Var. : munis contre l'avenir. de la pénitence
SIR l'intégrité de la pénitence. 33?
Le roi Saiil, repris hautement par Sauiuël,le propliète, d'avuir (lésot)éi à la loi de Dieu, confesse c(u"il a péché : J'ai pécJté, (lit-il, grand Prophète, en méprisant vos paroles et les paroles du Seigneur ; mais honorez-moi devant les grands et devant mon peuple, et venez adorer Dieu avec moi '. Honorez-moi devant le peuple : c'està-dire ne me traitez pas comme un réprouvé, de peur que la majesté ne soit ravilie. C'est en vain qu'il dit : J'ai péché. Sa douleur, comme vous voyez, n'était qu'une feinte et une adresse de sa politique. Ha! que la politique est dangereuse, et que les çrands doivent craindre qu'elle ne se mêle toujours trop avant dans le culte qu'ils rendent à Dieu ! fp. 4] Elle est de telle importance, ([ue les esprits sont tentés d'e^i faire leur capital et leur tout. Il faut de la religion pour attirer le respect des peuples : prenez garde, ô grands de la terre, que cette pensée ne se mêle trop' aux actes de piété et de pénitence que vous pratiquez. Il est de votre devoir d'édifier les peuples ; mais Dien ne doit pas être frustré de son sacrifice, qui est un cœur contrit véritablement et affligé de ses crimes.
Mais je vous ai dit. Chrétiens, qu'il y a encore une tromperie plus fine et plus délicate, par laquelle le pécheur se trompe lui-même. O Dieu ! est-il bien possible que l'esprit de séduction soit si puissant dans les hommes que leurs propres pensées les fiéçoivent ' ! Il n'est que trop véritable. Non seulement, dit Tertullien, nous imposons à la vue des autres, ce mais même nous jouons notre conscience : Nostram quoque conscieniiam ludimus ''. » Oui, Messieurs, il y a deux hommes dans l'homme, aussi inconus l'un à l'autre que seraient deux hommes différents ; il y a deux cœurs dans le cœur humain : l'un ne sait pas les pensées de l'autre, et souvent, pendant que l'un se plaît au péché, l'autre contrefait si bien le pénitent, que l'homme lui-même ne s'y ' connaît
I.YAlt. : Peccari. f'I nuvc honora "> Edit : que non seulement ils
me coram seninrihits populi mei, et trompent les autres, mais (jue leurs
cnrnm Israël (l Reof.. X v, 30). — propres pensées... — On n'a pa3
Bossuet écrit ce texte, puis l'écarté, tenu compte delà correction de Tau-
pour ne pas séparer la traduction et leur,
le commentaire qu'il en fait 4. Ad Nation., lib. T. n. 16.