‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 368 sur 552 · On altemlrait plutôt : ou sera... familier · texte numérisé non relu

On altemlrait plutôt : ou sera... familier

cours, inviolable dans sa parole, incorruptible aans sa foi, fidèle aux exercices de l'oraison, et surtout attaché aux affaires de notre salut \

Ha ! sainte A'ierge, je vous en i)rends à témoin : vous savez combien de nuits il a été prosterné aux pieds de vos autels ; combien il a imploré votre assistance pour le soulatfement des pauvres peuples et pour la consolation des affligés.

Ce grand homme, cette âme forte et solide, qui savait que Jésus-Christ nous a recommandé d'être des lumières^, c'est-à-dire de donner de bons exemples, et d'ailleurs que notre vie doit être cachée, c'est-à-dire doit être humble, a pratiqué parfaitement ces deux préceptes. Il fut humble et exemplaire : il faisait quelques petites aumônes en public, pour édifier le prochain ; mais, en particulier, il en faisait de grandes ; il était le protecteur des pauvres et le soulagement des hôpitaux. \ oilà les vertus qu'il a cachées.

Je ne parle point du respect envers notre monarque, de sa soumission à l'Église, de son amour immense envers son prochain. Il est certain que la France n'a pas eu d'âme plus française que la sienne, et que l'État n'a pas eu d'esprit plus attaché à son Prince que le sien. Mais il ne s'est pas contenté de cette fidélité, qui a duré toute sa vie ; il a, avant que de mourir, inspiré son esprit à cette maison royale.

Je ne finirais jamais, Messieurs, si je voulais faire le dénombrement de toutes ses belles qualités. Finissons, et retenons ce torrent ; mais avant que de finir^, voyons à quelle fin on m'a obligé de faire cet éloge funèbre. Quel fruit faut-il tirer de ce discours ? Ha ! Messieurs, je ne suis monté en cette chaire que pour vous proposer ses vertus pour exemple. Heureux seront ceux qui vivront comme il a vécu ! heureux seront ceux qui pra-

1. Fin de phrase où ne se retrouve au-dessons de la plus grande partie pas la précision ordinaire à Bossuet. de cette oraison funèbre. II est. pro-

2. Matth., V, 14. . bable fine c'est un des endroits où o. Toutes ces redites paraissent il s'était borné à de simples indica-

encore moins authentiques que ce tions : «Fruit de ce discours... A

qui jirécéde. Il est impossible de quelle fin on m'a obligé de faire cet

reconnaître Bossuet dans une jiéro- éloge funèbre... » raison si peu digne de lui. et si fort

tiqueront les vertus qu'il a pratiquées! heureux seront ceux qui mépriseront les charges et les titres que le monde recherche ! heureux seront ceux qui retranchent les choses superflues ! heureux seront ceux qui ne s'eniv^rent pas de la fumée du siècle ! heureux seront ceux qui ne vont pas se plonger dans la boue des plaisirs du monde ! C'est ce que ce grand homme a fait, et que vous devez faire. Pourquoi, honuTie du monde, vous arrêter à un plaisir d'un moment ? Pourquoi occuper tous vos soins, et toutes vos pensées, pour amasser des choses que vous n'emporterez pas ? Pourquoi assiéger tous les matins la porte des grands ? Ne pensez qu'à une seule chose. C'est le Fils de Uleu qui l'a dit : « Porro unum est nccessorhnn ' : Il n'y a qu'une chose nécessaire, » il n'y a qu'une chose importante, qui est notre salut. « In me unicnm ncgotium mihi est, dit Tertullien ^ : Je n'ai qu'une affaire, » et cette affaire est bien secrète; elle est dans le fond de mon cœur : c'est une affaire qui se doit passer entre Dieu et moi ; et comme elle est de si grande importance, elle doit, toute ma vie, tous les jours, toutes les heures, à tout moment, occuper mes soins et mes pensées.

Voilà, Messieurs, l'affaire à laquelle s'est occupé Nicolas Cornet. Entrez dans les sentiments ^ de ce grand homme; imitez ses vertus. [)ratiquez l'humilité comme lui, aimez l'obscurité comme il l'a aimée.

Mais, avant que de finir \ il faut que je m'adresse a toi, royale maison, et que je te dise deux mots. Célèbre sa mémoire, conserve son souvenir, et, si je puis demander quelque récompense pour ses travaux, imite ses vertus'', va croissant de perfection en perfection. Ce grand exemple est digne d'être imité. Mais, je me trompe, tu l'imites et dans sa doctrine et dans ses mœurs; continue et persévère.

Page 1