Rom., vu. 2 t
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gue : tant il est vrai que tout meurt en nos corps, jusqu'à ces ternies funèbres, par lesquels on exprimait nos malheureux restes : Post totum illiid ignobilitatis clogium, caducœ carnis in orîginem terrmn, et cadaveris nomen ; et de isto quoque noniine periturse in nulhtm inde jitm nomen, in omnis jam vocahuJi mortem ^. »
Et vous vous attachez à ce corps, et vous bâtissez sur ces ruines, et vous contractez avec ce mortel une amitié immortelle ! O ! que la mort vous sera cruelle ! O ! c^ue vainement vous soupirerez, disant avec ce roi des Amalécites : « Siccine séparât amara mors ' ? Est-ce ainsi que la mort araère sépare de tout ? » Quel coup ! quel état ! quelle violence !
Il n'y a que l'homme de bien qui n'a rien à craindre en ce dernier jour. La mortification lui rend la mort familière ; le détachement des plaisirs le désaccoutume du corps, il n'a point de peine à s'en séparer ; il a déjà depuis fort lonotemps ou dénoué ou rompu les liens les plus délicats qui nous y attachent. Ainsi le Père Bourgoing ne ])eut être surpris de la mort : « Ses jeûnes et ses pénitences l'ont souvent avancé dans son voisinage, comme pour la lui faire observer de près : Sœpe jejunans moHem de proximo novit ; » pour sortir du monde plus légèrement, (c il s'est déjà déchargé lui-même d'une partie de son corps, comme d'un empêchement importun à l'âme : Pnemisso jam sangainis suceo, tanqiiam animœ impedijnento^.y> Un tel homme, dégagé du siècle, qui a mis toute son espérance en la vie future, voyant approcher la mort, ne la nomme ni cruelle ni inexorable: au contraire, il lui tend les bras, il lui présente sans murmurer ce qui lui reste de corps, et lui montre luimême l'endroit où elle doit frapper son dernier coup. O mort, lui dit-il d'un visage ferme, tu ne me feras aucun mal, tu ne m'ôteras rien de ce qui m'est cher ; tu me sépareras de ce corps mortel; ô mort, je t'en remercie : j'ai travaillé toute ma vie à m'en détaciier, j'ai tâché de mortifier mes appétits sensuels; ton secours, ô mort, m'était nécessaire pour en arracher jusqu'à la racine. Ainsi, bien loin d'interrompre le cours
1. Tertull., (le liesur. Carn., n. 4. 3. TertulL. de Jejun.. n. 12.