Première rédaction (raturée) : 4. Yar. : de se convertir
SUR l'efficacité de la pénitence. 299
Tous trois méprisent leur conversion ^. Plusieurs, endurcis dans leurs crimes, regardent leur conversion comme une chose impossible, et dédaignent ^ [de] s'y appliquer. Plusieurs se la figurent trop facile, et ils la diffèrent de jour en jour comme un ouvrage qui est en leur main^, qu'ils feront quand il leur plaira. Plusieurs, étant convaincus du péril qui suit les remises '*,[la] commencent ; mais la commençant mollement^, ils la laissent toujours imparfaite. Voilà les trois défauts qu'il nous faut combattre par l'exemple de Madeleine, qui enseigne à tous les pécheurs que leur conversion est possible, et qu'ils doivent l'entreprendre ; que leur conversion est pressée, et qu'ils ne doivent point la remettre ; enfin que leur conversion est un grand ouvrage, et qu'il ne le faut point faire à demi, mais s'y donner d'un cœur tout entier.
Ces trois considérations m'engagent à vous faire voir, par trois discours, l'efficace de la pénitence, qui peut*^ surmonter les plus grands obstacles; l'ardeur de la pénitence, qui doit vaincre tous les délais; l'intégrité de la pénitence, qui doit anéantir tous les crimes et n'en laisser aucun reste. Je commencerai aujourd'hui à établir l'espérance des pécheurs par la possibilité de leur conversion, après avoir imploré le secours d'en haut... [Ave, Maria. \
[P. 1] Les pécheurs aveugles et malavisés arrivent enfin par leurs désordres à l'extrémité de misère qui leur a été souvent prédite. Ils ont été assez avertis qu'ils travaillaient à leurs chaînes par l'usage licencieux de leur liberté; (ju'ils rendaient leurs passions invincibles en les flattant, et qu'ils gémiraient quelque jour fie s'être engagés si avant dans la voie de perdition, qu'il ne [leur] est presque plus possible ' de retourner sur