‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 249 sur 552 · Ce qui suit ju.=qn"à(( rappelez»... gâte: invocabo · texte numérisé non relu

Ce qui suit ju.=qn"à(( rappelez»... gâte: invocabo

11 faudrait ici vous représenter la faiblesse d'une âme épuisée par l'attaclie à la créature; mais, comme je veux être court, j'en dirai seulement ce mot, que j*ai appris de saint Augustin, cjui l'a appris de l'Ajjôtre. L'empire qui se divise s'affaiblit, les forces qui se partagent se dissipent. Or il n'y a rien ^ sur la terre de plus misérablement partagé que le cœur de l'homme : toujours, dit saint Augustin^, une partie qui marche et une partie cjui se traîne ; toujours une ardeur qui presse, avec un poids qui accable; toujours aimer et haïr, vouloir et ne vouloir pas, craindre et désirer la même chose. Pour se donner tout à fait à Dieu, il faut continuellement arracher son cœur de tout ce qu'il voudrait aimer. La volonté commande, [p. 11] et ellemême cjui commande ne s'obéit pas, éternel obstacle à ses désirs propres ^. Ainsi, dit saint Augustin, elle se dissipe elle-même; et cette dissipation, quoiqu'elle se fasse malgré nous, c'est nous néanmoins qui la faisons.

Dans une telle langueur de nos volontés dissipées, je le confesse. Messieurs, notre impuissance est extrême : mais voyez le bon Pasteur qui vous présente ses épaules. N'ave2-vous pas ressenti souvent certaines volontés fortes, desquelles si vous suiviez l'instinct généreux, rien ne vous serait impossible? C'est Jésus-Christ qui vous soutient, c'est Jésus-Christ qui vous porte.

[P. 13] Que reste-t-il donc, mes Frères, sinon que je vous exliorte à ne recevoir pas en vain une telle grâce : Xe in vacuum grat'unn Dei recipiatis^r Pour vou^ jiresser de la recevoir, je voudrais bien, Ciirétiens, n'employer ni l'appréhension de la mort, ni la crainte de l'enfer et du jugement % mais le seul attrait de l'amour divin. Et, certes, en commençant de respirer l'air, nijus devions ^ commencer aussi de respirer, pour ainsi [dire], le divin amour, ou, parce que notre raison em-

1. Yar. : Et il n'y a ri^n. sur la Mort, sur l Jmpénttence finale,

2 Conf. lib. VÎI, cap. IX, X. — tur l'Enfer.

ÏIs. : lib. VIIT. cap. X. 6. Cet admirable discours est

3. Yar. : elle est un éternel près- ^crit avec beaucoup de précipitiiseinent et nn éternel obstacle à tion : les lapsus y sont nombreux, elle-même; elle est toujours aux Par exemple: (( ...nous ».e devions luains avec s^s propres désirs. commencer aussi de respirer pour

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