Var. : par ce prix. 6. II Cor., xir
3. In Ps. Cil, n. 6. — Ms. œsiima 7. On a rendu ce passage inintelte. ligible, en fondant cps deux plarases
4. Var. : de ce que je suis ? elliptiques en une seule. Les notes
5. Var. : puisqre c'est mettre le historiques que nous reproduisons néant au-dessus de soi. — Les an- à la suite de ce discours montrent
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C'est ce qui touche saint Pierre Nolasque ; sa personne ne lui est plus rien, quand il voit un Dieu se donner lui-même; il n'y a point de cachots dans lesquels il n'aille chercher de pauvres captifs pour leur rendre leur liberté aux dépens de sa propre vie.
Le voyez-vous, Messieurs, traitant avec ce barbare de la délivrance de ce chrétien ? S'il manque quelque chose au prix, il offre un supplément admirable : il est prêt à donner sa propre personne. Il consent d'enti-er dans la même prison, de se charger des mêmes l'ers, de subir les mêmes travaux, et de rendre les mêmes services. O grâce de la rédemption ! que vous opérez dans son âme! Il a un cœur de Jésus, qui n'a ni de vie ni de liberté que pour la rédemption de ses frères. C'est l'esprit d'un Dieu rédempteur qui le rend capable de ces sentiments : car admirez la suite de cette action. Prisonnier entre les mains des pirates pour ses frères qu'il a délivrés, il préfère son cachot à tous les palais, et ses chaînes à tous les trésors. Il n'y a rien qui puisse égaler sa joie, et je ne m'en étonne pas. La liberté plaît à la nature, la captivité à la grâce ; et saint Pierre Nolasque goûte l'un et l'auti*e, portant en lui-même la captivité, et possédant la liberté dans ses frères, qu'il a heureusement affranchis d'une misérable servitude. Il est [p, 17] libre % il est satisfait, puisque ses frères le sont ; et pour ce qui regarde sa liberté propre, il la méprise si fort, qu'il est toujours prêt de l'abandonner pour le moindre des chrétiens captifs, ne désirant d'être libre que pour s'engager de nouveau en faveur des autres esclaves.
Voyez ce que lui apprend un Dieu rédempteur. On veut l'engager à la cour dans les liens de la fortune; il le refuse, et il court pour se charger d'autres liens : ce sont les liens de Jésus-Christ. Je ne sais " si je pourrai vous faire comprendre ce que Dieu me met dans l'esprit pour exprimer les transports de la charité de ce grand homme. Il me semble en vérité, Clirétiens, qu'il
qu'il s'agit ici de deux idées dis- 1. Omis par les éditeurs, qui ont tinctes. II faut entendre que le cru voir dans ces mots une contrasaint, voyant avec douleur que le diction avec ce qui suit. martyre lui était refusé, s'estimait 2. Addition sur une feuille isolée, et (( s'appelait le vrai néant. » saii.'= renvoi. l)bis-17 bis.
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goûte mieux dans les autres la douceur de la liberté qu'il ne ferait en lui-même. Car le plaisir d'être libre, quand il s'attache à nous-mêmes, étant un fruit de notre amourpropre, on doit craindre de s'a})andonner à cette douceur trop sensible. Quand est-ce donc qu'un homme de Dieu goûtera le plaisir de la liberté dans toute son étendue ? Quand il ne la goûtera que dans ses frères affranchis. Telles sont les délices de Pierre Nolasque. Pendant qu'il est dans les fers, il ressent tout le plaisir et toute la joie des chrétiens ^ cju'il a délivrés; et il les ressent d'autant plus que cette joie ne le flatte qu'en le dépouillant de lui-m.ême, pour lui faire trouver son repos dans le repos de ses frères.
Telle est la joie du Dieu rédempteur. Écoutez le divin Apôtre : « ProposHo sibi gaiidîo sustinuit crucem ^ : Il a enduré la croix, s'étant proposé une grande joie. » Quelle joie pouvait goûter ce divin Sauveur dans cette langueur, dans cette tristesse, dans cet ennui accablant dans lequel sa sainte âme était abîmée ? Quelle joie, dis-je.. pouvait-il goûter, qui ait fait dire à l'Apotre : Proposito sibi gaudio ? Joie divine, joie toute céleste et digne d'un Dieu sauveur^ : la joie d'affranchir les hommes captifs, en donnant son âme pour eux.
Pour tirer quelque utilité d'un si grand exemple, faisons cette observation, que nous devons honorer la charité d'un Dieu rédempteur en deux manières différentes. Nous la devons honorer par une généreuse indépendance ; nous la devons honorer par une extrême sujétion. Car, ainsi que nous avons dit, un Dieu se prodiguant pour les âmes nous apprend également à nous estimer et à nous mépriser nous-mêmes. L'estime que nous devons avoir de nous-mêmes nous rend libres et indépendants ; le mépris que nous devons faire de nousmêmes nous doit rendre esclaves volontaires, pour honorer la charité de celui qui, étant libre et indépendant, s'est assujetti pour notre salut à des extrémités si cruelles.
Saint Paul parle ainsi aux fidèles : Vous avez été adictés d'un pri.v infini, ne vous rendez pas esclaves des