I Oor., X, 11. marginale. Les éditeurs la placent
5 Luc, XIV. 21, lin peu plus loin).
6 Var. : formé. — Cette phr?(se
'l2n SKRMOX DE CHARITÉ
tion, croyez (jue le Seigneui' vous éin-ouve pour reconnaître votre patience ; si vous êtes dans l'abondance, croyez que le Seigneur vous éprouve pour reconnaître votre charité. Par là vous voyez, mes Frères, les deux épreuves diverses dont je vous ai fait l'ouverture.
La vue de mon auditoire me jette profondément dans cette pensée \ Car que vois-je dans cette assemblée, sinon l'exercice de ces deux épreuves ? Deux objets attirent mes yeux, et doivent aujourd'hui partager mes soins. Je vois d'un côté des âmes souffrantes, que la profession de la foi expose à de grands périls ; et de l'autre, des [p. 4] personnes de condition qui semblent ici accourues" pour soulager leurs misères''. Je suis redevable aux uns et aux autres; et pour m'acquitter envers tous, j'exhorterai chacun de mes auditeurs en ])articuHer à être fidèle à son épreuve *. Je vous dirai, mes très chères Sœurs : Souffrez avec soumission, et votre foi sera épurée par l'épreuve de la patience. Je vous dirai, Messieurs et Mesdames : Donnez libéralement, et votre charité sera épurée par l'épreuve de la compassion. Ainsi cette exhortation sera partagé[e] "' entre les deux sortes de iiersoniie.s qui composent cette asseml>lée ; et le partage que je vois dans mon auditoire, fera celui de ce discours ''.
Premier Point.
Je commence par vous, mes très chères Soeurs, ncniveaux enfants de l'Eglise et ses plus chères déhces ; }iouveaux arbres qu'elle a })lantés, et nouveaux fruits cju'elle goûte. Je ne puis m'empêcher d'abord de vous témoigner devant Dieu que je suis touché de vos maux : la séparation de vos proches, les outrages dont ils vous
l.Var. ; me fait penser à ces après au<liteurs. Une première rechoses, daction effacée présentait une syn-
2. Édit. : accourir. (Nouvelle er- taxe plus archaïciue :« J'exhorterai
reur de lecture.) l'u chacun de vous d'être fidèle .\
n. Var. : leurs calamités. . son épreuve. »
4. Édit. : eu particulier chacun de 5. Var. : mon discours sera pariâmes auditeurs. — On peut être tenté gé.
de lire ainsi. Mais les deux premiers . 6. Premilre rcihiciiim (var.)... d»
mots sont une seconde surcharge, la compassion : c'est le sujet de ce
pour laquelle la place manquait discours.
AUX NOUVELLES CATHOLIQIES . 427
accablent, les dures persécutions qu'ils font à votre innocence ^, les misèî-es et les périls où votre foi vous expose m'affligent sensiblement ; et, comme de si grands besoins et des extrémités si pressantes demandent un secours réel, j'ai peine, je vous l'avoue, à ne vous donner que des paroles. Mais, comme votre foi en Jésus- Christ ne vous permet pas de compter pour rien les paroles de ses ministres, ou plutôt ses propres paroles, dont ses ministres [p. 5] sont établis les dispensateurs, je vous donnerai avec joie un trésor de consolation dans des paroles saintes et évangéliques, et je vous dirai "* avec saint Basile ^ : Vous souffrez, mes trh chères Sœurs: devez-vous vous en étonner^, étant chrétiennes ? Écoutez le grand saint Basile^ : Le soldat se reconnaît par les hasards^ ; le marchand, par la vigilance; le laboureur, par son travail opiniâtre ' ; le courtisan, par ses assiduités; et le chrétien, par les douleurs et les afflictions. Ce n'est pas assez de le dire: il faut établir cette vérité par quelque principe solide, et faire voii", en peu de paroles, que l'épreuve de la foi, c'est la patience. Mais, afin de le bien entendre, examinons, je vous prie, quelle est la nature de la foi, et la manière divine dont elle veut être prouvée.
I>a foi est une adhérence du cœur à la vérité éternelle, malgré tous les témoignages et des sens et de la raison**. De là, vous pouvez comprendre qu'elle dédaigne tous les arguments que peut inventer la sagesse humaine. Mais, si les raisons lui manquent, le Ciel même lui fournit des preuves, et elle est suffisamment établie par les miracles et par les martyres.
C'est, mes Frères, par ces deux mo3'ens qu'a été soutenue la foi chrétienne. Elle est venue sur la terre
L Ceci n'est pas, croyons-nous, 6. Yar. : périls,
une variante. L'incise qui précède 7. Var. : assidu.
est une addition initrlinéaire. S. Var. : malg-ré tout le ténioi-
2. Edit. : je vous dirai avant toutes gnage... — Correction de date phi.i choses, avec le grand saint Basile. — récente : malgré toutes les raisons. Cinq mots soulignés, c'est-à-dire ef- — Bossuet a sans doute remarqué faces, à cause de l'addition qui suit, qu'on pouvait donner une interpré-
3. Homil. in famé et siccit., n. 5. tation fâcheuse de sa rédaction pri-