Hebr., x, 20. 4. Le copiste a lu : les lois. Il e.=t
2. Matth., XX VII, 46. vrai qu'il écrit ensuite : « et offenî^é
3. Serré de pvés, étreint par la m doctî'ine. y> Bossuet remplace ce )ier.<t'cution ; mais iiou réduit au UHit fautif i^ar ((justice ».
POIR I,K VENDREDI SAINT. 3H7
porter : il porte le dédain d'un Dieu, parce qu'il ciie et [que'] son Père ne Técoute pas; et la colère d'un Dieu, parce qu'il prie et que «on Père ne l'exauce pas ; et la justice d'un Dieu", parce qu'il souffre et que son Père ne s'apaise pas. Il ne s'apaise pas sur son Fils, maia il s'apaise sur nous. Pendant cette guerre ouverte qu'un Dieu vengeur faisait à son Fils, le niystère de notre paix s'achevait ; on avançait pas à pas la conclusion d'un si grand traité; et Dieu était en Clirist, dit le saint .Apôtre ^, se réconciliant le monde.
Comme on voit quelquefois un grand orage : le ciel semble s'éclater et fondre tout entier sur la terre ; mais en même temps on voit* qu'il se décharge peu à peu, jusqu'à ce qu'il reprenne^ enfin sa première sérénité, calmé et apaisé, si je puis parler de la sorte, par ea propre indignation ; ainsi la justice divine, éclatant sur le Fils de Dieu de toute sa force, se passe peu à peu en se déchargeant ; la nue crève et se dissipe ; Dieu commence à ouvrir aux enfants d'Adam cette face bénigne et riante ; et, par un retour admira])le qui comprend tout le mystère de notre salut, pendant qu'il délaisse son Fils innocent pour l'amour des hommes coupables, il embrasse tendrement les honnnes coupables pour l'amour de son Fils innocent.
Jetons-nous donc. Chrétiens, dans les horreurs salutaires du délaissement de Jésus; comprenons ce que c'est que [de] délaisser Dieu et d'être délaissé dô Dieu.. Nos cœurs sont attachés à la créature ; elle y règne, elle en exclut Dieu : c'est pour cela que cet outrage est extrême, puisfjue c'est pour le réparer que Jésus s'expose à porter pour nous le délaissement et le dédain fie son propre Père. Retournons à Dieu, Chrétiens, et recevons aujourd'hui la grâce de réunion avec Dieu, f|ue ce délaissement nous mérite.
Mais poussons encore plus loin, et voyons dans la Pr.^>ion de notre Sauveur tous les motifs particulier.^
1. Ce que, ajouté par le? éditeur», 2. Six niot< ouTilié? i)ar le copiste ;
n'(:st nécessaire que parce qu'il se rétablis ])ar l'auteur,
lit ilims les autres ineiubres de la ."î. II Cor., v, H»,
phrase. Le dernier est même une 4. Deux. mots autoeraiihe?.
correctiou de la prujirc main de ô. Var. : qu'il rejni^nd. — La sur-
Bo.ssuet. chai-gc est autographe '
que nous avons de ^ nous détacher de la créature. Il faut iluiic savoir, Chrétiens, qu'il y a daa^s la créature un principe de malignité qui a fait dire à saint Jean, non seulement que le monde est malin, mais qii^il n^est autre chose que mulignité^. Mais, pour haïr davantage ce monde malin et rompre les liens qui nous y attachent, il n'y a rien, à mon avis, de plus efficace que de lui voir répandre contre le Sauveur toute sa malice et tout son venin. Venez donc connaître le monde en la Passion de Jésus; venez voir ce qu'il faut attendre de l'amitié, de la haine, de l'indifférence des hommes; de leur prudence, de leur imprudence; de leurs vertus, de leurs vices ; de leur appui, de leur abandon ; de leur probité et de leur injustice. Tout est changeant, tout est infidèle, tout se tourne en affliction et en croix ; et Jésus nous en est un exemple.
Oui^, mes Frères, tout se tourne en croix; et premièrement les amis. Ou ils se détachent par intérêt, ou ils nous perdent par leurs tromperies, ou ils nous quittent par faiblesse, ou ils nous secourent à contretemps, .selon leur humeur et non pas selon nos besoins ; et toujours ils nous accablent.
Le perfide Judas nous fait voir la malignité de l'intérêt, qui r-oinpt les amitiés les plus saintes. Jésus l'avait appelé parmi ses apôtres; Jésus l'avait lionoré de sa confiance particulière et l'avait établi le dispensateur de toute son économie : cependant, ô malice du cœur humain! ce n'est jjoint ni un ennemi ni un étranger, ("est Judas, ce cher disciple, cet intime ami, t|ui le iiahit, qui le livi-e, qui le vole premièrement, et après le vend lui-même ])our un léger intérêt : tant Famitié, tant la confiance est faible contre l'intérêt! Ne dites ])as : Je choisirai ^ bien ; qui sait mieux choisir que Jésus? Ne dites pas : Je vivrai bien avec mes amis; qui les a traités plus bénignement que Jésus, la bonté et la douceur même? Détestons donc l'avarice, qui a fait ])reniièrement un voleur et ensuite un traître même d'un
1. Quatre mots ajoutés par Bos- 3. Copiste : Quoi ? — Bo??uet cor- En^t. — Copiste : ...particuliers/'our rige.
iiuus flétaclier... 4. Copiste : je choisirais. — Bos-