). — Var. : qu'on
cours. La nouvelle page xi semble lai.'^.'^e tomber pièce à pièce,
d'abord de date plus récente que le t^. Ms. : etc. (Kécrit vers 1666.)
reste ; mais un changement de plu- 7. Var. : précipitée.
dans l'abîme, pour ne paraître jamais : Et viors ultra non crit '.
Que crains-tu donc, âme clirétienne, dans les approches de la mort ? Peut-être qu'en voyant tomber ta maison, tu appréhendes d'être sans retraite ? Mais écoute le divin Apôtre : Nous savons, nous savons, dit-il, nous ne sommes pas induits ^ à le croire par des conjectures douteuses, mais nous le savons très assurément et avec une entière certitude, que si cette maison Je terre et de boue, dans laquelle nous habitons, est détruite, nous avoîis une autre inaison qui Jious est préparée au ciel ^. O conduite miséricordieuse de celui qui pourvoit à nos besoins ! Il a dessein *, dit excellemment saint Jean C-hrysostome ^, de réparer la maison qu'il nous a donnée : pendant qu'il la détruit et qu'il la renverse pour la refaire ^ toute neuve, il est nécessaire que nous délogions^. Et lui-même nous offre son palais ; il nous donne un appartement, pour nous faire attendre en repos l'entière réparation de notre ancien édifice.
1. Apoc, :^.\I, 4, — Ms. : non crit micntihus. — Ms. : in II Cor. amplius. fi. \Ar. ; reliàtir.
2. Mot souligne, toutefois non 7. Supiinmé : ('arqueferions-nons remplacf'. dans cette jioiidre, dans ce tumulte,
.1. 11 rVii-., V. 1, dans cet embarras ? — (Conservp à