‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 220 sur 552 · A^ar. : la crainte forcée...; l'es · texte numérisé non relu

A^ar. : la crainte forcée...; l'es

POL'R LA FÊTE DE l'aNNONCIATION. 285

votre nom aux siècles des siècles : [p. 4j Exaltobo tf, Deus meus rex ; et henedicam nomini tuo in seculum. et in seculum seculi^. » Voyez comme son amour élève un trône à son Dieu et le fait régner sur le cœur. Si donc Dieu est notre roi, ha ! il est digne de lui de se faire aimer.

Mais laissons ce titre de roi, qui, tout grand et tout auguste qu'il est, exprime trop faiblement la majesté de notre Dieu. Parlons du titre de Dieu, et disons que le Dieu de tout l'univers ne devient notre Dieu on particulier que par l'hommage de notre amour. Pourrai-je bien ici expliquer ce que je pense ? L'amour est en quel- ({ue sorte le dieu du cœur. Dieu est le premier principe et le moteur universel de toutes les créatures ; c'est l'amour aussi qui fait remuer toutes les inclinations et les ressorts du cœur les plus secrets : il est donc, ainsi que j'ai dit, en quelque sorte le dieu du cœur, ou plutôt il en est [l'jidole qui usurpe l'empire de Dieu. Mais, afin d'empêcher cette usurpation, il faut qu'il se soumette lui-même à Dieu ; afin que notre grand Dieu, étant le Dieu de notre amour, soit en même temps le Dieu de nos cœurs, et que nous lui puissions dire avec David : « Defecit caro mea et cor meum ; Deus cordis rnei et pars mea, Deus in seternum^ : Ha! mon cœur languit après vous » par le saint amour : vous êtes donc « le Dieu de mon cœur, » parce que vous régnez par mon amour et que vous régnez sur mon amour même. I P. 5] Entendez donc. Chrétiens, quelle est la force de l'amour, et combien il est digne de Dieu de se faire aimer, (''est l'amour cjui fait notre dieu, parce que {■'est lui qui donne Tempire du cœur. C'est ijourfiuoi Dieu (^onnnande avec tant d'ardeur : Vous aimerez le Seigneur votre Dieu de tout votre cœur, de tout votre esprit, de toutes vos forces, de toute votre puissance'^. Pour(|uoi cet empressement de se faire aimer? C'est le seul tribut qu'il demande ; et c'est la mar([ue la plus illustre^ fie sa souveraineté, de son abondance, de sa grandeur infinie. Car (]ui n'a besoin de rien ne demande rien aussi, !-iiioii

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