Il» 11^, Quast. CLii, art. 3. 2. Var. : jeter
carne ' : Elles ont, dit-il, en la chair quelque chose qui n'est point de la chair, » quelque chose qui tient de l'ange plutôt que de l'homme. Et c'est encore ce qui fait dire au grand saint Basile^ que la virginité n'est pas dans le corps, mais qu'elle établit son siège dans l'âme. Mais d'autant que cette vérité importante doit servir de fondement à votre conduite, il faut que je vous la fasse comprendre par une raison évidente. Et certes nous ne vous prêchons pas, mes très chères Sœurs, une virginité de vestale ; nous ne regardons pas la virginité comme ferait un médecin on un philosophe, qui s'arrêterait simplement au corps. Nous parlons de la virginité chrétienne et religieuse ; et il est clair que tout ce qui est chrétien doit être entendu en esprit, parce que, par la grâce du christianisme, nous sommes en la nouvelle Alliance, où les vrais adorateurs adorent le Père en esprit et en vérité ^. En effet, nous avons fait voir ^ que la sainte virginité est un détachement général de toutes les affections corporelles, autant que la faiblesse humaine le peut souffrir, parce que c'est une pureté éminente, qui se retire, qui se sépare, qui, selon le précepte du saint Apôtre, ne regarde que l'unité, uni viro^ et exclut toute multitude. Or, ce détachement général, cette généreuse séparation doit être nécessairement un effort de l'âme, car une action si divine ne peut naître que d'une raison très bien affermie ; et par conséquent il est clair que la virginité est dans l'âme. Ce n'est rien ^ de garder seulement le corps, c'est l'âme que vous devez tenir séparée, si vous désirez la conserver pure. Si quelque bien mortel se présente à vous, s'il vous flatte, s'il vous attire, s'il tâche de gagner votre cœur, retirezvous, ne vous mêlez pas : votre pureté en serait ternie, et ensuite votre virginité corrompue, car la vraie virginité est dans l'âme, et ce n'est autre chose qu'un détachement, une affection épurée, un cœur entièrement dégoûté ^ des plaisirs du siècle.