AUX NOUVELLES CATHOLIQUES
fliction. Mais nous lisons aussi en l'Exode, lorsque Dieu fit pleuvoir la manne, qu'il parle ainsi à Moïse : « Je pleuvrai, dit-il, des pains du ciel : Ecce ego pluam vobis panes de cxlo S) ; et il ajoute aussitôt après : C^est afin (Véproiiver mon peuple, et de voir s^il marcliera dans toutes mes voies ^ : et voilà en termes formels l'épreuve des prospérités et de l'abondance : Ut tentem eum utrum anihulet in lege mea, an non ^.
Toutes choses, dit le saint Apôtre * arrivaient en figure au peuple ancien, et nous devons rechercher la vérité de ces deux éjjreuves dans la nouvelle Alliance. Je vous en dirai ma pensée, pour servir de fondement à tout ce discours.
Je ne vois dans le Nouveau Testament que deux voies pour arriver au royaume : ou celle de la patience, qui souffre les maux, ou celle de la charité, qui les soulage. La grande voie et la voie royale par laquelle Jésus- Christ a marché lui-même, c'est celle des afflictions. Le Sauveur n'appelle à son banquet que les faibles, que les malades, que les languissants ^ ; il ne veut voir [p. 3] en sa compagnie que ceux qui portent sa marque, c'est-à-dire la pauvreté et la croix. Tel était son premier dessein, lorsqu'il a construit ^ son Église. Mais, si tout le monde était pauvre, qui pourrait soulager les pauvres et leur aider à soutenir le fardeau (jui les accable ? C'est pour cela. Chrétiens, cju 'outre la voie des afflictions, C|ui est la plus assurée, il a plu à notre Sauveur d'ouvrir un autre chemin aux riches et aux fortunés, c^ui est celui de la charité et de la comnmnication fraternelle. Si vous n'avez pas cette gloire de vivre avec Jésus- Christ dans l'humiliation et dans l'indigence ^ , voici une autre voie qui vous est montrée, une seconde espérance qui vous est offerte ; c'est de secourir les misérables, et d'adoucir leurs douleurs et leur [s] amertumes. Ainsi Dieu nous éprouve en ces deux manières : Tentât vos Domimis Deus vcster^. Si vous vivez dans l'afflic-