Var. : qu'elle ne leur donne 6. Var. : du supérieur
rien dorénavant. 7. Var.: et afin d'empêcher, si
4. Kdit. : à vou?-mêmc. — Le ma- nous le pouvons, nuscrit porte le pluriel. Le sens re-
nous pouvons condamner; ou plutôt ne distinguons rien de nous-mêmes, mais écoutons la distinction que nous donne l'Apôtre. Il y en a dont les actions sont manit'estement criminelles, et d'autres dont les conduites ])euvent avoir un bon et un mauvais sens. Il faut aujourd'hui poser des maximes pour bien régler notre jugement dans ces deux rencontres, de peur cju'il ne s'égare et ne se dévoie. Cette distinction est très importante, et saint Paul n'a pas dédaigné de la remarquer lui-même, écrivant ces mots à saint Timothée ^ : Il y a des hommes, dit-il, dont les péchés sont manifestes, et précèdent le jugement que nous en faisons; et aussi il y en a d'autres qui suivent \
Ce passage de l'Apôtre est assez obscur; mais l'interprétation de saint Augustin nous éclaircira sa pensée. Il y a donc des actions, dit saint Augustin ^, qui portent leur jugement en [p. 5J elles-mêmes et dans leurs propres excès. Par exemple, pour nous restreindre aux termes de notre évangile, un adultère public, c'est un crime si manifeste, que nous pouvons condanmer sans témérité ceux qui en sont convaincus, parce que la condamnation que nous en faisons est si clairement précédée par celle qui est empreinte dans la malice de l'acte, que le jugement que nous en portons, ne pouvant jamais être faux, ne peut par conséquent être téméraire. Mais il y a d'autres actions, dont les motifs sont douteux et les intentions incertaines, qui peuvent être expliquées, ainsi que j'ai dit'', d'un bon ou d'un mauvais sens. De telles actions, dit l'Apôtre, ne portent pas en elles-mêmes leur jugement, parce qu'il ne nous paraît pas dans quel esprit on les fait; si bien que, dans le jugement que nous en faisons, nous accommodons ordinairement, non point notre pensée à la chose, mais la chose à notre pensée. Ainsi, dil le saint Apôtre, le
L Tim., V, 24. qurpdmm aiUem et subsrqtiunlur. —
2. Var. : dont le jugement suit les Apparemment, d'aiilrrf veut dire,
actions. ÉiJit.: qui suivent le jupe- dans la seconde rédaction, ti'«ru/?f.?
ment. — Leçon arbitraire. Bok~uet pécJiéf. que l'examen seul révèle,
veut traduire littéralement, sauf à en certains hommes.
expliquer ensuite. Il met un point 3. De Serm. Domiu. in mnvte, lib.
après fiiiiifnf.— En marge, le latin: H. cap. xviri, n. 60.
Qiiorumdam hominiim peccatn mrnii- 4 p]dit.: ainsi que je l'ai dit. —
J'esta sunt, prœcedentia adjudicitun ; Erreur de lecture.
jugement ne précède pas dans la chose même ; nous ne recevons pas la loi. mais nous la donnons sans autorité ; la sentence que nous prononçons n'est donc qu'une j)ure idée, le songe d'un homme qui veille, le jeu ou l'égarement d'un esprit qui bâtit en l'air, et qui feint ^ des tableaux dans les nues ; mais le jugement véritable suivra en son temps. Viendra le grand jour de Dieu, où tous les secrets des cœurs seront découverts, tous les conseils publiés, toutes les intentions éclaircies ; et, en attendant, Chrétiens, le jugement du Seigneur n'ayant pas encore paru, celui que nous porterions, en cela même que très souvent il pourrait être ' douteux et trompeur, serait toujours nécessairement téméraire et dangereux.
Voilà les deux états de notre prochain, sur lesquels nous pouvons juger. O Dieu! cjue d'excès dans l'un et dans l'autre! que de soupçons téméraires, que de préjugés iniques ! que de jugements précipités ! Ddicta quis inteUigit ^ ? Qui pourra entendre tous ces crimes ? qui pourra démêler tous ces embarras ? Pour vous en donner l'ouverture, je vous propose en un mot une maxime générale, que je mets [p. fi] devant votre vue comme un flambeau lumineux, sous la conduite duquel vous pourrez ensuite descendre au détail des vices particuliers, dans lesquels nous tombons par nos jugements.
Cette merveilleuse lumière que j'ai aujourd'hui à vous proposer, c'est. Messieurs, cette vérité, que nous devons suivre Dieu et juger autant qu'il décide. Car ce beau commandement de ne juger pas, si souvent répété dans les Écritures, ne s'étend pas jusqu'à nous défendre de condamner ce que Dieu condamne ; au contraire, c'est notre devoir de conformer notre jugement à celui de sa vérité. Non, non, ne croyez pas, Chrétiens, que ce soit le dessein de notre Sauveur de faire un asile au vice, et de le mettre à couvert du blâme, et de le laisser triompher sans contradiction "*. Il veut qu'on le trouble,