‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 271 sur 552 · EpiM. f ad Donat. 5 Var. : à la mer et à la naviga · texte numérisé non relu

EpiM. f ad Donat. 5 Var. : à la mer et à la naviga

tion

3. Var. (inachevée) : et que les loindres approches... — Les édiîurs l'insèrent dans le texte en la complétant. face

moindres approches... — Les édi- 6 Edit : à ma pensée.

teurs l'insèrent dans le texte en la 7 Édit. : irrités. — Ce mot est ef-

ce commerce qui a soulevé en ton cœur toutes les tempêtes, et tu ne te défies pas d'une faiblesse trop e^ trop souvent expérimentée. Ha! tu ne dois plus rien attendre qu'un dernier naufrage qui te précipitera au fond de l'abîme \

Jusques ici, Chrétiens, j'ai parlé à tous indifféremment; mais notre sainte pénitente semble m'avertir de donner en particulier quelques avis à son sexe. Plutôt qu'elle leur parle elle-même, et qu'elle les instruise par ses saints exemples. Dans cette délicatesse presque efféminée que notre siècle semble affecter, il ne sera j)as inutile aux hommes^.

Elle répand ses parfums, elle jette ses vains ornements, elle néglige ses cheveux : Mesdames, imitez sa conversion '^. Une des précautions les plus nécessaires jiour conserver la grâce de la pénitence, c'est le retranchement, de vos vanités. Car est-ce pas s'accoutumer insensiblement à un grand mépris de son âme'', que d'avoir tant d'attache à parer son corps? [p. 22] La nécessité et la pudeur ont fait les premiers habits ; la bienséance s'en étant mêlée, elle y a ajouté quelques ornements ; la nécessité les avait faits simples, la pudeur les faisait modestes ; la bienséance se contentait de les faire propres : la curiosité s'y étant jointe, la profusion n'a plus de bornes; et, pour orner ce corps mortel et cette boue colorée, presque toute la nature travaille, presque tous les métiers suent, presque tout le temps se consume, et toutes les richesses s'épuisent.

Ces excès sont criminels en tout temps, parce qu'ils sont toujours opposés à la sainteté chrétienne, à la modestie chrétienne, à la pénitence chrétienne; mais* les peut-on maintenant souffrir, dans ces extrêmes misères où, le ciel et la terre fermant leurs trésors, ceux qui

1. Yar. : dan? l'abîme. ce qui suit : « Elle répand... )) pn :

2. Les éditeurs complètent à leur ff J/arfc/cine répand... »)

imnière : « ...il ne sera pas inutile 3. Var. :et honorez la pratique de

au Y hommes [d'écouter les leçons la pénitence par le retranchement

que Madeleine donne aux personnes de vos vanités. — Les éditeurs mê-

de son s^xe en particulier]. >> Rem- lent ici le texte et la variante,

plissage superflu : il signifiait t-^/a. 4.A''ar. : Est-ce pas ouvertement

Du reste, l'orateur aura peut-être, mépriser son âme...

en introduisant cette addition mar- n. Yar. : opposés à la modestie

ginale dans son discours, changé chrétienne ; mais...

SUR l'intégrité de la pénitence. 353

subsistaient par leur travail sont réduits à la honte de mendier ' leur vie ; ou, ne trouvant plus de secours dans les aumônes particulières, ils cherchent un vain refuge dans les asiles publics de la pauvreté, je veux dire les hôpitaux ", où, par la dureté de nos cœurs, ils trouvent encore la f^im et le désespoir? Dans ces états déplorables, peut-on songer à orner son corps, et ne tremble-t-on pas de porter sur soi la subsistance, la vie, le patrimoine des pauvres? « O force de l'ambition, dit Tertullien, de pouvoir ^ porter sur soi seule ce c^ui pourrait faire subsister tant d'hommes mourants! Hœ sunt vires ambitionis, tantarum usurarum subitantiam uno et muliebri corptisculo bajulare*. »

[P. 23] Que vous dirai-je maintenant. Mesdames, du temps infini qui se perd dans de vains ajustements? La grâce de la pénitence porte une sainte précaution pour conserver saintement le temps et le ménager pour l'éternité "* ; et cependant on s'en joue, on le prodigue sans mesure jusqu'aux cheveux, c'est-à-dire la chose la plus nécessaire à la chose la plus inutile. La nature, qui ménage tout, jette les cheveux sur la tête ® avec nonchalance^, comme un excrément^ superflu. Ce que la nature a prodigué* comme superflu, la curiosité en fait une attache ; elle devient inventive et ingénieuse pour se faire une étude d'une bagatelle, et un emploi d'un amusement. Madeleine ^^ ne le fait pas ; elle méprise ces soins superflus, et se rend digne d'entendre qu'il n'y a plus qu'une chose qui soit nécessaire ^\ E?t-

L Var. : quêter. 7. Var. : avec négligence

2 Var : dans les asiles publics, 8 Ce mot, que nous avona déjà

dans les hôpitaux. rencontré dans un semblable déve-

3. Var : 0 ambition, dit TertuI- loppement, signifiait excroUtance. lien, que lu es forte de pouvoir... 9 Var • a donné.

4. De Cuit femin . lib I, n 8 — 10 Addition marginale, substi Ms... : patrimonia pauperum uno tuée à celle-ci, que l'auteur laisse fuque muliebri corpusculo laborare inachevée • « Ha ! que dans ces Ce dernier mot semble un lapsus. soins superflus les pensées nécea-

5. Var : La grâce de la pénitence saires... » — Deforis achève, seloQ vous doit apprendre à le conserver son habitude, et introduit le tout — Les anciens éditeurs mettent dans la trame du discours. Plaçant dans le texte l'une et l'autre rédac- en outre la phrase u Madeleine ne tion. le fait pas... » après u Est-ce ainsi

6. Ms. : jette sur les cheveux sur pour réternité ? o il prête à son la lête. — NouTelle distraction de auteur l'incohérence la plus bizarre, la plume. -« H. Luc, X, 42.

Sermons de Bossuet, — IV. 23

ce ainài que vous voulez réparer le temps et le ménager pour réteniité? :

Mais, ô Dieu! pour qui vous parez-vous tant? O iJieu ! encore une l'ois, songez-vous bien à qui vous préparez cette idole? Si vous vous êtes donnée à Dieu par la pénitence, pensez-vous lui pouvoir conserver longtemps sa conquête pendant que vous laisserez encore flatter votre vanité à ces malheureuses conquêtes qui lui arrachent les âmes qu'il a rachetées? Ne me dites pas... ^ — a Tu colis,, qui iacîs ut coli possint ^ : Tu fais plus que les adorer, parce que tu [leur^J donnes des adorateurs. »

Quittez donc ces vains ornements, à l'exemple de Madeleine, et revêtez-vous de la modestie, non .seulement de la modestie, mais [p. 24] de la gravité chrétienne, qui doit être comme le partage de votre sexe. Tertullien, qui a dit si sagement que la crainte était l'instrument de la pénitence, a dit avec le même bon sens que la gravité était la compagne et l'instrument nécessaire pour conserver la pudeur : Quo pacto pudicitîam sine instrumento suo, id est sine gravitate tractabimus ^ ? Je ne le remarque pas sans raison : je ne sais quelle fausse liberté s'est introduite en nos mœurs, qui laisse perdre le respect ; qui, sous prétexte de simplicité, nourrit la licence^; qui relâche^ toute retenue par un enjouement inconsidéré. Ha! je n'ose penser les suites funestes de cette simplicité malheureuse. Il faut <le la gravité et du sérieux pour conserver la pudeur entière, et faire durer longtemps la grâce de la pénitence..

Chrétiens, que cette grâce est délicate, et qu'elle veut être conservée précieusement ! Si vous voulez la garder, laissez-la agir dans toute sa force. Quittez le ])éché et toutes ses suites; arrachez l'arbre et tous ses rejetons, guérissez la maladie avec tous ses symptômes

1. Objection simplement indiquée, mais il ne faut pas hésiter à la Corel suivie aussitôt de sa réfutation. riger. Ceci, on le voit, n'est pas rô- Le sens est : a Ne me dites pas : Je digé.

u'ai pas l'intention d'exciter les 4. De cultufemin., lib. II, n. 8. —

passions... » Ms. : sine instrumento ejus, id est

. 2. Terinll., De Idolol.,n.&. gravitate...

3. Edit. : tuluidonnes... — Cette 5. Var. : une entière licence,

incohérence est bien au manuscrit ; (J. Yar. : qui étouffe...

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