Itdj'iaîcliir de, latinisme. Cf. à. la nature
Ciim a judiciis Forum refrixerit 4. Var. : qui est jaloux de lui-mc-
{Cic, Attic, I, I, 2). ine et de son ombre, de sorte <iu"il...
2. Edit. : Puisf)ue nouspouvons... n. Exact, rigoureuseuieut t-xi- 8. Var. : une séparation si étrange géant.
504 SLR l'assomption
^ ous pouvez voir ^, chères âmes, la délicatesse de sa jalousie dans l'évangile de ce jour. Si Marthe s'occupe et s'empresse, c'est pour lui et pour son service : cependant il en est jaloux, parce qu'elle s'occupe de ce qui est pour lui, au lieu de s'occuper totalement et uniquement de lui, comme faisait Madeleine. Marthe, Marthe, dit-il, tu es empressée, et tu te troubles dans la multitude; et il n^y a qu'une seule chose qui soit nécessaire '. De là donc nous pouvons comprendre cette solitude effroyable c[ue demande un Uieu jaloux. Il veut qu'on détruise, qu'on ravage, qu'on anéantisse tout ce qui n'est pas lui ; et pour ce qui est de lui-même, il se cache cependant, et ne donne presque point de prise sur lui-même : tellement (jue l'âme, d'un côté détachée de tout, et de l'autre ne trouvant pas de moyen de posséder Dieu effectivement, tombe dans des faiblesses, dans des langueurs, dans des défaillances inconcevables ; et lorsque l'amour est dans isa perfection, la défaillance va jusqu'à la mort, et la rigueur jusqu'à perdre l'être. Cet esprit de destruction et d'anéantissement est un effet de la croix.
Il réduit tout à une unité si sinq^le, si souveraine, si inqierceptible, que toute la nature en est étonnée. Écoutez vous-même parler votre cœur : quand on lui dit qu'il ne faut plus désormais désirer que Dieu, il se sent comme jeté tout à coup dans une solitude affreuse, dans un désert effroyable, comme arraché de tout ce qu'il aime. Car n'avoir plus que Dieu seul!...^ Que ferons-nous donc ? que penserons-nous ? Quel objet, quel plaisir, (juelle occupation ? Cette unité si simple nous semble une mort, parce que nous n'y voyons plus ces délices, cette variété qui charme les sens, ces égarements agréables où ils semblent se promener avec liberté, ni enfin toutes ces autres choses sans lesquelles on ne trouve jias la vie supportable.
Mais voici ce (|ui donne le coup de la mort : c'est que le (-(fur, étant ainsi dépouillé de tout amour superflu, est attiré au seul nécessaire avec une force incroyable, et, ne le trouvant pas, il se meurt d'c ni. I.liomme insensé n'entend pas ces choses ^ et le sensuel 71e les conçoit pas :
1 Vnr. : Yuvf/.. 3. Deforis ajoute: [qnol dopoiiil-
■:. Luc, -\,41, 42. lement !]
maïs aussi parlons-nous ch? la sagesse entre les parfaits, et 710US expliquons aux spirituels les mystères de Vesprit^. Je dis donc que rame, étant dégaojée des empressements superflus, est poussée et tirée à Dieu avec une force infinie ; et c'est ce qui lui donne le coup de la mort : car, d'un côté, elle est arrachée à tous les objets sensibles; et d'ailleurs l'objet qu'elle cherche est tellement simple et inaccessible qu'elle n'en peut aborder. Elle ne le voit que par la foi, c'est-à-dire qu'elle ne lo /Oxt pas ; elle ne l'embrasse qu'au milieu des ombres et à travers des nuages, c'est-à-dire qu'elle ne trouve aucune prise. C'est là que Tamour frustré se tourne contre soi-même et se devient lui-même insupportable. Le corps l'empêche, l'âme l'empêche, il s'empêche et s'embarrasse lui-même : il ne sait ni que faire ni que devenir.
O union de deux cœurs, qui ne veulent plus être qu'un ! O cœurs soupirants après l'unité ! ce n'est pas en vous-mêmes que vous la pouvez trouver. Venez, ô centre des cœurs, ô source d'unité, ô unité même ; mais venez, ô unité, avec votre simplicité, plus souveraine et plus détruisante que tous les foudres et tous les tourments dont votre puissance s'arme. Venez et ravagez tout, en rappelant tout à vous, en anéantissant tout on vous ; afin que vous seule soyez, et viviez, et régniez sur les cœurs unis, dont l'unité est votre trône, votre temple, votre autel, et comme le corps que vous animez !
Que faites-vous, ô Jésus-Christ, Dieu anéanti ? A quoi vous servent vos clous, vos épines et votre croix ? A quoi votre mort et votre sépulture ? N'est-ce pas pour détruire, pour crucifier, pour ensevelir en vous et avec vous toutes choses ? Vous n'avez plus que faire pour vous de tout cet appareil de votre supplice, ni de tout cet attirail de mort. Votre Église et vos épouses, les âmes que vous avez rachetées, vous demandent ces instnnnents funestes et salutaires : salutaires, parce c|u'ils sont funestes ; et funestes, parce qu'ils doivent ^ être salutaires. Elles ont, dis-je, besoin de ces instruments qui ne vous servent plus de rien, et dont vous n'avez plus besoin que pour les membres de votre corps mystique.