‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 429 sur 552 · De sanct. Yirgi%H., n. 12. Voy. ". Joan., iv · texte numérisé non relu

De sanct. Yirgi%H., n. 12. Voy. ". Joan., iv

le Panégyrique de saint Joseph, t. II, 4. Var. ; nous vous avons dit,.,

p. 126. .5. Var. : C'est peu de chose...

2. Lih. de Virr/init., n. 2, P. G., fi. Var. : dégagé, t. XXX, p. 672. '

Mais, mes Sœurs, cette belle lumière de virginité établit tellement son siège dans l'âme qu'elle rejaillit aussi sur le corps et le sanctifie. Et de quelle sorte ? C'est, dit l'admirable saint Basile, que cette virginité spirituelle et intérieure se point elle-même sur le corps, comme le soleil dans une nuée ; et par cette chaste peinture elle consacre cette chair mortelle. De là vient qu'elle se doit répandre par tout le corps, parce qu'elle remplit tout le cœur; et c'est ce qui fait dire au même saint, que « tous les sens d'une vierge doivent être vierges : Virgines esse sensus virginis oportet \ » En effet, ne voyez-vous pas qu'il se fait comme un mariage entre les objets et les sens ? Notre vue, notre ouïe, tous nos sens s'unissent, en quelque sorte, avec les objets ; ils contractent une certaine alliance : de sorte que, si les objets ne sont purs, la virginité de nos sens se gâte. Les exemples feront mieux entendre ce que je veux dire. Notre vue n'est pas vierge, si elle ne se repaît que de vanités ; les discours immodestes et les inutiles corrompent la virginité de l'ouïe ; notre bouche, pour être vierge, doit être fermée par la modestie du silence.

Donc, ô Vierges de Jésus-Christ, gardez soigneusement tous vos sens, si vous désirez être vraiment vierges. Songez que ce vieil homme qui est en nous, avec lequel nous devons combattre durant tout le cours de la vie, ne cesse de faire effort pour supplanter l'homme nouveau. Cette convoitise indocile et impatiente, quoiqu'on tâche de la retenir par la discipline, elle frappe, elle s'avance de toutes parts, comme un prisonnier inquiet qui tâche de sortir ; elle se présente par tous les sens, pour se jeter sur les objets qui lui plaisent. Elle fait la modeste au commencement, il semble qu'elle se contente de peu, ce n'est qu'un désir imparfait, ce n'est qu'une curiosité, ce n'est presque rien ; mais, si vous satisfaites ce premier désir, bientôt vous verrez qu'il en attirera V)eaucoup d'autres, et enfin toute l'âme sera ébranlée. Comme si vous jetez ime pierre dans un étang, vous ne touchez qu'une partie de ses eaux ; mais celle-là, en poussant les autres, les agite en rond, et enfin toute

Page 1