Édit. : En effet, qu'ont prô
personnes même sont entièrement dévouées au service et au salut du prochain.
Voilà une méthode admirable de surmonter l'amourpropre ; car la nature de l'amour-propre, c'est de se borner en soi-mêm.e, de se nourrir de soi-même, de vivre entièrement pour soi-même. Voilà un amour captif, qui ne sort ni ne se répand au dehors. Voulez-vous vous affranchir de sa tyrannie ? « Dilatez-vous : Dîla^ taminî et i^os^. » Laissez sortir ce captif, laissez couler sur le prochain cet amour que vous avez pour vousmêmes ; aimez vos frères comme vous-mêmes, selon le précepte de l'Évangile^. Ne voyez-vous pas, Chrétiens, que l'ainour, auparavant trop captif, commence à s'affranchir en se dilatant ? Ce n'est plus un amourpropre, qui n'airne rien que soi-même; c'est un amour de société, qui aime le prochain comme soi-même ; et s'il peut aller à ce point, que de l'aimer plus que soimême, le préférer à soi-même, procurer son bien et son avantage aux dépens de sa liberté et de sa propre personne, comme saint Pierre Noîasque l'a pratiqué et comme il l'a ordonné à ses religieux, amour-propre, tu es détruit jusqu'à la racine, un amour divin et céleste a succédé en ta place, qui, nous arrachant à nous-mêmes, fait que nous nous retrouvons plus parfaitement dans l'amour de Jésus-Christ notre Sauveur et dans l'unité de ses membres.
Notes sur la vie de iuiint Pierre Noîasque, de la main de Bossuet.
« S. Pierre Noîasque, 29 janvier. — Noble famille Noîasque. Né sous Philippe-Auguste. Sa mère le veut marier. Remet le choix à Dieu. Se résout au célibat. Épouse la croix; enfants, les pauvres; richesses, les grâces; dignités, serviteur de Dieu.
Le roi d'Aragon, Pierre, confie son Hls, Jacques, pour l'élever, à Sim.on, comte de Montfort, seigneur français. Contraint de quitter, à cause des guerres des Albigeois, confié à Pierre Noîasque. Jacques, étant roi, perpétuelle reconnaissance.
Son directeur, Raymond de Pennafort.
Prie pour les esclaves, deux fois le jour et la nuit.
Son dessein traversé: on dit que c'est vanité; intérêt, pour assembler ce qu'il y avait de plus considérable jeunesse, et pénétrer les secrets des familles.
Prière et oraison pendant la nuit, dans le silence.
]. Il Cor., VI, i;;. 2. Marc, -Xii, :33.
' Le jour de saint Pierre-aux-liens, voit l'établissement de son Ordre. La sainte ^'ierge; sous le titre de Notre-Dame de la Miséricorde ou .Merci. — Prend l'iiabit le jour de saint Laurent.
Quantité de personnes converties. Grands du siècle ; esclaves du monde, se faisaient rédempteurs des captifs. Une maison donnée, redemandée par les entants, liendue volontairement par l'ordre du père. Le fils..., et consent à la donation. — (Déchirure, qui enlève un mot dans cette phrase.)
Capitaine de Aoleurs, avec ses compagnons, entrés déguisés pour tuer le saint ; reçus en frères ; par lui convertis. — Réconcilié avec ses anciens ennemis, dont affront reçu ; pour se venger du coupable, s'était fait capitaine de voleurs. Les deux autres, pénitents.
Anges revêtus conmie les religieux viennent chanter l'office et faire comme un second chœur et une seconde conmiunanté.
Deux grandes maisons divisées divisent tout le royaume d'Aragon. Le roi arbitre. S. Pierre envoyé aux deux chefs de la faction, traite et conclut (don Nugno Sanchez, du sang royal, et Cuiillaume de ^loncade, vicomte de Béarn).
Délivre le roi enfermé par les séditieux dans un château. Après tant d'emplois, refuse de se trouver à la solennité de ses noces. Retiré des joies et pompes de la cour, tout prêt au service dans les occasions périlleuses.
Rédempteurs en terre [intidèle.] Chargés des chaînes de leurs frères; de peur que le désespoir... nier la foi. — En deux rédemptions retire quatre cents captifs.
Cause que le roi assiège et prend Valence. Chef du royaume. Entre au conseil. Fait résoudre ce siège. Maures étaient maîtres de \'alence. Prise sur eux. ^Mosquée principale consacrée à saint André: cathédrale.
Pris par des pirates rachetés par lui (c'esf-à-ch'rc : sont rachetés...). On ne connaissait pas une dame de qualité qui était parmi ; étant connue, arrêté de nouveau. Sortent à son insu ; chargé de fers en leur place; mis dans une basse fosse; délivré par sentence du cadi, juge mahométan. S'offre d'être esclave en la place des fugitifs. Le pirate, pour se venger, le fait mettre dans un vaisse-au entr'ouvert, sans mât, sans gouvernail, pour aller quérir la rançon. Ordre de le faire périr. Dieu lui fait traverser ce vaste sein de la mer. .Surgit en peu d'heures à Valence.
Veut se démettre du généralat. — Sa main et sa bourse, source de consolation pour les jiauvres. — Adonné à l'imitation de la vie des saints. — Fait bénir les dortoirs, pour inspirer le silence aux religieux et le respect de la majesté divine.
Vision : saint Pierre crucifié la tête en bas : supérieurs ecclésiastiques, avoir la tête où les inférieurs ont les pieds. — .S'appelait le vrai néant. — Amour du désert. Con\crtit la ^ille en désert; silence et oraison perpétuelle nuit et jour.
Conversion insigne d'un mahométan astrologue et médecin. Moley Abdala, proche parent du nji maure d'Andalousie; par la charité des ieli:;ieux cngatreaut leur liberté et leur vie : faire
pour des inconnus ce qu'un frère ne ferait pas, ni un père pour ses enfants. Le baptise; lui donne l'habit. Nomme Frère Paul. Odeur et marques de sainteté.
Ardeur de souffrir le martyre. Mourir dans son lit, c'est payer le tribut à la nature; martyre, à Dieu. Demande le viatique. Se lève pour le recevoir. Sort de sa chambre, s'écrie : « D'où me vient cet honneur que mon Seigneur vienne à moi ? » Proteste devant Jésus-Christ : serviteur très inutile. Demande pardon aux religieux. Prie qu'on le démette, afin qu'il aille déchargé au tribunal de Jésus-Christ, et rende son âme dans l'état d'une simple obéissance; un chef, qui lui commande de souffrir pour Dieu par obéissance les dernières atteintes de la mort. — Demande au P. Général qu'il lui ordonne d'accepter pour la satisfaction de ses péchés le peu de peine qui lui restait à souft'rir. Agé de cinquante-neuf ans. Donne sa bénédiction aux siens. » — Inédit.
FRAGMENTS DU CAREME