É'Iit.Gazier, Taiis, l'.MO, t. VI
sévères. Ils ne comprenaient pas la pensée du Fils de Dieu, qui en deux mots explique tout ce qui est nécessaire à la vie chrétienne : ce Jugiun vieum suave est : Mon joug est doux : » « et omis meum levé: et le fardeau que je mets sur vos épaules est léger. » Remarquez ces paroles. Si c'est un joug et un fardeau, donc il y a quelque peine dans la loi du Fils de Dieu. S'il est doux et léger, donc il y a quelque facilité. Comment expliquerons-nous ces deux choses, (jui semblent opposées ? Il faut avouer c^u'il n'y a rien de plus difficile à la nature que les commandements de Dieu, parce qu'elle a perdu ses forces, que son créateur lui avait données; mais il n'y a rien de si doux et de si facile à la nature rétablie et fortifiée par la grâce que d'accomplir les commandements de Dieu. Et partant vous voyez, docteurs trop lâches et trop austères, qu'il faut prendre le milieu. Docteurs trop lâches, ne rendez point les commandements de Dieu trop faciles, de peur que les passions ne se rendent insolentes. Docteurs sévères, n'ajoutez rien à la loi de Dieu par votre caprice, de peur que vous ne jetiez le pécheur dans le désespoir. Il faut marcher au milieu de ces deux extrémités. Il ne faut aller ni à droit, ni à gauche : Neqne in dexteram, neque in sinistratn : il faut, encore un coup,, marcher au milieu. C'est dans ce sentier que la justice et la vérité s'embrassent, et se donnent le baiser de paix: Misciicordia et Veritas obviaveriint sibi, jvslitia et pax uscuîatse sunt, etc.
C'est ce sentier de justice que notre Cirand maître a tenu. Nicolas Cornet avait toujours devant les yeux la vérité qu'il avait puisée dans l'Évangile; et, parce que cette lumière éclairait toujours son esprit, il marchait toujours dans le sentier de la justice. Ce saint homme, qui était tout plein de l'esprit de Dieu, a toujours soutenu constamment sa gloire. Il ne s'est jamais laissé surprendre ni aux rigueurs de ces nouveaux docteurs, ni aux lâ<lies maximes des autres. II a tenu le milieu. Il s'est employé de toute l'étendue de son cœur à détruire l'erreur et le mensonge. Il n'a épargné ni le fer, ni le feu pour arrêter cette gangrène qui allait infecter le corps de l'Église. Il s'est employé de toute sa force contre les subtils inventeurs de nouveautés, dont les uns faisaient le chemin du paradis trop étroit, et les autres trop large: hommes inconsidérés, qui semblent ne prétendre seulement, comme dit saint -Augustin, que de « souffler et jeter de la poudre dans les yeux des autres : Sufflanies pulverem, et in oculos conjicieiites^.y) Ce grand homme n'écouta jamais ces lâches esprits. Il ne suivit ni les conseils des uns, ni ceux des autres; et comme il ne consulta que l'Évangile, il fut toujours doux de droiture. De là vient qu'il a été consulté de toute la France, parce que sa doctrine était pure, ses discours saints, son esprit solide, ses conseils fidèles; et encore aujourd'hui, son autorité, qui survit à sa personne, est parmi nous vénérable.
N'ai-jc donc pas eu raison de dir(> qu'il était un grand trésor .•" Ceux qui l'ont connu, qtii l'ont visité, qui l'ont conjsultc, ont